LXXXIV. — Dédicace de l'église de Lodève
Fulcrand , évêque de Lodève, après avoir fait rebâtir ou entièrement réparer son église cathédrale, en fit aussi la dédicace^ avec beaucoup de solennité. Il fut assisté dans cette cérémonie, qui se fit au mois d'octobre de l'an 975 , par Aymeri, archevêque de Narbonne, son métropolitain, Ricuin, évêque de Maguelonne, 5c Deusdedit, évêque de Rodez, qu'il y avoit invités. Il donna alors, selon l'usage, à cette église, divers domaines de son patrimoine, & régla depuis, par son testament, la part que dévoient avoir à cette donation les chanoines S<. les prêtres qui desserviroient les autels qui furent consacrés en cette occasion.
LXXXV. — Origine de la ville & des seigneurs de Montpellier. — Comtes de
Substantion i/ de Melgueil.
Suivant Arnaud de Verdale, évêque de Maguelonne, qui a écrit au milieu du quatorzième siècle ^ l'histoire de ses prédécesseurs, deux sœurs de Fulcrand eurent en partage les lieux de Montpellier Se de Montpellieret, qu'elles donnèrent à l'église de Maguelonne en la personne de Ricuin qui en étoit évêque. Cet auteur ajoute que, peu de temps après, Ricuin donna Montpellier en fief à un seigneur du pays, appelé Gui, qui étoit alors en guerre avec le comte de Melgueil ou de Mauguio au sujet de ses terres. Quoique cet écrivain ne rapporte ni la donation des sœurs de S. Fulcrand, ni l'inféodation faite par Ricuin, il paroît cependant qu'il en avoit vu les actes. Nous trouvons donc ici l'origine de Montpellier Se des seigneurs de cette ville, aujourd'hui la seconde de la Province Se l'une des plus considérables du royaume; Se en effet nous verrons dans la suite que ces seigneurs la tenoient en fief des évêques de Maguelonne.
Selon le même historien , les sœurs de S. Fulcrand possédoient auparavant en alleu les lieux de Montpellier Se de Montpellieret ; elles les avoient eus sans doute de la succession de leur mère , qu'on prétend être fille d'un comte de Substantion ou de Melgueil, auquel, par conséquent, ces lieux avoient appartenu originairement. C'est ce qui paroît d'ailleurs par un acte "^ de l'an 985, suivant lequel Bernard, comte de Melgueil ou de Substantion, Se Senegonde, sa femme, donnent à un seigneur, nommé Guillaume j deux habitations {man-
Asinarius, vicomte de Soûle, & Aton , comte de =" Vita 5. fuZcrawn/, Bollandistes, fév. t. 2, p. 712
Ribagorça, sont des personnages fictifs. [E. M.] & suiv.
^ Marco. Hispanica, p. 910 & seq. — Voyez ^ h3.hhe, Bihl. nova manusc. i. i, p. 794.