Geschichte der Logik, 29 vol. p. 10 sq
3. Par rapport aux emprunts faits à tous deux. v. l’éd. de Solin, par Mommsen (Berlin, 1864), et surtout les prolég. p. XXX.
4. V. Reifferscheid, édit. des fragments de Suétone (Leipzig, 1860): Dressel, De Isidori originum fontibus, dans la Rivista di Filologia, 1874 (oct. déc.)
anciens auteurs que saint Isidore cite directement ou de seconde main. Cette œuvre n'est sans doute qu'un dictionnaire des arts et des sciences, mais c'est justement par cela qu’elle répondait le mieux au degré inférieur de la culture de ces temps qui commencaient à s'annoncer. Cette manière de faire des étymologies, insensée il est vrai, mais transmise par l'antiquité au moyen âge, avait du moins l'avantage d'aider parfois la mémoire.
À cet ouvrage s’en rattachent plus ou moins immédiatement quelques autres de saint Isidore, par la tendance et le genre de composition. Aux deux premiers livres, sur la grammaire et la dialectique, il faut joindre les deux livres qui ont pour litre Differentiae (1), verborum pour le premier, rerum pour le second. Dans celui qui traite des mots, l’auteur donne, avant tout, d'après Agroetius, un dictionnaire de synonymes. ce ne sont parfois que des mots qui ont un son semblable ou seulement égal (comme /oenus, foenum ; meretur, maeret ; quod, quot); à cette occasion l'étymologie vient souvent prêter son concours (2). Dans le deuxième livre, l’auteur s'occupe, entre autres choses, de distinguer les notions dogmatiques et morales, et, par là, il donne à son écrit une certaine valeur : la distinction, par exemple, de frinitas et unitas, des trois personnes divines, de praevicatio angelica et humana, de fides et opus, de concupiscentia carnis ct spiritus, etc. À côté du premier livre des Différences, viennent se ranger, comme l'indique le titre, les deux livres sur les Synonymes (Synonyma). Ce titre seul est l'original de l'ouvrage : celui de /iber lamentationum, ou bien l'addition : de lamentatione animae, n’est pas de saint Isidore (3), quoique ces titres n'aient guère
1. Que saint Isidore n'ait divisé cet ouvrage qu'en deux livres, c'est ce que confirme la donnée de Braulio ; et cette division repose, du reste, sur la nature des choses.
2. Ce livre est également important pour la connaissance de a prononciation du latin à cette époque, en Espagne particulièrement.
3. Parmi les ouvrages de saint Isidore, S. IIdefonse cite, c. 9 : « Librum lamentationum, quem ipse synonymorum vocavit. » C’est ainsi encore que Aldhelme caractérise le livre, Epist. ad Aricium, Ed. Giles, p. 233 :.. « Îsidorus duobus voluminibus, quae Synonyma vel Polyonyma prottulantur. » On trouve encore cet ouvrage avec le titre de Soliloguia, par la raison appa-
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tardé à faire leur apparition; cet écrit, qui n'avait à son origine qu'un but grammatical, fut considéré bientôt, en effet, comme un livre de piété ; c’est ainsi que Baehr le cite encore, sans l'avoir apparemment jamais eu sous les yeux. C’est un recueil de synonymes reliés entre eux d'une manière originale : l’auteur les présente sous la forme d’un dialogue entre un homme, qui gémit sur sa misère, et la raison (ratio), qui lui montre, dans le péché, la source de cette misère, et, dans la vertu, le vrai chemin pour arriver au bonheur. Ces répétitions perpétuelles de synonymes rendent la lecture de ce livre insupportable ; néanmoins, le moyen âge lui accorda la plus grande considération : l'on oubliait le but grammatical ; et ce côté trivial du fond, joint à l'ampleur de la forme, mettait ce livre à la portée de toutes les intelligences (41). I] n'y a pas jusqu’à la « physique » elle-même, pour me servir ici de ce terme expressif de l’école, qui ne trouvât son représentant en saint Isidore ; pour répondre au vœu du roi Sisebut, notre auteur fit sortir de ses compilations un traité complet qu'il intitula : De natura rerum, et qu'il dédia au roi lui-même.
Dans la préface, il se vante d'avoir suivi surtout les auteurs catholiques, et, en fait, il a mis largement à contribution l'Hexanréron de saint Ambroise, les Récognitions de saint Clénrent de Rome dans la traduction de Rufin, les livres de saint Augustin et d’autres encore ; il n'a pas dédaigné toutefois les auteurs paiens, et c'est à pleinés mains qu'il se sert ici des Prata de Suétone (2). Dans ce traité, pour ne faire qu'indiquer le contenu d'une manière générale, saint Isidore s'occupe, en quarante-huit chapitres, des jours, de la semaine, des mois, des années, des saisons, des solstices, des équinoxes, du monde, du ciel, des planètes, du soleil et de la lune, des phé-
remment que saint Augustin, dans sonlivre du même nom, nous montre également un dialogue avec la raison, v. plus haut, p. 261.
4. Un exemple entre mille, L. 1, $ 20 : « Accedat ergo ad vitae magoum malum mortis grande solatium, sil titae terminus finis tantorum malorum, det finem miseriae requies sepulturae et si non vita, saltem vel mors misereri incipiat. Mors malorum omnium finem imponit, mors calamitati terminum praebet, omnem calamitatem mors adimit. »