QUATUOR VKL QUINQUE IN FALSO, RETRO ALTARE
Hec est clan diesy daramm clan dienim, Hec est festa dies, festarum festa dierum , Nobile nobilium rutilans dladema dierum.
In fcdsoy en faux bourdon, opposé à in voce y à une voix, à Punisson. Nous avons déjà relevé un assez bon nombre d'erreurs commises à Tendroit des offices du moyen &ge et en particulier de celui-ci. Nous croyons utile de rapporter une bonne page de M. Aimé Chérest sur une inadvertance de Tabbé Lebeuf, dont M. Bourquelot nous oppose l'imposante autorité en cette occassion.
« Jusqu'ici , les archéologues qui ont étudié l'office de la Circoncision y paraissent avoir oublié que la musique y tient la place la plus importante. Aveuglés par leurs préventions, ceux-là mêmes qui ont fait du chant ecclésiastique l'objet d'immenses travaux ont négligé dédaigneusement cefui qu'ils avaient là sous leurs yeux : et, par exemple, Tabbé Lebeuf, trouvant dans notre Missel cette rubrique : Quatuor vel quinque in falso rétro altare, n'a pas reculé devant l'interprétation que voici :
« Après l'Alleluia, dit-il, suivait une seconde annonce de la fête par quatre ou cinq chantres à grosse voix postés derrière l'autel. Là, ils devaient chanter in falso (c'est l'expression du manuscrit) les deux vers suivants :
Haec est clan dies, clanrum clan dierum Haec est festa dies, festarum festa dierum.
ce Vous jugez assez jusqu'à quel point on pouvait pousser a^ns grande dépense une poésie de cette sublimité , et si la rubrique qui ordonnait de chanter faux était bien observée, comme il n'^n faut pas douter, je vous laisse à penser quel effet devait produire une teUe harmonie sur l'oreille des auditeurs. » {Mercure de Franccy 1726, page 2668.)
128 HISTOIRE GÉxéRALE DE LA MUSIQUE RELIGIEl^SE.
« Or, chanter faux ou chanter en faux-bourdon sont choses fort différentes , et la rubrique , sainement interprétée^ au lieu d'exciter, nos moqueries , doit nous servir de preuve qu'au xiii* siècle , on ne se contentait pas de la mélodie y mais qu'on cherchait à Tembellir par un accompagnement harmonique qu'on appelait, suivant sa nature, faux-bourdon, comme dans le passage qui nous occupe, ou bien organum, comme dans un autre passage du même office intitulé : Versiculus cum organo.
tt Mais qu'eût dit l'abbé Lebeuf s'il eût pu revivre de nos jours, et notamment le 3 novembre 1849. La magistrature frant^ise recevait alors une investiture nouvelle. C'était l'occasion d'une grande solennité religieuse dans la Sainte-Chapelle nouvellement restaurée. De nombreux musiciens se pressaient autour de l'autel. Une voix s'éleva parmi eux, la voix d'un de nos artistes les plus célèbres (M. Roger) , et ce qu'elle chantait , c'était précisément la strophe du Missel des Fous, hœc estclara dieSy clararum dura dierum. (Voyez nos Chants de la Sainte-Chapelle.)
tt L'abbé Lebeuf eût alors compris qu'une pareille musique n'était pas faite pour servir de jouet à des chantres grossiers, et qu'elle était digne de retentir sous les merveilleux arceaux de la Sainte- Chapelle. ))
Dans cette même cérémonie, on exécuta plusieurs autres chants empruntés à notre manuscrit. .
u La mélodie de la Prose est singulièrement remarquable par la grâce , et le refrain lui-même , qu'on a tant de fois représenté comme un cri barbare, forme dans le chant une terminaison aussi douce que simple. Quelque chose nous frappe encore plus dans ce morceau : c'est la tonalité qui est tout à fait moderne. C'est sa fraîcheur qui ferait supposer une composition terminée d'hier. Quand on isole les paroles de la musique , oui, la critique trouve une large prise. Mais, ne scindez pas : laissez l'œuvre dans son entier, telle qu'elle est sortie des mains de son auteur, et chantez cette Prose au milieu de nos fêtes religieuses , il ne restera place que pour l'étonnement et l'admiration. »
DBAME8 LITUBGIQUE8 DANS LES ÉGLISES. .129
Dvo vel ires in voce ante altare (f }.
Saive, fesU dies, toto YeneribiUs eTO, Qua Deus est ortus Yirginis ex utero.
Ce distique est imité des premiers vers d'une pièce fort remarquable composée par Fortunat, et que nous publierons dans Toffice de P&ques. Elle commence ainsi :
Salve, festa dies, toto venerabilis evo, Qua Deus inferaum Tîcit et astra tenet.
Choriales incipiant.
Leiemur gaudiis, quos redemitVerbum Patris a reatus laqueoprimi parentis^Dei Jussa sperneotis, arte hostis, beu ! quando, paradisum desereus, exul venit in exidales muDdi istius labores. Post humana proies omnis rueret, nisi bac in came Cbristus natus levaret, et primam coronam vestiret atque rursus in celum coHocaret.
Versus cum organo,
Cbristus manens quod erat, Terminaret in etemum,
Assumpsit quod non erat; Et ereptos Jugo mortis
Sine fine principium, Nos ad dextram Dei patris
Finem sunipsit spontaneum, GoUocaret in celum. Ut per mortem mortis regnum
ANTIPHONA. • ANTIPHONA.
Vbrgo bodie fidelis. Virgo verbo concepit.
Ps. Dixit Dominus, euouae. Ps. Gonfitebor, euouae.
Ces antiennes, comme toutes celles qui ne sont indiquées que par les premiers mots, se trouvaient dans TAntiphonaire. On a jugé inutile de les donner en entier.
ANTIPHONA. ANTIPHONA.
Nescîens mater. Virgo Dei genitrix.
Ps, Beatus vir, euouae. Ps. De profundis, euouae.
ANTIPHONA.
Hodie intacta Virgo.
Ps, Mémento, euouae.
(1) Voyei nos Carmina e poeUs christianis excerpta, page 330.
HISTOIBE GÉNÉBALE DE LA MUSIQUE RELIGIEUSE.
* CAPITULUH.
Popolus gentium, qui ambnlabat in tenebris, vidit lucem magnam. Habitantibus in regione umbre mortis lux oita est eis. Deo gratias«
Resp. Descendit de celis missus ab arce Patris, introivit per aurem virginis in «egionem nostram.
Versus. Tanquam sponsus.
Resp. Indutus stolam purpuream.
Vers. Dominus procedens.
Resp. Et ezivit per auream portam.
Vers. De thalamo suo. ^
Jiesp. Lux et decus universe.
CUH PR08A.
Fac, DeoSy munda corpora nostra et animas die ista, ut tua protecti dextra, collau* <lemQ8 auctorem fabrice mundi.
Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto. Resp, Lux et decus universe.
CUH PROSA.
Familiam custodi, Ghriste, tuam, quant, natus aima de Maria, redemisti morte tua, et cognoscant te esse conditorem fabrice mundi. Resp. Descendit.