‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 230 sur 382 · POÈTES DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

POÈTES DE L'AFRIQUE

auteur, sa prédilection pour l'antithèse et les jeux de mots, et nous trouverons en lui, et d'une manière frappante, les qualités et les défauts des écrivains français modernes, résultat de la fusion du sang gaulois et de l’éducation oratoire des Romains. L'esprit païen et profane domine entièrement la prose de Sidoine ; quand il veut nous faire connaître ses modèles, ce ne sera pas saint Jérôme qu'il nous désignera, ni d’autres épistolographes chrétiens. mais seulement des auteurs païens. Plus tard même, quand il sera évêque et qu’il écrira à un évêque pour lui dépeindre la triste situation de l'Église catholique, persécutée par Euric, et qu'il emploiera enfin une fois le style de la Bible (Epp. VIT, 6), la recherche, la préciosité et l’enflure de ses expressions nous montreront combien le langage de la Bible lui était étranger (1). En envoyant même à un collègue le discours prononcé à l'élection d’un évèque, il ne semble préoccupé que de la forme et il s’excuse sur la hâte de la composition, s’il ne répond pas aux préceptes de la rhétorique. Le début : Refert historia saecularis, etc., ne laisse pas d'être significatif pour notre évêque.

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