‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 130 sur 353 · PKRISTEPHANON 1>S I · texte numérisé non relu

PKRISTEPHANON 1>S I

donné l'impulsion pour <••• genre de | sie. Ce sérail donc

bien à II • que Prudence aurait conçu l'idée de ce genre

de poésie : les hymnes consacrées aus martyrs ensevelis dans cette ville auraient été composées sur les lieux mêmes, ainsi qu'elles In laissent entendre directement pour la plupart, ou bien peu de temps après son retour de Rome (1), el seraient 1rs plus anciennes qu'il ait composées «m ce genre. D'autre pari, vu l'élan que prenait alors le culte des saints, l'honneur qu'on leur rendait au jour de leur fête ou au jour de leur morl était le jour de leur naissance à la vie éternelle h on le célébrait par un service spécial), il était tout naturel de composer «les hymnes qui, s'appuyant sur la légende récitée dans ces fêtes, chantasssenl les actions el les souffrances de ces martyrs : telles étaient, en effet, les hymnes de Prudence pour la fête di' Noël et pour celle de l'Epiphanie; elles se rattachaient au récit biblique (2). Dans quelques hymnes du Peristephanon, l'auteur nous met au courant de ce procédé. Ce sont précisémenl celles qui chantent la gloire des martyrs nationaux, par conséquent, des martyrs espagnols et donl la fête était célébrée dans la pairie du poète. D'après la double impulsion quia dirigé le poète dans la composition de ces hymnes, nous pouvons les diviser en deux classes, par rapport au sujet, au choix des martyrs. Les héros de l'une sont des Espagnols, auxquels il faut jo'ndre l'Africain saint Cyprien, probablement à cause des rapports ecclésiastiques entre les deux pays •! ; ceux de l'autre classe sont les martyrs

1. Ainsi, la première hymne XIV; V. plus loin : de mémo quo la XI*. Voir lev. 17'.'.

2. Dans l'hymne de l'Epiphanie, il célèbre en même temps les premiers martyrs, les Saints Innocents.

3. Ainsi, dans l'Église d'Afrique, on célébrait les fêtes îles martyrs espagnols Fructuosus, Vincentius, etc. comme nous le prouvent les sermons de saint Augustin prononcés à cette occasion. — Le jour de fête de saint Cyprien était aussi célébré en Espagne, ainsi que le 'lit Prüden e, Perist. XII, v. -;:>7. Quoique Prudence exalte le prestige universel dont il jo

il dit pourtant :« Est proprius patriae martyr, sed amore et ore noster. \ . bym. XIII, v. 3. Il est bien digne île remarque, en effet, que la ie hymne v. 17 , consacrée à la série des martyrs espagnols, nous muntre saint Cyprien parmi eux.

dont les tombeaux sont à Rome (1), ou encore ceux que visita Prudence dans son voyage à Imola, comme celui de Cassian en cet endroit même. Voilà ce qui a motivé le choix du sujet. On peut aussi, en tenant compte de la manière dont le sujet est traité, répartir ces hymnes dans deux classes. De même qu'antérieurement les légendes en prose étaient, comme je l'ai fait remarquer (2), des créations soit purement populaires, soit complètement artistiques, ainsi, leshymnesdePrudencesur les martyrs ont les unes un caractère plus ou moins populaire, les autres un caractère artistique qui comporte tous les artifices de la rhétorique. Ici même, nous voyons le choix du mètre aller de pair avec cette différence du récit, comme dans le Cath<>merinon. Le poète montre souvent dans ce choix une grande finesse de sentiment. C'est ce que nous voyons déjà dans la première des hymnes, si nous passons aux détails. Elle célèbre deux soldats espagnols, deux frères qui souffrirent la mort probablement sous Dioclétien pour avoir refusé de sacrifier sur l'autel du paganisme, et pour avoir préféré la milice du Christ [militia Christi) à celle de l'Empereur. On ne conservait presque de leur légende que le seul souvenir du miracle qui eut lieu à l'occasion de leur supplice. L'anneau de l'un d'eux, symbole de la fidélité, et le livre de prières de l'autre furent enlevés dans le ciel. Or, bientôt, possédés et malades trouvent la guérison auprès de leur tombeau. Le mètre de cette hymne est celui du chant des soldats romains, le tétramètre trocaïque catalectique, toujours si populaire (cent vingt vers à strophes de trois lignes). Pouvait-on rien imaginer déplus réussi, pour un chant de fête consacré à ces guerriers chrétiens? — Le mètre imprime donc à cette hymne un certain cachet populaire

1. Il faut ranger ici manifestement Quirinus (h. VII) dont le corps, d'après le rapport des Acta Sanctorum, fut porté à Rome et enseveli dans la catacombe de Caliste, à l'époque de l'invasion des Barbares en Pannonie. V. Brockhaus, Op c. p. 119, Rem 3. — Ma remarque précédente sur le choix du sujet et la classification de ces hymnes confirme l'exactitude de ce rapport. 11 ne reste à résoudre que la question du choix de Romanus (Hym. X). Était-il alors spécialement honoré à Rome, à cause de son nom?

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