‹ Histoire générale de la littérature du moyen age en occident; (volume 5)Chapitre 76 sur 353 · u va · texte numérisé non relu

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nnirr. Très sévère pour lui-même, il demeura pour les autn plein de douceur; affable el bienveillant, il fui toujours accessi ble à quiconque avail besoin de consolationou de conseil ; « il était, dil son biographe, gai avec ceux qui étaient «laus La joie, et il pleurait avec ceux qui versaient des larmes I . avec ceux Burtoul qui, se confessant à lui, déploraient leurs péchés. ('/était un vrai pasteur des âmes, et la pureté desoncœur,

son amabilité, sa connaissance des hommes, s expérience

des affaires et son sens pratique l'appelaient véritablement à ces hautes fonctions. Il s'appliqua aussi avec le plus grand /.«'le. ^>nus la direction du prêtre Simplicien, plus tard son successeur, à acquérir les connaissances théologiques nécessaires. Il étudia pii ne i paiement les pères grecs, Clément el I >ri gène, parmi les anciens, et. parmi ses contemporains, Didvme et saint Basile le Grand. C'est ce dernier qu'il prit aussi pourmodèlë dans le gouvernement de son Église. Les ouvrages du juif Philo n firent également l'objet de ses études 1rs plus assidues.

Son activité, comme pasteur et connue prédicateur, était extraordinaire; sa grande éloquence, bientôt célèbre au delà des frontières, secondait sa vocation de prédicateur; mais.il eut bientôt occasion de déployer un autre genre d'activité non moins important, son activité en tant qu'évèque. Il fallait protéger la foi de Nicée contre l'arianisme qui, même en < lecîdent, relevait toujours à nouveau Ja tête; il fallait achever *\r le déraciner, ainsi que les restes du paganisme, afin d'asseoir l'Eglise catholique sur un fondement plus solide. Avec cela, il aspirait à donner à cette Église, même en face du pouvoir civil le plus puissant, une indépendance complète au dehors el au dedans. Comme chrétien, l'empereur ne devait point avoir de privilèges. Or les conflits, presque toujours dangereux, dans Lesquels le jetèrent ces aspirations, qui paraissent justifiées non seulement si l'on se place au point de vue de saint Ainbroise,mais encore si l'on se met à celui de son époque (et c'est là qu'est la grandeur historique de cet homme), nous montrent toute la grandeur de son caractère. C'est une âme qui s'attache, avec une fidélité inébranlable, à ce qu'elle croit être le droit,

1. Paulinus, Vila A>>ibr., c. 39 ; cf. aussi August. Confess., VI, c. 3.

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qui le défend avec énergie, et qui le fuit triompher sans se préoccuper de la puissance et de la grandeur terrestres. Son courage et son sentiment du devoir se révèlent, d'une manière éclatante, après la mort de Gratien, qui lui était dévoué comme un fils. D'une part, il s'oppose à l'arianisme de l'impératrice Justine, régente et tutrice de Yalcntinien II; de l'autre, il accepte les missions les plus périlleuses pour s'opposer à l'usurpateur Maxime, et il le combat, malgré qu'il soit orthodoxe, dans l'intérêt même de Valentinien. Un tel homme devait accroître d'une façon extraordinaire, en Occident, le prestige de l'épiscopat; sa gloire est de ne l'avoir jamais mis lui-même au service d'une basse ambition, mais seulement aux ordres de l'humanité chrétienne. L'action épiscopale de saint Ambroise occupe une place capitale dans l'histoire ecclésiastique et politique de son époque ; aussi, en supposons-nous ici la connaissance. Nous reviendrons néanmoins, lorsque nous étudierons ses ouvrages, sur les points les plus saillants. Après avoir survécu à Valentinien II et à Théodose, qui lui était si étroitement attaché et qui fut pour l'Eglise catholique comme prince delà terre, ce qu'il était, lui, comme prêtre, il mourut le 4 avril 397.

Tandis que saint Hilaire accuse, comme nous l'avons vu, une direction d'esprit tournée vers l'idéal et les spéculations, et conforme à celle des Grecs, nous remarquons dans saint Ambroise une nature complètement romaine et orientée vers les questions pratiques et morales. Saint Hilaire est un penseur. Arrivé au christianisme par le chemin de la spéculation, c'est en philosophe qu'il pénètre dans le domaine de la littérature. Saint Ambroise est au contraire l'homme de la vie active ; le christianisme est l'héritage qu'il a reçu de ses parents ; dès sa plus tendre enfance, toute son éducation et son développement moral reposent sur le christianisme, comme sur une base solide à laquelle il restera inébranlablement attaché ; mais, grâce aux traditions de sa famille et à la position-importante que son père occupait dans l'Etat, la culture nationale et politique du Romain avait eu aussi sa part dans cette éducation morale. Son patriotisme plein de lier té peut imprimer la force et donner la dignité à son caractère, au milieu de tous les

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orages de la \ i * • . I.i. eo effet, Ambroise avait les sentiments des anciens Romains : seulement, ces sentiments avaient été ennoblis par le christianisme. Son éloquence était celle qu'avail eue le peuple romain : des tribunaux, il l'avail porté à l'église ''i c'est bien è elle, à coup sûr, qu'il étail redevable de son élection, si saint Bilaire est un dialecticien, >.ii n i Ambroise est avant toul un orateur. Ce n'esl pas sans raison qu'on l'a nommé un Gicéron chrétien : mais il avait un caractère singulièrement supérieur à celui du grand orateur de Rome. Srs ouvrages sont, en majeure partie, des discours, ou du moins ont pour point de départ uVs discours dont le nombre, 1res considérable, a lieu d'étonner chez un homme dont la \ ie fut si occupée.

Vu Gicéron chrétien manque aussi L'originalité de la pensée ; il fait fréquemment aux autres l'emprunt de la matière de ses livres, afin de les rendre adroitement accessibles au gros public ilf son temps et de sa nation. Le secret de l'action si étendue <le ses écrits doit aussi rire cherché dans le côté moral et populaire de son fécond talent d'écrivain : ce sont là le traits d'une nature éminemment romaine.

La plupart de ses écrits doivent leur origine à son activité comme prédicateur. Ils consistent en homélies qu'il a adresséi soit à toute sa paroisse, suit à une partie distincte du troupeau comme les catéchumènes ou les nouveaux baptisés; plusieurs cl entre elles ont même gardé, jusque dans le contexte, les formes de l'allocution, quoiqu'elles aient été publiées comme • les « livres. » C'est l'explication de la Bible et surtout de l' Ancien-Testament qui. en règle générale, l'ail la base de ces homélies. L'explication en est très diverse, tantôt paréné tique et tantôt allégorique. L'interprétation allégorique et mystique de l'école d'Alexandrie, telle que saint Bilaire l'avait introduite en Occident, n'y devint effectivement générale que par le> écrits de saint Ambroise. Ce dernier remonta souvent (i), lui aussi, à la source primitive, à lMiilon lui-même, et il transmit au moyen âge, qui regardail comme canoniques les œuvres de ce savant Père de l'Église, l'interprétation allé-

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