‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 71 sur 353 · sv vu · texte numérisé non relu

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Sun lieu d'exil il B'oecupa, soit personnellement, Boil par différents écrits (i . à répandre la foi de Nicée el à combattre L'unité de la foi, telle qn'entendail la l'aire triompher Constance. Au moyen d'une formule peu précise et amphibologique il prétendait faire disparaître, au profit du semi-arianisme impérial, les contradictions qui existaient cuire Les orthodoxes cl les ariens. Mais tous les efforts de saiul Hilaire auprès de L'empereur restèrenl s.ms résultat; il ne put même obtenir de lui une audience. Il écrivit donc encore, de Constantinople, où il passa La dernière partie de son exil, le livre Contra Constanlium ùnperatorem. Dans cet ouvrage, coinposé à la lin de l'année .'{'i!). il épanche son cœur oppressé et répand toute sa colère contre l'empereur. Ce ne fut qu'après la mort de ce dernier qu'il le publia. De retour dans sa patrie. en 3G0, il continua jusqu'à sa mort, arrivée dix ans après, à déployer son activité en laveur delà foi de Nicée 2). Ses efforts, écrit Sulpice Sévère (3), eurent un si prodigieux succès que, de l'avis de tout le monde, la Gaule dut à saint llilaire seul d'être délivrée de la souillure de l'hérésie. Mais quelque grand que soit le rôle joué par saint Hilaire

dans la lettre à Abra qu'on lui attribue. Cette lettre est plutôt favorable à l'authenticité, car la conclusion de Reinkens est tout à fait erronée (p. 31!?) : « Si la lettre et l'hymne, dit-il, sont de la même main, la fausseté de l'une découle de la fausseté de l'autre. » Le faussaire de la lettre, s'il était tant soit peu habile, ne devait pas manquer, pour lui donner une apparence de vérité, de s'attribuer une hymne que, de son temps, tout le monde attribuait à saint Hilaire. Au reste, nous reviendrons plus loin sur les hymnes de saint Hilaire.

1. C'est alors qu'il composa la lettre De synodis, adressée aux évèques de la Gaule, de la Germanie et de la Bretagne : il y fait connaître et y explique les articles du symbole de .Nicée. Il composa, en outre, le mémoire à l'empereur Constance, où il lui demande audience et où il défend la foi orthodoxe. Cet écrit est désigné, dans ses ouvrages, sous le titre de Ad Constant tum liber secraidus, tandis qu'il écrivit le liber primus, avant son exil. pour justifier sa conduite. Il composa enfin, pendant son exil, l'ouvrage dont parle saint Jérôme (De vir. ill.,c. 100), Liber adversus Valentem et Ursaciu»), historiam Arimiensis et Seleuciensis synodi continens, et dont il ne nous reste que des fragments. V. là-dessus Reinkens, p. 2to.

2 f.'est à cette époque qu'il composa encore, en faveur de l'Église orthodoxe, son écrit contre l'évèque de .Milan. Auxence.

3. Chron., II, c. 45 ; c'est par là aussi que nous avons déterminé la date de sa mort.

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— cet Athanase de l'Occident, comme on l'appelle dans l'histoire ecclésiastique, — il n'a pourtant, du moins comme prosateur, qu'une valeur presque indirecte, quoique assez considérable, dans l'histoire de la littérature universelle, telle que nous la comprenons ici. Abstraction faite de son écrit contre Constance, nous n'avons en eilet de lui, que des pu vraies purement théologiques ; ce sont, outre les œuvres de dogme spéculatives, historiques et polémiques dont nous avons parlé, deux commentaires de la Bible : l'un, écrit avant son exil et son premier ouvrage, est un commentaire du premier Evangile; l'autre, écrit après son retour et d'une étendue plus considérable, est un commentaire des Psaumes. Ce dernier ne nous est pas parvenu complet (1). Les deux ouvrages d'ailleurs nous touchent déplus près parce qu'ils étaient, le dernier surtout, immédiatement destinés aux gens du monde.

L'importance générale des ouvrages théologiques de saint llilaire, par rapport au développement de la littérature latine chrétienne, consiste dans le fait suivant : ce sont eux qui ont fait pénétrer dans cette littérature l'influence de la spéculation christiano-grecque et qui lui ont infusé, par là, de nouveaux principes de vie. La haute culture intellectuelle, que saint llilaire avait puisée dans l'étude des plus illustres pères grecs de son époque ou des époques précédentes, l'obligea, même au point de vue purement chrétien, à rechercher l'élégance de l'expression et à la cultiver lui-même ; il dut se préoccuper de la beauté du langage et se mettre en contradiction absolue avec les idées d'un Tertullien et d'un Arnobe desquelles, il est vrai, l'on était revenu depuis longtemps. L'action de cet écrivain, au point de vue de la forme, ne pouvait donc qu'être durable. Les auteurs chrétiens antérieurs avaient aspiré déjà sciemment à la beauté de la forme, mais ils ne l'avaient fait, comme nous l'avons vu, que pour satisfaire à un besoin esthétique, ou bien encore pour faire accepter la vérité chrétienne soit aux païens lettrés, soit à ceux qui avaient reçu une éducation païenne. Saint llilaire, au contraire, fit un pas en avant : il déclara que la vérité chrétienne exige,

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