‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 282 sur 353 · Antea mons migrât quam tua verba cadant · texte numérisé non relu

Antea mons migrât quam tua verba cadant

[ 198. | I'mi mi s PANÉGYaiQl ES 557

par une inspiration plus noble; tel est, par exemple, cri ni du duc Lupus, l'un des hommes d'Etal les plus remarquables il Austrasie cl le |>1 us fidèle partisan de Sigebert. Roman luimême, il ai niait à attirer à la cour de son maître ceux de ses compatriotes qjie distinguait leur érudition (1) ; il est bien possible que ce soi! à son intermédiaire qu'il faille attribuer la présenec de Portunal à la cour d'Austrasie. Le poète lui conserva longtemps une amitié toute intime. Si, dans son panégyrique (1. VII, c. 7), Fortunat le compare avec les Romains illustres «le l'antiquité, il a soin d'ajouter ici, « sous sa direction, Rome nous revienl ici (à la cour germaine) (v. <i : « il a été sa consolation el son espérance. Fortunat a également composé des panégyriques à la louange de Germains illustres, à (iogo (1.

VII, c. I) entre autres, les premiers confidents de Sigebert

qui l'envoya en Espagne chercher son épouse Brunehaut et quidevinl ensuite le père nourricier de son lils Childebert. Lui aussi avait été le protecteur le plus généreux «le notre poêle, qui célèbre son éloquence. Ces deux derniers poèmes ont vu le jour à la cour de Sigebert ; c'est par là que le poète s'acquitte d'une délie de reconnaissance; aussi, malgré une certaine pompe de style, ces panégyriques laissent voir une vérité de sentiment qui ne permet pas de croire aune vaine flatterie (2). Aces panégyriques et, spécialement, à ceux qui viennent en première ligne el qui ont trait à des ecclésiastiques, s'en rattachent encore d'autres, qui forment une espèce toute particulière : ils ont pour héros des martyrs et des saints. Fortunat en a composé quelques-uns de ce genre. L'un est à l'adresse de saint Médard I. U.c. 20); tous les miracles du saint sont brièvement racontés, l'un après l'autre, tout comme cela avait lieu dans les vies de Saints en prose à cette époque, el dans celles de Fortunat lui-même. Sigebert venait de terminer la cathédrale de Soissons qui était dédiée à la mémoire de saint Médard, el ce poème, d'une grande sécherosse, semble avoir

i. Comnv Andarchi us, pares impie, dont Grégoire de Tours, fait mention fiist. /•'/•.. I. IV. c. c'.

'J. Par là également se trouve rehaussée leur valeur historique. Encore m 'ins doit-on rechercher la (laiterie dans le panégyrique d'une vieille femme germainedu nom de Berthilde. L VI, c. G.

.'J.'iH S. FORTUNAT | Ï99.]

rlé composé comme sur commande, à cette occasion, ainsi < j m • cela ressort des derniers vers C'est avec beaucoup plus d'élan que Fortunat célèbre la mort de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse (1. II, c. H) (l). On peut ranger ici le long panégyrique en l'honneur de la vierge Marie (trois cent soixante vers, 1. VIII, c. 6). L'héroïne y est célébrée sons toutes les figures possibles (2) et toute la hiérarchie céleste, anges et saints, chante ses louanges. Ce poème ne parait pas avoir été dans le recueil primitif des œuvres de Fortunat ; mais je n'ai pas des doutes sérieux sur son authenticité (3). On peut encore ranger dans cette catégorie un poème passablement long à la louange de la virginité (1. VIII, c. 6) ; composé en l'honneur d'une fête d'Agnès, il peint avec des couleurs peut-être trop sensuelles l'amour des religieuses pour le fiancé céleste, ainsi que la récompense réservée dans le ciel à la chasteté.

Parmi les poèmes que j'ai appelés panégyriques indireets, je comprends ceux dont la composition a été déterminée par une production spéciale ou une création du héros, et dans lesquels le poète a surtout en vue de glorifier ces travaux. De ce genre sont un grand nombre de poèmes qui célèbrent

1. Cf. aussi le poème qni vient immédiatement après : il a pour nous un intérêt particulier, en ce qu'il célèbre un duc allemand, Launebold et son épouse Berthrude, pour avoir, les premiers, bâti une église à l'endroit même où saint Saturnin avait été attaché à un taureau. : « Quos nullus veniens fioraana gente fabrivit. Hoc vir barbarica proie peregit opus. »

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