‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 246 sur 353 · PROSPER. IDACIUS, MARCELLINUS COMES · texte numérisé non relu

PROSPER. IDACIUS, MARCELLINUS COMES

Si nous considérons maintenant les ouvrages en prose, écrits dans ce siècle (et nous avons fait déjà çà et là, surtout avec Ennodius, une excursion dans ce domaine) nous verrons que la prose et la poésie sont une suite, une continuation en partie immédiate des ouvrages les plus importants de la période précédente. Et pourtant, cette époque voit surgir, parmi les prosateurs, des personnalités originales, remarquables même, qui savent tenir compte des besoins particuliers de leur siècle et qui le font dune manière qui exerce une très réelle influence sur l'avenir le plus éloigné. .l'arrivé d'abord aux ouvrages historiques.

La Chronique universelle de saint Jérôme trouva, pendant toute cette période, des imitateurs et des continuateurs.

Le premier que nous ayons à signaler, dans ce genre, est Prosper (1) d'Aquitaine, avec qui nous avons déjà fait con-

1. In : Roncallius, Vetustiora latinorum scriptorum Chronica. 2 Partes. Padua, 1787, in-i. (Praef.); Roesler, Chronica medii aevi, tum. 1 (le seul paru : contient aussi une Dissertatio de annalibus medii aevi, du même auteur), Tubinpue, 17i)8 ; Papencordt, Histoire de la domination vandale en Afrique, Berlin, 1837 (première annexe: sources); Holder- Egger, Untersuchungen lieber einige annalistische Quellen zur Geschichte

nu pnosi>F.R d'aquitaine [^21.]

naissance comme poète. Il commence lui aussi ab ovo ; nous le voyons débuter par un extrait de l'ouvrage de saint Jérôme, pour le continuer ensuite d'une manière indépendante. La Chronique de saint Jérôme se terminait avec l'année .378 ; la continuation de Prosperpart de l'année 379, etil suit le genre de son prédécesseur; si on laisse de côté l'extrait emprunté à saint Jérôme, on pourrait donc tout simplement relier celte continuation à la chronique du moine de Bethléem. S'attachant à l'ordre chronologique des consuls, l'œuvre de Prosper va jusqu'à l'année 455, époque de la prise de Rome par Genséric ; quelques manuscrits toutefois ne vont que jusqu'à 44 i ; ces derniers semblent s'appuyer sur une édition plus ancienne; il paraît même qu'il existait une édition encore antérieure qui ne conduisait l'œuvre que jusqu'en 433 ; on trouve, en effet, sous cette date des récapitulations d'années qui n'ont guère leur place qu'à la fin des Chroniques et qu'on ne saurait expliquer, en cet endroit, qu'en prenant cette date comme terme de l'ouvrage. L'existence d'une triple édition semble tout à fait justifiée par la nature de ces ouvrages, d'autant mieux qu'un autre chroniqueur de la même époque, Comes Marcellinus(I), a suivi personnellemen t un procédé semblable , ainsi que lui-même nous en témoigne. Quant au choix des faits dignes d'être mentionnés, Prosper, comparé à son maître (2), est plutôt en progrès qu'en décadence, en ce sens que c'est à peine si, comme lui, il enregistre des notices qui n'intéressent que le présent, ou encore qui ne sont personnelles qu'à lui. C'est la raison pour laquelle la chronique de Prosper attache peu d'importance à celte catégorie de phénomènes naturels que nous avons mentionnés en analysant l'ouvrage de saint Jérôme. Cette manière de procéder, considérée au point de vue objectif, est peut-être en partie difficile à justifier ; mais l'importance

des V. und VI. Jahrhunderts im neuen archiv. der Gesellsch. aeltere deutsche Geschichtskunde, vol. 1. n° II. 1876 et 77. Ces données bibliographiques servant également pour les chroniqueurs suivants, Prosper Tiro, Idacius, Marcellinus.

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