CASSIEN
Il nous reste encore à parler d'un prosateur qui appartient a la fin de celte période <'l < | n ï exerça une influence extraordinaire. Ses écrits se rattachent immédiatement aux ouvrages ascétiques de Rufin et de Sulpice Sévère, ainsi qu'à ceux de sainl Jérôme lui-même. C'csl l'auteur des livres De Coehobiorum institutis cl des Collaliones Patrum, Joannes Cassiani s (1). Ces deux ouvrages étaient principalement destinés à l'instruction, l'édification el l'entretien des moines ; ils furenl recommandés par s,iinl Benoit comme un vrai manuel de la vie monacale el cremilique, et, comme tels, hautement estimés pendant tout le moyen âge. Ils méritent néanmoins de trouver place dans» une histoire générale de la littérature, abstraction faite même de cette importance, indirecte et immense, au point de vue ascétique. Ils durent, en effet, surtout à cause de leur genre de composition, avoir alors le plus grand intérêt pour les cercles des vrais chrétiens en général, qui regardaient comme un idéal la vie ascétique. — La patrie de Cassien. <|iii naquit probablemenl entre .*i6() et 370, est incertaine (2) ; Vmpère pense qu'il était du sud de la Gaule et son opinion ne me semble pas complètement invraisemblable; il a d'ailleurs composé ses écrits dans cette contrée. De bonne heure, il entra dans un cloître de Bethléem où il reçut sa première éducation religieuse (3). C'est ainsi que ce précepteur de la vie monai île
1. Joamiis Cassiani opéra omnia cum amplisst7)tis commentariis Alardi Ga;aci (od. Migne). Paris, 1846,2 vol. Pahulogie do Migne, M. IX). — Wiggers, De J. Cassiano Mnssiliensi, qui Semipelagianismi auctor vitlgo perhibetur, comme>\t. 3 Dissertât . Rostock, 1824, in-i.
2. D'autres ont déjà prouvé que la donnée de Gennadius De vir. M., c. 61 « Cassianus natione Seytlia » repose sur une erreur facile à expliquer. V. là-dessus, Wiggers, op. c, p. 7.