ÉTYMOLOGIES
les mages, que l’auteur fait précéder des différentes sortes de poètes sous la dénomination générale de vates ; il traite ensuite des différentes divinités en la société des démons. Les langues et les peuples font le sujet du livre neuvième. Saint Isidore divise ici la langue latine en quatre branches, d'après le développement deses périodes : la langue « antique » (prisca), dans les chantssaliens ; « latine » (Zafina), dans les Douze Tables ;
«romaine » (romana), dans la littérature à partir de Névius, et
«mixte » (mirta), telle qu'elle devint, après la vaste diffusion de l'erhpire, sous l'influence des Barbares qui en firent partie (1). Nous devons remarquer encore ici la division des langues en trois classes, d’après l'apparition des gutturales, des palatales et des dentales (c. 1, $ 8). Après avoir donné une longue liste des peuples, l’auteur traite du nom des autorités de l’État les plus élevées, de la division de l’armée, de la magistrature, des classes de la population et des degrés de parenté. Nous avons déjà parlé plus haut du contenu du dixième livre.
Dans le livre onzième, avec lequel plusieurs manuscrits et plusieurs éditions font commencer une deuxième partie de l'ouvrage, l’auteur passe au règne de la nature : il y traite de l'homme d’après les parties de son corps, les sens et les membres, ainsi que d'après les degrés de l’âge; vient ensuile un appendice sur les monstres, hermaphrodites, géants, etc. Le règne animal fait son apparition dans le livre douzième ; nous trouvons là une énumération d’une foule de noms d'animaux, sans la moindre division scientifique, comme le montre, par exemple, la rubrique des petits animaux (de minutis animantibus) où, à côté des souris, nous voyons apparaître les fourmiset les grillons. Parmi les oiseaux, l’auteur parle du phénix et de sa seconde naissance (c. 7, $ 22.) Le monde, avec ses parties, c'est-à-dire, le ciel, l’air, les vents, les eaux, etc., forment le sujet du livre treizième, tandis que le quatorzième traite spécialement dela terre. Saint Isidore y passe en revue les différentes contrées de l'Asie, de l'Europe et de l'Afrique ; leurs îles,
1. « Mixla, quae post imperium latius promolum simul cum moribus et hominibus in romanam civitatem irrupit, integritatem verbi per soloecismos et barbarismos corrumpens. » L. IX, c. 1, $ 7.
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leurs caps, leurs montagnes, et il y définit, au moyen d’étymologies, des expressions géographiques telles que fauces, saltus, etc. (1). Avec le livre quinzième, l'auteur passe aux habitations des hommes et il donne tout d’abord une nomenclature des villes les plus importantes, dont il explique le nom. C'est ensuite le tour des monuments publics, des différentes sortes de maisons et de chambres, des temples, etc. ; l'auteur y parle ” aussi des champs, de leurs bornes et de leurs mesures, ainsi que des rues. Pierres et métaux, tel est le sujet du livre seizième. On y trouve parfois des observations sur les qualités mystérieuses des pierres, telles que les font remarquer les lapidaires postérieurs, mais toujours d'après Pline (2), tout en y expliquant, d'après Pline lui-même, cette croyance comme une superstition ou une mystification des magiciens. À la suite des métaux viennent encore les poids et les mesures, avec leurs signes. Le livre dix-septième traite de la culture des champs et.des jardins, de leurs fruits, ainsi que des arbres (3) et arbustes en général. Le livre dix-huitième est consacré à la guerre et aux jeux. L'auteur y passe d’abord en revue toutes les expressions militaires, drapeaux, musique, armes offensives et défensives. C’est là pour lui l’occasion de faire parade de son éruditipn et de citer les poètes romains : Virgile, Lucain, Properce, Ovide ; à côté de ces auteurs, il cite également la Bible. Après avoir enclavé un chapitre sur les procès, il passe aux spectacles (c. 16) : ce sont la gymnastique, le cirque, le théâtre. Le parallèle qu'il ait de ce dernier et du prostibulum montre assez le peu d'estime qu'il a pour lui : il parle
4. À le fin du livre, il parle aussi de l'enfer, qu’il place au milieu de la terre. Il y dit de Jérusalem (c.8, $ 21): « In medio autem Judae civitas Hierosolyma est quasi umbilicus regionis totius. » Est-ce que regio ne se rapporte ici qu'à la Palestine ?
2. A propos de l’agate (Gagates), il dit, au ch. 4, S 3: « Incensus serpentes fugat, daemoniacos prodit, virginitatem deprehendit. » A propos du jaspe (c. 7, $ 8) : « Volunt autem quidam, jaspidem gemmam et gratiae et tutelae esse gestantibus, quod credere non fidei, sed superstitionis est. » Cf. aussi ibid. $ 12 pour l'héliotrope (emprunté littéralement à Pline) et c. 8,$1;c.11,$1; c. 14,8 25. A propos de la draconite {c. 14, $ 7) l'auteur raconte, sans réserves, une fable d'après Pline.
3. Il fait remarquer ici que le chène de Mambré resta debout jusqu'à Constans; c. 7, $ 38.