DIADEMA 3IONA0HOBUM. VIA REGIA
ment de la dîme et des prémices que le roi doit donner à Dieu, c'est-à-dire à l'Eglise (c. 12) : c'est ainsi qu'il doit s'amasser des trésors pour le ciel, ne point se vanter de ceux de la terre, mais s'humilier devant Dieu; c'est par là qu'il acquerra la paix. L'emper3ur doit se montrer zélé pour la maison de Dieu et redresser ce qu'il pourrait y avoir de défectueux dans TEglise (1). Il ]ui recomnicinde encore la douceur et l'engage, de plus, à donner de bons conseils. Enfin Smaragde passe (c. 21) aux fautes à éviter. L'org'ucil, qui précipita Satan, occupe la première place; la jalousie et Tenvie viennent ensuite : le remède centre la première est la bonté du cœur; contre la seconde, l'amour fraternel. De plus, le roi ne doit pas rendre le mal pour le mal; il faut qu'il maîtrise la colère, ne prête pas l'oreille à la flatterie et se garde de l'avarice et de l'amour des richesses. Il doit empêcher les juges d'exiger une rémunération pour rendre la justice (c. 28j, et faire en sorte que l'esclavage n'existe pas dans son royaume (c. 30) (2) ; chacun doit, d'après le commandement de Dieu, donner la liberté aux esclaves, en considérant que ce n'est pas la nature qui les lui a assujettis, mais bien le péché, car la création nous a tous faits égaux (3). Après une récapitulation rapide du contenu de l'ouvrage, l'auteur exhorte encore le roi à s'assurer, par la prière, de la protection et du secours divins. Ce livre se termine par une recommandation de la prière , telle qu'on la trouve au début du Diadème.
Les œuvres purement théologiques de Smaragde sont d'abord un volumineux commentaire sur les épitres et évangiles du dimanche ; dans la préface, il appelle ce livre. Liber comitis, sans doute parce qu'il doit être le compagnon du prè-
1. Si quid forte perversumin Ecclesia vicler's Christi, salage corrigere et emendare non cesses » (c. 18).
2. « Prohibe ergo, clementissime rex, ne in regno tuo capLivitas fîat. »
3. « Vere obedire débet homo Deo et ejus praeceptis, in quantum ille possibilitatem dederit, obedire : et inter aliapraecepta salutaria et opéra recta, propter nimiam illius charitatera unusquisque liberos débet dimittare servos, considerans quia non illi eos natura subegit, sed culpa; conditione enim aequaliter creati sumus. )> — En un mot, le roi doit honorer Dieu « en transformant les esclaves en hommes hbres » (ex iUis — c'est-à-dire, servis — liberos iaciendo}.
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Ire. C'est une compilation de plusieurs Pères de lÉglise, appuyée principalement sur l'explication allégorique. Vient ensuite un commentaire de la règle de saint Benoit; Smaragde le composa à la suite du synode d'Aix-la-Chapelle, tenu en 8J7, dans lequel la réfomie des monastères avait été décrétée. Les deux ouvrages sont agrémentés d'un prologue en vers; celui du premier, en hexamètres ; celui du deuxième, en distiques. Nous possédons de plus, de Smaragde, un h\Tnne au Christ, en tétramètres trochaîques catalecliques i|. Réduits en lignes courtes, indiquées par la rime assez fréquente, ces tétramètres forment des strophes de six vers.
1. Édité parHagens. Carmimi medii aeti, p. 93 sq. Tous les poèmes de Smaragde se troureot dans les Poetae laL^^ I, p. 605.