Annal. de La Prop. de la Foi, vol 1., cah. 5, p
2. Nous disons diocèses, parce que, Comme nous le verrons plus tard, certaines missions de Ja Société ont été érigées en diocèses et en archidiocèses,
riats apostoliques, et spécialement à Pondichéry, cette mesure est dépassée. Depuis 1869, tous les prêtres de cette mission célèbrent la messe, le 1°" dimanche de chaque mois, pour les associés de la Propagation de la Foi et pour la conversion des infidèles, unissant ainsi dans leurs prières ceux qu'ils viennent secourir et ceux qui leur fournissent des ressources 1.
La première année, le total des sommes recueillies s'élèva à 42,960 fr. 47, sur lesquels on donna 12,200 à la Société des Missions-Étrangères. Cette somme fut répartie entre les missions du Su-tchuen, du Tonkin, de la Cochinchine, de Siam, et le collège de Pinang, de la manière suivante :
2,800 fr. pour le Su-tchuen ;
3,000 fr. pour le Tonkin;
3,000 fr. pour la Cochinchine ;
1,400 fr. pour Siam ;
2,000 fr. pour le collège de Pinang.
Les secours accordés à la Société augmentèrent en proportion de l'accroissement des recettes; en 1825, ils furent de 34,000 fr. sur lesquels 3,800 furent assignés au Su-tchuen; 4,300 au Tonkin ; 3,800 à la Cochinchine ; 1,900 à Siam ; 1,000 à Pondichéry ; 4,000 au collège de Pinang. Les 15,200 francs restants furent employés partie à Paris, partie à Macao pour les frais de voyage des missionnaires, et pour les dépenses générales de la Société.
Ces allocations varient chaque année suivant le mou-
1. La nouvelle œuvre, cependant, rencontrait quelques épines sous ses pas. A la Chambre des députés, plusieurs membres de l'opposition l'attaquèrent comme une société secrète, et surtout comme entachée de Jésuitisme. Dans la séance du 25 mai 1826, Mgr Frayssinous dut défendre la Propagation de la Foi, et montrer qu'elle n'avait ni un but occulte, ni une organisation contraire aux droits de l'Etat, et que si saint Françios Xavier en était le patron, c'était à cause de son zèle, et non de sa qualité de Jésuite.
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vement de hausse ou de baisse des recettes. Sur ces allocations, d’après le règlement de la Société, 1,320 fr. sont donnés aux évêques, Vicaires apostoliques et coad- Juteurs, 1,100 aux supérieurs non évêques et 660 fr. à chaque missionnaire.
En même temps qu'elle s'établissait, l'OEuvre fondait un organe de publicité, les Annales de la Propagation de la Foi, qai allaient répandre à travers le monde la connaissance des travaux, des fatigues, des périls et des succès des ouvriers apostoliques, apprendre aux lettrés aussi bien qu'aux ignorants, les mœurs et les coutumes de contrées à cette époque entièrement inconnues, établir cette correspondance de toute la catholicité, qui intéresse jusqu'au dernier des fidèles, et les fait en quelque sorte concourir à l'accomplissement du plan divin. Elles furent d'abord publiées sous ce titre : Nouvelles des Missions : puis, Annales de l'association de la Propagation de la Foi, avec cette indication : Co/lection faisant suite à toutes éditions des Lettres édifiantes.
Les premiers volumes renfermerent principalement des nouvelles envoyées par les prêtres de la Société et des aperçus générauxsur les missions, tracés avecbeaucoup de clarté par M. Langlois. Cette très large place faite à la Société se comprend aisément, puisque les Congrégations apostoliques étaient encore très rares, et que les Missions-Étrangères, à cette époque comme aujourd'hui, étaient chargées du plus grand nombre des Vicuriats.
La presse catholique fit bon accueil à ce combattant nouveau, qui venait de si loin apporter l'appui de sa force et de ses armes à la civilisation et à l'Église. « Il offrira, à tous ceux qui se plaisent aux lectures utiles, un intérêt sérieux et cependant varié, écrivait la Quotidienne. I appelle les regards sur le spectacle de la propagation de la religion chrétienne par toute la terre, et nous fait
assister en quelque sorte à cette prise de possession, qu'elle exécute chaque jour, de l'empire universel qui lui a été promis, et auquel elle arrive par des progrès et des vicissitudes si dignes d'admiration
«.....Nous voudrions pouvoir citer quelques passages de ces lettres. La variété des matières qu'elles traitent, et des objets qu'elles font passer sous les yeux rend leur lecture intéressante et utile pour toute classe de personnes. Indépendamment du grand intérêt de la propagation de la Foi dans l'univers, elles offrent une foule d’apercçus sur la géographie, l'administration intérieure, les mœurs et usages, les ressources politiques et commerciales des diverses régions qui y sont passées en revue. Cette instructive variété doit leur assurer plus d'un genre de succès. » Des Annales de la Propagation de la Foi, écrivait la Gazette de France, on peut répéter ce qu'Aimé Martin disait des Lettres édifiantes : « C'est un ouvrage sans modèle parmi les anciens, unique parmi les modernes, où se trouvent réunis les prodiges de la Foi, les actes des Martyrs, la science des naturalistes, la majesté des idées religieuses aux tableaux les plus sublimes et les plus frais de la nature. »
Soixante-douze ans ont passé sur cette belle œuvre de la Propagation de la Foi, et chaque année à apporté des preuves nouvelles de la solidité de son organisation, du zèle et de l'habileté de ses conseils et de sa merveilleuse utilité. Elle est certainement un des moyens les plus efficaces dont la Providence se soit servi pour le développement des Missions en notre siècle.
Elle à permis de fonder des centaines de nouvelles églises, d'envoyer sur toutes les plages du monde des milliers de prêtres, d’établirdes milliersde séminaires, de collèges, d'écoles, d'hôpitaux, d'orphelinats, de tripler, et même en certaines contrées de décupler le nombre des néophytes. Ce qu'elle a si grandement contribué à
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commencer, elle continuera à le maintenir et à le développer, et tous ceux qui ont souci du salut des âmes ne sauraient assez demander à Dieu sa conservation et son accroissement, dont dépendent les victoires de l'Évangile. Assurément, les secours qu'elle accorde aux ouvriers apostoliques sont loin de pouvoir être comparés à ceux que le protestantisme recoit des sociétés bibliques : mais le missionnaire catholique fait profession de vivre dans la pauvreté et la chasteté; il lui faut bien peu pour ses besoins personnels, et si parfois il tend la main, implorant à haute voix la charité, c'est qu'il songe à l’abondante moisson que cet or lui aiderait à recueillir. En même temps que grâce à la Propagation de la Foi, elle voyait accroitre ses ressources, la Société des Missions-Étrangères reformait ses rangs. En 6 années, de 1824 à 1830, elle envoya 39 missionnaires en Extrême- Orient. Bientôt les persécutions sanglantes de la Cochinchine, du Tonkin, de la Corée retentirent en Europe. Au récit des souffrances et des triomphes des martyrs, de nobles cœurs tressaillirent d'enthousiasme et d'envie : il leur sembla si beau et surtout si bon de donner jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour Jésus, leur Roi, leur Dieu, le Crucifié du Calvaire; ils vinrent nombreux et vaillants, et, par leur zèle, donnèrent à la Société une prospérité plus haute que dans les siècles précédents.
Avant d'aborder cette période qui n'est pas la moins belle de notre histoire, nous devons dire quelques mots des travaux des directeurs pour affermir et achever l’organisation de la Société. IL ne s'agissait pas de refaire son règlement, mais simplement de préciser quelques points restés dans le vague et, comme le disaient les
directeurs dans le procès-verbal d'un conseil tenu le 14 janvier1823, « de lerendre conforme aux Lettres patentes de 1775 , en ce qui concerne l'administration des affaires générales et du temporel, au règlement de 1716 et aux anciens usages constamment observés, pour ce qui regarde la conduite et la police intérieure. »
En 1826, la plus grande partie de ce règlement fut soumise aux évêques et aux prêtres de la Société qui émirent leurs réflexions sur les différents articles et les adressèrent aux directeurs du Séminaire : ceux-ci les étudièrent, les comparèrent et inserivirent dans le règlement tout ce qui était compatible avec les traditions et l'ancienne organisation de la Société.
Ils se montrèrent aussi empressés à perfectionner leur recrutement. Pendant le xvu® et le xvnr° siècle, les directeurs se recrutaient quelquefois parmi les prètres de la Société plus souvent dans le clergé de France. Ce mode, nécessaire au début, avait le grand inconvénient de faire entrer dans l'administration supérieure de la Société des hommes qui n'avaient pas été formés par elle et ne connaissaient pas les missions.
À partir des Lettres patentes de 1775, il s'était modifié par l'adjonction des directeurs procureurs. M. Langlois, supérieur du Séminaire de 1823 à 1836, jugea avec ralson qu'il était meilleur de n'avoir que des directeurs pris dans le sein même de la Société; M. Dubois qui lui succéda de 1836 à 1839 poursuivit le même dessein. Les missions ne possédaient pas encore beaucoup de prètres, etilétait difficile de leur demander de se priver de quelques-uns de leurs ouvriers déjà expérimentés, pour les envoyer au Séminaire. Afin de leur épargner ce sacrifice, les directeurs choisirent quelques jeunes prètres, aspirants aux Missions. M. Voisin! fut le premier,en 1823,
1. Du diocèse d'Annecy, parti en 1824, directeur en 1834, mort en 1877.
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mais son extrême désir de se consacrer à l’apostolat le fit partir pour la Chine l’année suivante, et il fut remplacé en 1825 par M. Barrant, qui, lui non plus, n'avait pas quitté le Séminaire. Lorsque les missionnaires furent plus nombreux, plusieurs d’entre eux furent appelés à la direction du Séminaire : en 1830 le procureur Baroudel ?: en 1833, M. Tesson, missionnaire de Pondichéry; en 1837, M. Jurinest, missionnaire de Siam. Également en 1823, les directeurs demandèrent la confirmation des Lettres patentes accordées par Louis XVIen 1775, « afin, disaient-ils, de prévenir le retour de certains abus, des contestations et même des procès, auxquels ces Lettres patentes remédient, et de garantir la jouissance des grands avantages qu'elles procurent à l'association des Missions-Étrangères. » Le 15 octobre suivant, Louis XVII fit droit à cette requête et rendit l'ordonnance suivante :
« LOUIS, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, SALUT.
« Vu notre ordonnance du 2 mars 1815, qui rétablit la Congrégation des Missions-Étrangères, rue du Bac, à
Paris ; « Sur Le rapport de notre ministre secrétaire d’ État au
département de l'intérieur, notre conseil d'État entendu :
nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :