ut deum cognoscat et colat
connaissance de Dieu ct traite du Christ, le Verbe (A£yss) et l'instituteur de l'humanité, qu'il doit ramener à la justice. Cette vertu forme le sujet du cinquième livre De justitia. « La justice, la plus grande vertu, qui comprend en même temps toutes les autres (1}, avait son séjour sur la terre, dit l’auteur dès le début, à l’époque de Saturne, où il n'existait point encore
de service en l’honneur des dieux et où l’on honorait Dieu de la meilleure manière, puisque le lien de la fraternité unissait les hommes. Quand Jupiter eut établi son règne, la religion de Dieu fut abandonnée, et la justice bannie retourna au ciel. Les poètes ne chantent doncque la pure vérité. Maisla fin du monde approchant, Dieu le père envoya son messager pour qu'il ramendt ce siècle dans le droit chemin et qu’il rétablit la justice, laquelle n'est autre chose que le culte pieux et religieux du Dieu unique (2). Si ce culte était général, l'âge d’or serait déjà de retour. Mais la justice ne trouve point de place parmi les païens qui persécutent ses partisans, les chrétiens, et les traitent en ennemis tout en menant eux-mêmes une vie des plus criminelles; la vie des chrétiens, au contraire, et leur fermeté dans-le martyre montrent déjà qu'ils sont « les justes. » L'auteur s'étend ici longuement sur ces persécutions des chrétiens qui ont leur source dans la hainc de la vérité (ec. 9 et11). Les philosophes païens eux-mêmes n'ont pas connu la justice, car elle a son origine dans la religion. Sa source, en effet, est la piété, pietas, qui est la connaissance de Dieu. Tout aussi inséparable de la justice est l'équité, xquitas, æquabilitas, qui, reposant sur le principe de l'égalité des hommes, en tant qu’enfants de Dieu, est l'effet de lajustice(3). Lactance rattache cette discussion au discours si connu de Carnéades contre la justice, d’après laquelle les justes doivent nécessairement passer pour fous (c. 16) ; il montre comment cette foi n'est qu’apparente, vu que la vie éternelle compense tous les