Voici le début de l'Ztinerarium Padi
Humor Castalius veniat, quo Thracius Orpheus Naufrage diffuso succendat pectora fluxu.
AGE ENNODIUS [#15-6.]
impures, dans l'esprit de Martial, contre des eunuques ou des garçons infâmes (De adultero et molle, ép. 51 sq.), ou bien encore contre de vieilles femmes débauchées; on y trouve enfin une demi-douzaine de compositions pour célébrer les amours de Pasiphaé (Ép. 25, 29 sq; 103), que l'auteur avail vues peintes sur une coupe. À cette poésie profane, viennent encore s'ajouter douze hymnes qu'on attribue, avec raison semble-t-il, à notre Ennodius (1). C'est en vain qu'on chercherait à y découvrir l’étincelle d'un feu vraiment poétique; elles sont aussi remplies de sécheresse que les carmina le sont de redondance ; là où le rhéteur a méprisé les fleurs artificielles, on voit apparaître la prose dans toute sa sécheresse. Quelques-unes se rattachent encore à la poésie hymnique de saint Ambroise: comme saint Ambroise, Ennodius les a écrites, presque toutes en iambiques dimètres, sans cependant réunir toujours les vers en strophe. La plupart sont consacrées aux martyrs et aux saints, tels que : saint Cyprien, saint Étienne, saint Ambroise, saint Nazaire, saint Martin, saint Denys (celui qui vivait sous Constance), la sainte Vierge et sainte Euphémie.
Mais c’est dans la prose surtout qu'Ennodius s'est affirmé par ses productions littéraires ; il mettait lui-même l’éloquence bien au-dessus de la poésie, et, même s'il ne l'avait pas en- . seignée, il ne s'y serait pas moins consacré. Nous possédons encore de lui une longue série de Dictiones : ce sont, en partie,
4. Sirmond les a enclavées dans le premier livre; elles ne se trouvaien, pas dans les manuscrits des ouvrages d'Ennodius qu'il a mis à profit, à l'exception peut-être de la première qui est accompagnée de la remarque suivante : « De hymnis porro qui sequuntur, etsi stylo et genio auctorem salis produnt Ennodium, aberant tamen à manuscriptis, » ec. ; car cetle remarque ne peut pas, à proprement parler, se rapporter à cette hymne la première, et c'est à tort que Daniel l'y applique, dans le Thes. kymnolog. I, p. 150.
Non seulement la raison, alléguée à bon droit par Sirmond, milite en faveur de la paternité d'Ennodius, mais encore l'indication d'Ennodius luimême à la fin du Carmen VI (« Cantem quae solitus, dum plebem pasceret ore, Ambrosius vates carmina pulchra loqui »), et la révélation qu'il nous faitt en nous disant, dans son hymne à saint Ambroise, v. 5 : « Sedis memento lux tuae, » qu'il appartient à l’église de Milan. Il ne semble pas toutefois que ces hymnes aient été chantées dans les églises, et Daniel (l.e. I, p. 150,.remarque) assure n'avoir pu les découvrir dans aucun bréviaire. L'une est en strophes saphiques, et les autres en dimètres iambiques.