Siegfried, Philon, p. 371 et s
gorique de la Bible dans l'Orient. Nous trouvons chez lui plusieurs de ces types et maintes de ces personnifications que nous rencontrons plus tard dans l'art et la littérature du moyen âge et jusque chez Dante lui-mème. C'est dans saint Ambroise que puiseront les théologiens mystiques du moyenâge, comme ceux de l'école de saint Victor dont les sermons etles écrits exercèrent tant d'influence sur le cœur et sur l'imagination des contemporains. Cela seul donne à ces écrits homilétiques de saint Ambroise une signification importarie, au point de vue dela littérature générale ; mais le côté moral, qui a en partie un caractère ascétique et qui répondait au courant immatériel régnant alors dans les cercles vraiment chrétiens, a aussi une importance indirecte. Je trouverai plus loin l’occasion d'en parler en détail.
L'auteur a lui-même rattaché entre elles la plupart de ces compositions; les autres n'ont de filiation immédiate que par le sujet qu'elles traitent. Le livre De Paradiso ouvre la série. Écrit en 373, c'est le plus ancien de date; c'est celui où se rencontre le moins le caractère homilétique : il est mème possible qu'il ne doive pas son origine à des sermons. La plus grande partie en est consacrée à réfuter les opinions hérétiques, et surtout manichéennes. Le récit de la Genèse, sur le paradis et la vie de nos premiers parents jusqu’à leur chute, en forme le sujet. L’explication des passages de la Bible est entreprise principalement à un point de vue mystique et allégorique; elle s'appuie sur les écrits de Philon : De opificio mundi et spécialement Legis alleqoriæ. L'application des quatre fleuves du paradis aux quatre vertus cardinales, qui revient si fréquemment plus tard dans la littérature, est tirée de ce dernier ouvrage (1). Dans saint Ambroise, la source où ces fleuves prennent naissance indique le Christ, tandis que, dans Philon, ils jaillissent d'un fleuve plus considérable qui est la bonté, la vertu universelles (2). Saint Ambroise leur fait signifier de plus les quatre âges du monde : le premier, jusqu'au déluge, appartenait à la prudence; le deuxième, celui