‹ Histoire génerale de la Société des missions-étrangèresChapitre 139 sur 218 · Chnp · texte numérisé non relu

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i. Chnp. 12.

DES MISSIONS-ÉTBANGÈRES

tration des biens de la Société, qui incombait au Sémi* naire, sous le contrôle des Vicaires apostoliques; les directeurs nommaient tous les trois ans celui d'entre eux qui devait être chargé d'exécuter les décisions qu'ils prenaient sous ce rapport.

Les biens des Missions étaient distincts de ceux du Séminaire, cependant il était spécifié que les Missions aideraient le Séminaire, si celui-ci venait à manquer de ressources. Ils devaient être employés pour : 1® rétablissement et la subsistance des Vicaires apostoliques, qui recevaient 600 fr, par an ; celle de leurs missionnaires auxquels on allouait 300 fr. ; 2® les frais de voyage ; 3® les pertes et les faux frais ; 4® Tentretien du Séminaire de Paris; 5** la formation et l'entretien du clergé indigène; 6® les dépenses des procures soit à Rome, soit en Extrême-Orient.

Tels sont les principaux points de ce règlement où la simplicité s'allie à la grandeur, le respect de l'autorité au maintien de la liberté individuelle, les conseils de la perfection religieuse aux préceptes de la vie apostolique et aux pratiques du clergé séculier.

Les directeurs du Séminaire et les quatre missionnaires qui travaillaient avec eux pouvaient avoir des lumières suffisantes pour rédiger cette constitution, ils n'avaient aucun pouvoir pour l'arrêter définitivement et la faire exécuter. 11 était nécessaire de la soumettre aux Vicaires apostoliques et à leurs missionnaires, qui donneraient leurs votes, feraient leurs observations et jugeraient de l'opportunité de son application, c'est ce qui eut lieu ; les pourparlere furent longs, parfois difficiles; néanmoins, même avant d'être promulgué, ce règlement fut pratiquement suivi.

On a pu remarquer que le règlement générai ne s'occupe pas de Torganisation des Missions, sauf en un ou deux points importants, par exemple Tinstitut ion dos grands et des petits séminaires. Les Missions, en effet, ont une vie en grande partie indépendante de celle de la Société, c'est pourquoi leurs règlements sont spéciaux tels que le comportent les peuples et les circonstances : ils se sont faits peu à peu, selon que le permettaient la tranquillité, les travaux, le nombre des prêtres, et la facilité qu'ils avaient de se réunir.

Les Mon lia rédigés en 1665 avaient indiqué les lîgnp> générales de conduite.

Du synode de Dinh-lien, tenu en 1670, sortit la discipline particulière de la Cochinchine, dont les articles principaux furent adoptés au Tonkin, lors du premier voyage de Mgr de la Motte Lambert. En 1803, le synode du Su-tchuen traça aux missionnaires de la Société en Chine des règles admirables. En 1844, le Vicariat de Pondichéry, alors uni au Coîmbatour et au Maïssour tint le synode de Pondichéry, qui détermina un certain nombre d'excellentes mesures administratives. Nous parlerons en leur temps de ces assemblées et de leur> décisions, réservant toutefois d'en faire une étude complète dans l'histoire de ces missions.

Mais dès maintenant, il nous parait bon d'exposer après le règlement général de la Société, le règlement particulier du Séminaire, c'est-à-dire de la maison-mère, du noviciat où se forment les jeunes ecclésiastiques aspirant & l'apostolat.

Pour connaître une plante, il faut examiner ses pacine> et analyser les sucs nourriciers de sa sève. Lorsque nous saurons l'organisation du Séminaire, sa discipHue, ses

enseignements, son esprit, nous comprendrons mieux le caractère des missionnaires et la façon dont ils peu* vent agir en tant que membres de la Société et en tant qu'ouvriers apostoliques.

Le règlement du Séminaire fut rédigé de 1700 à 1720, après avoir été mis en pratique pendant près de soixante ans. Notons d'abord que l'établissement est soumis à la juridiction immédiate de l'archevêque de Paris ; mais il se gouverne selon ses règles propres approuvées par le chef du diocèse

Le règlement débute ainsi: « La raison de l'institution du Séminaire est l'établissement solide de la religion chrétienne parmi les nations privées de la foi *. »

Son esprit « n'est rien moins qu'une participation à Tesprit apostolique, dont l'un des caractères est une ardente charité et un grand zèle pour le salut des âmes que les ténèbres de l'infidélité rendent dignes de la plus profonde compassion.

« Un autre caractère de cet esprit, c'est le détachement et le désintéressement : étant impossible qu'un homme attaché aux biens, aux lieux, aux personnes, et trop touché de ses intérêts personnels soit apte au royaume de Dieu et par conséquent à une œuvre qui est uniquement destinée à rétablir.

« Le dernier caractère, c'est le courage, parce que plus l'ouvrage des missionnaires est d'une grande étendue et d'une grande excellence, plus ils doivent s'attendre d'y trouver des conti'adictions et des obstacles . *»

Le gouvernement du Séminaire appartient, nous l'avons dit, k des prêtres de la Société appelés directeurs. Au commencement du xvin* siècle, leur nombre était de cinq à sept. Us se divisaient en deux classes, auxquelles, d'à-

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