V. Ebert, p. 415 ets
3. Mais c’est à tort qu'il termine le premier livre après le 42° acrostiche au lieu de le faire après le 45°. V. ma dissertation, rem. 108.
&. Le passage de Gennade, 1. c. : « scripsit mediocri sermone quasi versu librum adversus paganos » ne prouve rien contre la division en deux hvres ; il semble en résulter tout au plus que Gennade n'a connu que la première partie des {nstructiones. Il me semble, en effet, certain que par librum ïl n’a pas pu parler du Carmen apologeticum ; la raison en est surtout dans l'affirmation de Gennade qui prétend ensuite que Commodien a suivi Tertullien ; or, cela nese rapporte qu’à la polémique des Instructions contre la mythologie, tandis que le patripassianisme du Carmen rejette
polémique et s'adresse aux païens et aux juifs; c'est à elle seule que se rapporte la préface Præ/fatio qui forme le premier acrostiche. L'auteur y dit qu'il a été lui-même dans l’erreur auparavant ct qu'il a vénéré les dieux, mais qu'il montre maintenant le chemin du salut à ceux qui font fausse route et notamment aux païens qui lui font pitié, qu’étant instruit lui-même il enseigne la vérité aux ignorants : perdoctus ignaros anstruo verum ; de là aussi le titre. Dans les vingt acrostiches qui suivent, le poète raille, dans l’ensemble comme dans les détails, le culte des dieux, qu’il considère aussi lui-même comme des démons et auxquels il attribue la même origine que le fera plus tard Lactance. L'idée populaire et anthropomorphique que souvent ilcombine adroitement avec l'idée physique des philosophes donne à sa raillerie un tour facile: c’est ainsi qu il demande, par exemple (acr. 6) d'où serait venue la pluie si Saturne avait aussi dévoré Jupiter? Il n’était pas difficile de rendre les mythes ridicules par une considération conforme à la raison. C'est ce qu'il fait cà et là avec une gaieté spirituelle. Leur immoralité devient aussi le point de mire de sa polémique. Au reste, on sent encore ici une fois de plus de quel vil assemblage de divinités était composé le culte païen de l'empire (1). Dans les vers qui suivent (acr. 22 et s.), la polémique prend à partie, avec les païens eux-mêmes, la superslition de cet âge caduc, la sensualité qui ne vit que pour la jouissance du moment, et en particulier la richesse; 1l attaque aussi ceux qui, comme prosélytes du dieu Thor, cherchaient leur salut chez les -Juifs, sans renoncer pour cela à leurs dicux. Se détournant alors de ces païens judaïsants, Commodien s'adresse aux juifs eux-mèmes, auxquels il consacre plusieurs acrostiches. Dans les suivants (acr. #1 et s.) 1l traite des fins dernières, de l’Antechrist, du retour des tribus
cette opinion, comme l’a observé aver raison Leimbach, p. 28. Les Instructions aussi bien que le Carmen apologeticum (quoi qu'on ne trouve pas dans le premier ouvrage le double antechrist), concordent à la vérité avec Lactance, mais Gennade pense à tort, pour cette raison, que Commodien l'avait mis à profit.
1. C’est ainsi que nous apprenons à connaitre ici une nouvelle divinité (asiatique apparemment) dans Ammudas (acr. 18).
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égarées, de la fin du monde, de la première résurrection et du jugement dernier, dont il a déjà parlé précédemment en exhortant les païens à se convertir, et dont il parle si souvent pour insister sur cette conversion. C’est aussi à cause de cela qu'il termine, par cette peinture (1), la première partie, dont les acrostiches, comme on le voit, forment un tout complet et se suivent, au moins en général, dans un certain ordre.
La seconde partie commence avec l’acrostiche 46, Catecuments ; elle a un autre fond et un tout autre caractère. Parénétique par nature, elle s'adresse aux chrétiens, et donne après quelques avertissements aux catéchumènes, des avertissements aux chrétiens en général, aux pénitents en particulier et enfin, dans diverses pièces aux apostats. D’autres acrostiches ont pour objet les fautes ct les imperfections telles que le temps présent les montrait à la méditation de l’auteur, tandis qu'une série d’autres vers sont adressés à différentes classes de la communauté chrélienne, aux matrones, aux lecteurs, aux diacres et aux ecclésiastiques. Le dernier acrostiche, intitulé Nomen Gazæi dans lequel l'auteur rappelle encore les fins dernières, donne, si l’on veut bien par exception le lire de bas en haut : Commodianus mendicus Christi (2).
Les acrostiches sont de grandeur différente et il s'en trouve de six et de quarante vers. Le titre est contenu dans les premières lettres, comme le montre la forme de quelques-uns, par exemple : De die judici, Infirmum sic visita. Cetle forme de poésie nous apparaît donc comme un jeu sans esprit, mais néanmoins dans le goût de l’époque, peut-être aussi, et cela est assez vraisemblable, l’auteur visait-il un but pratique en voulant donner à la mémoire un point d'appui et voulait-il recommander ainsi d'apprendre ses poèmes par cœur. La forme du vers est digne de remarque ; c'est un hexamètre composé sans le moindre égard à la quantité et à l'hiatus, et dont le rythme se base essentiellement sur l'observation de la césure du vers héroïque et de deux thésis après la cinquième