‹ Histoire générale de la littérature du Moyen Age en Occident (volume 4)Chapitre 42 sur 382 · Epist. 58 Ad Paulinum · texte numérisé non relu

Epist. 58 Ad Paulinum

9 Ce que confirment les éloges de quelques philologues classiques, comme Ore:li; Bæbr, dont je ne saurais suivre l'avis. Leur intérêt pour cet

christianisme n'avait pas pu opérer en lui un changement intérieur. Nulle part l'âme n’a influé sur l'expression. Chose cüricuse, c'est Arnobe qui, en défendant les écrits primitifs du christianisme par rapport à leurs expressions (1), a formulé cette pensée, adoptée ensuite par maints auteurs chrétiens : « Quand il s’agit de choses sans ostentation, il faut regarder le fond et non la grâce de la forme ; il ne faut point se préoccuper de ce qui est mélodie pour l'oreille, mais de l'utilité des auditeurs; la vérité méprise le fard. » Voilà ce qu'a dit Arnobe et pourtant il est resté lui-mème fidèle à ses habitudes de rhéteur et il a conservé, jusque dans son apologie, la pompe du discours, qu'il voulait qu'on abandonnât au forum et aux tribunaux. Mais si l’on trouve dans son vocabulaire des traces de ce langage bas et trivial, frivialis et sordidus sermo, blâmé, comme il l’observe, par les païens, il ne faut pas mettre ces expressions sur le compte de son christianisme, mais accuser son goût peu châtié : il les emprunte, en partie, à la langue de la conversation qui a toujours une couleur légèrement provinciale, et, en partie, à des auteurs surannés, comme il était de mode à cette époque.

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