Epist. 13, ad Paulinum
2. Par ex., De trinitate, I, c. 37 où il implore l'assistance divine : « ut extensa tibi fidei nostrae confessionisque vêla flatu Spiritus tui impleas, nosque in cursum prandicalionis inilœ propellas; « ou bien ibid. Vf, c. 2 où, donnant les motifs qui l'ont engagé à écrire l'ouvrage, il dit de lui-même :
« uberius gaudium conseclans ex salute multorum, si se Deo redde-
rent hœreticis repudiatis atque a cibo mortis, quo in laqueum aves soient illici, in volatum se liberae securitatis érigèrent. »
133 I "\|\|| \ l \!!H. s SI 11 l.\ iiim.i: I '.\'\
des mots, se cache un sens plus profond qui peul seulement être compris par 1'« intelligence céleste l . C'est donc cette dernière qu'elle a pour l>ui de faire saisir. Elle est tout entière dans le sens partout prophétique il«' l'Ecriture sainte. Les événements qu'elle raconte de même que l'expression « I • > i ■ t elle Be Bert, se rapportenl constamment à l'avenir, sous une forme figurée : c'est là, comme disent les Pères, sa raison typique (typica ratio . Celle manière de voir procède «lu développement des efforts tentés pour mettre dans une complète harmonie l'Ancien el le Nouveau-Testament. Philon avait poursuivi un !>ut semblable el cherché à rattacher son système philosophique à l'Ancien-Testament. Ainsi que l'avaient fait ses prédécesseurs juifs, il suivit lui-même les traces des philosophes païens, surtout des stoïciens (2), qui interprétaient ainsi les mythes : le premier, il appliqua d'une manière plus large et plus systématique cette explication allégorique aux écrits de l'ancienne Alliance. Les ezégètes chrétiens ne firent que généraliser les passages qui se rapportaient au Christ. en qualité de Messie, et qu'on trouvait dans les prophètes : tout, dans l'Ancien-Testament, «levait, effectivement et littéralement, pouvoir s'appliquer au Christ.
C'est d'après cette seule méthode que saint Bilaire composa le commentaire sur saint Mathieu (3 , qui, parait-il, lui est propre. Celui qu'il lit sur les psaumes contient, en même temps, des points de vue de linguistique, d'histoire et principalement de morale : il se rattache à celui de l'école d'Alexandrie qui
t. « Cœlestis intelligentia, » Comment, inMatth., c. 20, § 2.
•-?. V. Zeller, Philosophie des Grecs, III, 2, p. 224 et s. et 300 et s., et notamment Siegfried, Philon d'Alexandrie, commentateur de l'Ancien- Testament, léna, 1875.
3. Citons comme exemple le cl, $ .'i : « Stella autem ortus a magis intelleetus indicat inox gentes in Christum credituras et homines professionis longe a scientia divins cognitionis aversœ, lumen quod statirn in oi'tu eju> extitit cognituros. Denique oblatio munerum intelligentiam in eototius qualitatis expressit : in aura regem, in thure Deum, in myrrha hominem confitendo. Atque ita per venerationem eorum sacramenti omnis est consummata cognilio : in homine mortis, in Deo resurrectionis. in rege judicii. Quod vero répétera iter, atque ad Herodem in Juda^a redire prohibentur, nihil a Ju'la>a petere scientiœ agnitioni?que permittimur.sed in Christo salutem omnem et spem tocantes, admonemur prioris vita* itinere abstinere. »
184 saint iiii.aiiu: 134-5.]
porte Le nom d'Origènc ; il est composé, toutefois avec une grande indépendance. Du reste, il n'est pas douteux que. même dans ses autres commentaires, saint Ililaire n'ait pris cette explication allégorique à l'école d'Alexandrie, bien qu'il ne se soit pas appuyé immédiatement sur un ouvrage spécial de cette école. Son commentaire du livre de. loh ne nous est pas parvenu.
L'écrit contre Constance n'appartient pas au domaine delà littérature générale. Il forme néanmoins une source extrêmement précieuse, pour caractériser cet empereur : il est composé avec une rare énergie et l'éloquence entraînante d'une sainte colère. Ici le récit se meut à l'aise dans une phrase souvent courte, concluante et nourrie d'antithèses. Et ce n'est pas seulement l'orthodoxe plein de zèle et dont le parti est persécuté par l'empereur qui fait ici entendre sa voix ; c'est l'homme convaincu, épris d'une haute idée, qui parle en face d'un diplomate astucieux. Or, rien n'est sacré pour ce diplomate, quand il s'agît d'atteindre son but; d'accord avec luimême il emploie, pour cela, avec autant de plaisir que d'adresse, la corruption morale. « Elles étaient bien préférables, dit saint Ililaire, les persécutions sanglantes du passé. Maintenant, nous avons à combattre contre un persécuteur qui trompe, contre un ennemi qui flatte, contre Constance, l'Antéchrist : il ne flagelle pas les reins, mais il chatouille la poitrine ; il ne proscrit pas pour donner la vie, il enrichit pour causer la mort; il ne jette pas dans le cachot qui procure la liberté, mais il invite avec honneur dans son palais pour réduire en servitude; ce ne sont point les flancs qu'il fait battre, c'est le cœur dont il s'empare; il ne frappe pas le chef avec le glaive, mais il tue l'âme avec l'or; il ne menace point publiquement de l'exil, mais il allume en particulier le feu de l'enfer. Pour ne pas être vaincu, il ne livre aucun combat, mais il flatte afin de régner. Il confesse le Christ, mais pour être à même de le renier ; il aspire à la concorde pour que la paix ne règne point; il opprime les erreurs, afin qu'il n'y ait plus de chrétiens ; il honore les prêtres afin qu'ils ne soient point évêques ; il bâtit des maisons à l'Eglise, pour détruire la foi. Il te porte sur ses lèvres, il t'a toujours à la bouche et, en
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toul temps, 0 Dieu, il l'ait l'HiN se-, actes afin que in ae bois pas reconnu comme Père (1). » Constance est plus cruel que >Jéron el crue Dèce : c'est le plus ignoble de tous les mortels : il « tempère »> les souffrances de la persécution, de manière à priver de martyre l«is confesseurs de la foi (2 . Sainl Bilaire décril ensuite en détail tous les crimes de ce « loup vêtu de la peau de brebis », <|ni s'acharne contre l'Eglise orthodoxe.