‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 146 sur 353 · La Concorde dit dans son discours, v. 769 sq · texte numérisé non relu

La Concorde dit dans son discours, v. 769 sq

« Pax plénum virtutis opus, pax summa laborum,

Pax belli exacti pretium est pretiumque pericli :

Sidéra pace vigent, consistunt terrea pace.

Nil placitum sine pace Deo, etc. »

Qu'on compare, dans la Civit. Dei (XIX, c. 10 sq.) ; je veux y faire remarquer le passage suivant : « Ibi virtutes, non contra ulla vitia vel mala quaocumque certantes, sed habentes victoriae praemium, aetemam pacem, quam nullus adversarius inquiétât... Unde pacem constat belli esse optabilemfînem... Pax animae rationalis ordinata cognitionis actionisque consensio. » Qu'on compare donc avec cette phrase la remarque précédente. Il ne faudrait pas douter que Prudence n'ait mis à profit ce .livre de la Cité de Dieu, si l'on pouvait admettre une date aussi tardive pour la composition de la Psyckomachie. Mais il faudrait, en ce cas, admettre qu'il avait plus de soixante-dix ans quand il composa cet ouvrage. Ou bien, serait-il possible que le livre de la Cité de Dieu ait paru plus tôt qu'on ne l'admet aujourd'hui ?... L'on doit, en tout cas, laisser aux recherches spéciales le soin de mettre en lumière cette importante question.

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qu'il offrait à l'antiquité chrétienne dans ce domaine de la

littérature; mais encore, el nun à m »indre degré, par h-

sujet qu'il traite el par lea types allégoriques qu'il met en avant. Il formait, pour ainsi parler, nu des standard works du moyen âge : on le recommande parmi les Livres consacrés aus études (par exemple, dans le Labyrinthe, attribuée Eberhard de Béthuhe), et il passe dans des ouvrages encyclopédiques, tels que celui de Berrad de Landsberg. J'espère pouvoir montrer plus tard comment plusieurs des plus anciennes poésies allégoriques du moyen âge se rattachent, même pour I«' fond, à cet ouvrage de Prudence. Qu'il me Buffîse de »lire ici commenl le poète par vin I a la composition el à la donnée de son poème. Il faut nous rappeler tout d'abord que L'usage de l'allégorie et des symboles, ainsi que la conception typologique, étaient depuis Longtemps acclimatés dans la littérature chrétienne-latine : nous avons eu souvent l'occasion de le constater, en examinant d'une façon particulière des ouvrages en vers ou en prose (1). Quant à la personnification des vertus et des vices, nous devons constater encore ici l'influence de Tertullien : l'influence de ce Père a été très prépondérante sur Prudence, ainsi que je l'ai fail remarquer plus haut (2), quoique cependant notre poète ne l'ait pas copié dans la composition'de son tableau. Mais la première idée de ce poème lui fut fournie évidemment par le lableau qu'il avait fait luimême dans V Hamartigenia (3); il y faisait voir les assauts que les vices, sous la conduite de Satan, livrent à l'âme chrétienne. -Nous avons vu également ce tableaujdans saint Cyprien ; il se prêtait bien en effet à servir de thème pour la composition d'un combat entre les vices et les vertus, car ce sont les vertus qui. dans notre poème, apparaissent d'abord comme les soldats de l'Ame, et c'est pour elle aussi qu'ils combattent vaillamment (4).

A cela, il faut ajouter encore, pour pouvoir expliquer l'apparition d'une poésie si exclusivement allégorique, que le

i. V. plus haut, et surtout p.62, 112. 152, 153, 159 el sq., 198, 109.

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