Y. Kimmel, 1. c, p. 147 sq
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posés lui-même : il ne f;iii point difficulté d'en convenir (4). Deux considérations toutefois le font dévier çà «'t là de cette ligne tir conduite : c'est le Btyle d'abord, surtout dans la traduction; [mis la clarté el l'élégance «le l'expression < j u î lui fonl parfois ajouter au discours certains développements explicatifs ou oratoires (2 ; c'est enfin la matière elle-même. Dès qu'il s'agit il«' glorifier l'ascétisme ou de oublier les miracles des Saints, Hulin oublie complètement ou ne se rappelle que trop lard « la concision qu'il s'est proposée d'atteindre ; ■• c'est ainsi qu'après avoir sacrifie à ce but tant de documents importants, il ajoute, dans le septième livre, un long épisode relatif aux miracles de saint Grégoire le Thaumaturge, où il nous rapporte précisément avec force détails les plus extraordinaires ; c'est ainsi encore que, au livre onzième (c. 4), en nous faisant le récit des persécutions que les moines d'Egypte avaient à souffrir de la part de l'arien Lucius, il nous raconte, dans Ions leurs détails, sur ces moines el pour faire leur éloge, des miracles et anecdotes. Nous devons cependant lui savoir gré, d'autre part, de nous avoir fait un tableau détaillé, vivant el artistique quant au style, de la tentative des Juifs de rebâtir leur temple : un tremblement de terre la fit avorter (1. X, c. 27 sq.), etil voit, dans cet accident, la main de la Providence. Excusons-le également de nous avoir donné une description complète du temple de Sérapis, à Alexandrie, de la statue de ce dieu, enfin de sa destruction (1. XI, c. 23) qui fut le coup de grâce pour le paganisme en Egypte. — Si la traduction elle-même accuse déjà la précipitation el fait désirer vivement la sévérité consciencieuse de l'historien, la continuation de llulin porte plus encore les marques d'une œuvre enfantée à la hâte et sans études préparatoires sérieuses ; le genre qu'il avait adopté, d'après Eusèbe, et qui consistait à faire un tra- \ ail de mosaïque, lui en facilita essentiellement la composition. Ilufin n'avait pas le sentiment de l'histoire ; en composant son ouvrage, il ne pensait pas à la postérité, mais à ses contempo-
i. Il dit lui-même I. XI, c. 4 : « Verum si singulorum mirabilium gesta prosequi velimus, cxclinlimur a prupusita Invvit ,t< . ■-'. Rimmel, I. c., p. IGO sq. 187.
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rains : c'est pour l'édification et le délassement de ces derniers qu'il écrivait ; et pourtant son histoire devait remplacer, pour le moyen âge tout entier, l'œuvre même d'Eusèbe.
L'autre ouvragede Jlufin n'a pasété moinsrépandu ni moins lu au moyen âge; il a été souvent publié, encore au commencement des temps modernes, depuis l'invention de l'imprimerie jusqu' au xviie siècle (1) ; Luther lui-même le recommanda, quoique avec des réserves (2), et il a été souvent traduit dans les différentes langues modernes (3) : nous allons nous en occuper. C'est un recueil de biographies de moines d'Egypte, intitulé Vitae patrum, et appelé également plus tard Historia eremitica (4). Rufin nous avertit, dans le Prologue, qu'il le composa en souvenir de son voyage d'Egypte et des nombreux miracles que Dieu lui montra dans l'intérêt du salut de son âme ; il le lit également pour satisfaire au vœu plusieurs fois exprimé des moines du Mont des Oliviers, afin de montrer aussi aux autres le chemin de la piété et de l'ascétisme. Ce livre était en somme un ouvrage'de propagande en faveur de la vie monastique (5). 11 se compose de trente-quatre chapitres de grandeur très diverse; chacun d'eux ne contient pas toujours la vie d'un seul moine; quelques-uns traitent de plusieurs et même de communautés tout entières, comme des cloîtres du désert de Nitris; il parle, au dernier chapitre, des dang-ers qu'il courut dans son voyage. La narration se distingue parla clarté et l'aimable simplicité du style ; c'est par cette qualité que l'ouvrage se rattache en général, pour les Vies les plus détaillées (car plusieurs chapitres ne renferment que des caractères très brièvement tracés), aux Vies des Saints, de saint Jérôme ; à
1. C'est ainsi que Schonemann cite [Biblioth. Patr., I), dix éditions du xv° et quatorze du xvie siècle.
2. Il parut, à l'instigation de Luther et avec une préface de lui, une édition non citée par Schonemann ; elle était « in usum ministrorum verbi, quoad ejus fieri potuit, repurgata. » Wittenberg, 1544.