‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 332 sur 353 · I .*>!)()- 1 .] DE LAUDE VlRGIffUM liül · texte numérisé non relu

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vaillance <'t de ne j>as exclure l'auteur de leurs prières (i ). L'autre ouvrage d'Aldhelme esl un recueil d'énigmes; il exerça notamment, sur ses compatriotes, une grande influence. Il le publia, sons l'enveloppe d'un écrit savant el «m prose, avec lequel il n'a de rapports qu'à an certain point de vue de la forme. Aldhelme envoya les énigmes, en effet, comme « de petits cadeaux métriques a à son lils spirituel et élève « Acircius, le souverain «le l'empire du .Nord, » ainsi que le dii l'adresse de la lettre elle-même; ce personnage esl le roi Alfred de Northumberland. Le recueil d'énigmes constitue seulement le fond de cette lettre à Acircius, EpistoiaadAcircium. Après une petite préface, Praefatiuncula, d'environ douze panes, où l'auteur propose une méditation mystique sur la signification du nombre sept, Aldhelme parle d'abord, comme introduction aux énigmes, de ses prédécesseurs, le « poète Symposius >. et le philosophe Aristote : c'est à eux qu'il doit l'idée de son livre. Il le caractérise en peu de mois, justifie, même par la Bible, la personnification d'êtres inanimés, car les choses qu'il donne à deviner se peignent elles-mêmes ; il explique en détail la formation multiple de l'hexamètre par des exemples des poètes anciens et des poètes chrétiens. Pour procéder avec [dus de clarté, Aldhelme emploie la forme de dialogue entre le maître et l'élève ; il imite en cela saint Augustin et saint Isidore (2). Ce n'est qu'après cette introduction que

1. Cette Qnale montre encore bien mieux que le début de la section : De octo pr. vit., que cette dernière est une partie intégrante du poème .De lawl. viry., lequel sans cria n'aurait pas 'I'1 conclusion. C'est ce qui résulte manifestement des vers qui amènent la lin et qui récapituienl le poème tout entier :

Cum sit digestus sarictorum sexus uterque Alla supernorum qui scandunt arva polorum, Oclonusque simul peccati caiculus atri Expositus uTacili verborum clave patenter... Nuus vivons en même temps, d'après notre dernière remarque, que railleur considère le poème et sa prose comme un seul ouvrage « opus», lequel, ajoute-t-il, Be compose de deux livres « libeUi » (« quo«l geminum constat discretis forte libellis »). .le ne sache pas que personne ait encore l'ait remarquer tout cela jusqu'ici ; c'est un nouvel exemple de la négligence qu'on a mise à étudier cette littérature.

2. Il cite leurs ouvragée dialogues, et. en première ligne, les Soliloques de saint Augustin, Cf. plus haut, p. 201 et p. 628.

GG2 SAINT ALDELITME [Ö91-2.J

vient le recueil d'énigmes, sur la demande de l'élève qui rappelle au maître sa promesse. Les énigmes terminées, on reprend de nouveau la conversation sur la métrique, en examinant toutes les sortes de pieds et en ajoutant quelques mots relatifs à l'accent. En terminant, Aldhelme exhorte le roi à étudier cette métrique avec autant d'ardeur qu'il en amis lui-même à l'écrire, au milieu de ses occupations nombreuses, temporelles et ecclésiastiques; il est le premier, parmi les Germains, à aborder ce domaine. Il met devant les yeux d'Alfred l'exemple de Théodose, qui transcrivit, de sa propre main, dix-huit volumes de Priscien.

Cette introduction à la métrique latine, basée sur les ouvrages des grammairiens anciens, et notamment sur ceux de Victorin, avait en effet à cette époque un mérite, d'autant plus grand qu'elle était présentée sous une forme si facile à saisir. Les citations nombreuses (et celles qui sont empruntées aux poètes chrétiens ont été recueillies par Aldhelme lui-même) montrent bien la richesse des ressources littéraires dont disposait notre auteur et le grand nombre d'ouvrages qu'il avait lus. Quant au recueil d'énigmes lui-même, Aenigmatum liber, nous devons dire qu'il est assez considérable. Il comprend dix-neuf ietrastieha, quinze pentasticha, treize hexasticha, dixneuf heplasticha, dix octosticha, onze ennéasticha, quatre décasticha, quatre hendécasticha, un dodécastichon, un triscaidécastichon, un pentécaidécastichon, un heccaidécastichon et un polystichon', donc, en tout, cent Enigmes, tout autant que dans Symphosius (1).

Cette partie est précédée d'un prologue de trente-six hexamètres, dans lequel le poète invoque le secours de Dieu pour son entreprise; la forme de ce prologue rappelle celui de Perse. Le prologue d'Aldhelme, acrostiche et télestiche en même temps, contient aussi le nom de l'auteur. Quant au fond et à la forme, les Enigmes d'Aldhelme se rattachent à celles de Symphosius; ici également les sujets sont, surtout pris au règne de la nature, en particulier au règne animal ; mais on trouve

1. V. le recueil de ce dernier dans Riese, Anthol. lat., I, p. 187 sq. On a voulu, mais à tort, comme on sait, l'attribuer à Lactance.

[592-3.] epïstola \i> Aciiicii m 663

aussi parmi ces sujets des outils, par exemple, des instruments,

des ustensiles; la solution des énig b est Bouvenl jiIms Facile

dans Aldhelme, p iree qui' la description est plus détaillée : les énigmes de Symphosius sonl ion les des tristiques. Cette Forme plus courte, mi Burtout la Facilité des sujris. répond mieux en elle-même à ce genre de poésie el Symphosius se meul dans son sujet avec plus d'habileté que ne le Fail Aldhelme. C'est là que se trouve une différence d'exposition entre les deux auteurs; elle montre que l'un «•>! Roman, l'autre Germain : Symphosius plaisante avec esprit, tandis qu' Aldhelme pérore sérieusement et avec un élan tout poétique. Toutefois, on trouve, également chez ce dernier, maintes énigmes tout à fait réussies, soit que la solution ne se présente pas tout de suite à l'intelligence (c'est le cas du plus grand nombre d'entre elles, par exemple : Tetr. 8, De mie (1); Tetr. 19, De perna, ou bien hex. (il), soit que le développement attache lui-même (par exemple : Peut. 3, De ape ; Pent. 8, De rtuujnete fcrrifcro; l'eut. 12, De cacabo; Iïept. 12, De //m/a, etc.). Il esta remarquer que, dans quelques énigmes du moins, le caractère chrétien de l'auteur se manifeste (2), ce qui n'a pas lieu dans Symphosius, et que, de plus, dans deux autres, nous trouvons des légendes des animaux, empruntées aux Anciens et mises à profit également dans les bestiaires du moyen âge, parexemple, Hept. 2, De monocero.

A part le dialogue sur l'explication du mètre, qui est écrit dans une langue simple, le style de la lettre en prose est tout à fait ampoulé; il ressemble entièrement à celui des préfaces savantes de Fortunat. Cette remarque s'applique en outre à l'écrit en prose, De laudibus virginitatis, notamment à la fin» ainsi qu'à l'introduction flatteuse qui est empreinte d'un coloris poétique et aux tons très doux. Le poème, par contre, est écrit

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