‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 172 sur 382 · RUFIN. SA VIE · texte numérisé non relu

RUFIN. SA VIE

verraient privés du délai de la pénitence qui peut encore les sauver. En tout temps néanmoins Dieu donne des preuves de sa justice : il ébranle les plus grands empires par des guerres; il châtie des peuples et des villes puissantes ; il précipite les superbes; il élève les justes, etc. Les innocents, il est vrai, ont aussi à souffrir avec les coupables afin que leur mérite fasse épargner les autres et que l'exemple des premiers amène la conversion des seconds. Mais Dieu, dans ses châtiments, fait souvent une exception en faveur des bons. — Enfin, le poète montre combien les hommes ont une fausse idée du bonheur et du malheur qu’on place le plus souvent dans des choses extérieures et terrestres ; les ermites, serviteurs de Dieu, se sont d’euxmêmes dépouillés de ces biens et ont prévenu de telles pertes. Dans cette peinture, le poète rappelle encore l’état malheureux des temps présents (1). Le poème se termine par une exhortation à secouer le joug du péché et à s'abstenir des querelles de mots sur le dogme. Le style en est facile et, à tout prendre, correct; dans certains passages même il s'élève jusqu’à la vraie poésie ; mais dans d'autres, 1l'est vrai, il devient prosaïque et tombe jusqu'à la trivialité.

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