QUATRIÈME SÉQUENCE
Aile céleste necnon et perhenne luia.
Die paraplionista cum mera symphonia.
Tuba et canora pallidonia canta.
Nam omnis usia hanc Christi genilricem die ista.
Congandet exortam per quam sibi sublatam capit vitam.
Davidica stirpe sata Davidis ad sceptra est regenda proie fecundata.
Nec gravidata viscera sunt tamen per ulla patris membra sed ex fide sola.
Ab arce summa augelus astat : Maria, inquit, aima,
Ave plena gratia summa et benedicta feminas inter omnes paritura regem qni dira
mortis vincula damnabit nunc cum potentia. Suum plasma solvens sponte sua atque beatam donans vitam, fit mox puella verbis
credula, Et puerpera stupet et casta.
Natum gestans speciosum forma regentem cuncta orbis régna. Haec est virga non irrigata sed Dei gratia (lorigera. Haec est sola cunctarum hera materna obscuranspiacula. Velut rosa decorans spineta, sic quod laedat nil habet Maria. Virgo Eva quod atlulit prima Christi sponsa effugat Maria. O virgo sola mater casta nostra crimina solve dans régna quels beata régnant ag-
mina.
Potes enim cuncta ut mundi regina et vira. Resonemus cantica atque leti cum Christo regnemus in secula.
Cette Séquence, que les éditeurs des hymnaires ont laissée dans
DRAMES LITL'RGIQUES DANS LES ÉGLISES. 283
Fombre, offre Tiotérèt qu'on attache volontiers à un ancien monument littéraire , antérieur aux règles de la versification adoptées plus tard, et ne se distinguant de la prose ordinaire que par de fréquentes assonances et un mouvement général lyrique; cette pièce se trouve notée sur une mélodie assez variée et dont les phrases sont terminées par la cadence familière aux compositeurs du xii'' siècle. La division du mot «alléluia » qui encadre le premier vers se remarque dans quelques autres Séquences. C'est le même principe qui a fait partager le « Benedicamus Domino » et le ttDeo gratias» et intercaler une paraphrase entre les deux mots. On peut en voir des exemples dans le drame des trois Marie et dans l'office de la Circoncision.
L'emploi des instruments est constaté par ce texte et non-seulement le poète réclame un accompagnement symphonique, mais encore la trompette et un autre instrument retentissant. Cet autre instrument , quel est-il?
Notre savant et distingué confrère en archéologie, M. de Coussemaker, n'a pas fait mention de la pallidonia dans la récente nomenclature des instruments de musique du moyen âge dont il va publier l'histoire détaillée , après en avoir donné quelques prémices aux Annales archéologiques de M. Didron. M. de Coussemaker annonce que la troisième partie de son ouvrage contiendra un chapitre destiné aux instruments, dont les noms sont connus et les figures inconnues. Peut-être y verrons-nous figurer cette mystérieuse pallidonia. Nous avons copié exactement le manuscrit. Le mot palinodia s'est présenté à notre esprit; mais nous )i' avons pas voulu l'adopter sans faire nos réserves (1).
(1) Ducange, Gloss. med. et infim. latinitatis. <c Palinodia Dei, sic canticum, 7a Peum laudamus vulgo S. Augustino adscriptum vocat abbo Floriac. in Epist. ad monachos anglos apud Mabill. tom. 4 Annal, pag. 30, laudata, ubi idem canticum S. Hilario Pictaviensi episcopo tribuit. Laurentio in Amellh. Palinodia est iter reci" procum. Item recantatio seu rétractation contrarius cantus. Unde patet vocisorigo, quod scilicet canticum illud divisis choris soleat decantari.
» De quovis cantico diclum fuisse coUigitur ex sequentia in Missali Ms. an. cire. 400. S. Joan. in Valle : Voxpsallat dulcis ac mera cleri canenti8.\. œterni sonoras régis Pallinodias, »