‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 139 sur 227 · XCVIII. — Concile de Cuxa en Rous sillon · texte numérisé non relu

XCVIII. — Concile de Cuxa en Rous sillon

On prétend' qu'Etienne, évêque de Béziers, qui présida à l'assemblée dont on vient de parler, possédoit encore cet évêché en io36 5 mais il y a de la difficulté, car on trouve un Bernard, évêque de cette ville, qui souscrivit^ le 28 de juin de l'an io35 au concile que Guifred, archevêque de Narbonne, tint alors dans l'abbaye de Cuxa en Roussillon, Se auquel assistèrent les évêques Bernard de Toulouse^, Pierre de Girone, Arnaud de Comminges, Arnaud de Maguelonne, piiba d'Ausone, Bernard de Conserans, Béranger d'Elne Se un évêque nommé Bernard, dont le nom du siège est effacé dans les actes. On croit "^ que ce dernier est le même que Bernard, évêque de Béziers, dont le nom paroît dans les souscriptions 5 mais il peut avoir souscrit dans la suite avec plusieurs autres évêques ou qui étoient absens, ou qui n'étoient pas encore élus, tels que Guillabert de Barcelone, Etienne d'Agde , Amélius d'Albi Se Guillaume de Comminges, dont on voit les noms dans les souscriptions. Quoi qu'il en soit, les évêques qui assistèrent au concile de Cuxa confirmèrent cette abbaye dans la possession de l'église de Notre-Dame de Trémesaigues, située entre le Lhers Se l'Ariége dans le diocèse de Toulouse, qui lui avoit été donnée auparavant. Ils en prescrivirent les limites Se en firent un lieu d'immunité Se de sauvegarde. Au reste, il est certain que Bernard étoit évêque de Béziers en 1048^ : il faut donc reculer^ l'épiscopat de Béranger, son successeur, qu'on fait en ce temps-là évêque de la même ville, mais qui ne l'étoit certainement qu'en io5o.

XCIX. — Rétablissement de la ville i/^du siège épiscopal de Maguelonne.

Arnaud, évêque de Maguelonne"^, avoit succédé depuis quelques années à Pierre de Melgueil ou de Substantion, son prédécesseur immédiat, qui étoit déjà

' Andoque, Histoire de Béliers, p. 64. ^ Voyez tome IV, Note XIX, n. 9.

' Mabillon, Je Re diplomatie a, p. 61 5. — Annal. ^ Baluze, Marca Hispanica, p. 488 & secj.

t. 4, p. 73o & seq. & ad ann. io35, n. 58. — ' Ibid. p. 442.

Baluze, Marca Hispanica, p. 488 & seq. — Voyez '' Voyez tome IV, Note XXX.

tomelV, ?/o£e XXX. ^ Uid.

An 1034

An io35

décédé en io3o. Il fut ' à peine élu qu'il forma le dessein de rebâtir l'ancienne ville de Maguelonne, laquelle à la réserve de la cathédrale qui s'y étoit conservée, & qu'on faisoit desservir par quelques chapelains, étoit demeurée ensevelie sous ses ruines, depuis que Charles Martel l'avoit détruite en 787. Il résolut en même temps d'y rétablir son siège, qui avoit été transféré à Substantion, lieu dont il ne reste aujourd'hui que les vestiges, à une lieue ou environ de Montpellier vers le nord. L'état pitoyable où il voyoit le domaine de son église, que les seigneurs du voisinage avoient envahi pour la plus grande partie, ne fut pas capable de l'arrêter. Il fit un voyage à Rome, où, ayant exposé son dessein & ses besoins au pape Jean XIX, il obtint une bulle par laquelle ce pontife exhorte les fidèles de seconder les bonnes intentions d'Arnaud, avec ordre à tous les évêques qui en seroient priés par ce prélat, de confirmer la uiip'fyi niême bulle j ce qu'ils firent au nombre de quatorze, entre autres Raimond de Mende & Déodat de Cahors : ainsi cette bulle est antérieure à l'an io33 que Jean XIX décéda, & postérieure à l'an 1028 que Déodat commença de siéger à Cahors.

Arnaud, de retour dans son diocèse & soutenu du secours de plusieurs personnes de piété, fit construire des maisons dans l'île de Maguelonne, les ceirnit de murs &. de tours, &. fonda une nouvelle ville qu'il alla habiter avec ses chanoines trois cents ans après la destruction de l'ancienne, Se par conséquent en 1087. Pour mettre l'île à couvert des insultes des Sarrasins qui infestoient souvent la côte, il fit combler un petit port, à la faveur duquel ils pouvoient y aborder. Se il en fit ouvrir un autre du côté de la terre ferme, où il fit construire un pont de communication. Il travailla ensuite à réparer la cathédrale dont il fit faire la dédicace avec beaucoup de solennité quelques années après. Ce prélat doit donc être regardé comme le restaurateur ou le second fondateur de la ville de Maguelonne, qui subsista jusques en i536, que l'évêché ayant été transféré à Montpellier, elle s'est depuis entièrement détruite 5 en sorte qu'il n'y reste plus qu'une ferme, avec l'ancienne cathédrale de Saint-Pierre qui est encore en son entier, & où un chapelain va célébrer la messe les dimanches & les fêtes ^.

Un moderne prétend ^ qu'Arnaud, en faisant creuser les fondemens pour le rétablissement de cette église, trouva entre autres deux inscriptions, l'une grecque &. l'autre latine qu'il rapporte 5 mais Arnaud de Verdale, évêque de Maguelonne, qui a écrit dans le quatorzième siècle l'histoire de ses prédécesseurs, ne dit rien de cette circonstance, &: il n'est pas difficile de s'apercevoir que ces deux inscriptions ont été fabriquées à plaisir, de même que plusieurs autres dont cet auteur, amateur des fables, a farci son ouvrage.

' Arnaud de Verdale, de Ep'nc. Magal. — Labbe, la reconstitution du chapitre par cet évêque, l'ou-

B'thl. nova, t. I, p. 796 & seq. — Gariel , Séries vrage déjà cité de M. A. Germain : Maguelone

praesulum Magal. p. 79, z'' édit. sous ses éyéques & ses chanoines. Montpellier, 1869;

' Voyez, sur la reconstruction de Maguelonne, i vol. in-4°. [E. M.] la dédicace de son église par l'évéque Arnaud & ' Gariel, Séries praesulum Magal. p. 79, z" édit.

An looj

C. — Mort de Bérangerj comte de Barcelone. — Conciles de Gîrone

6* d'Ausone.

Arnaud, évêque de Maguelonne, assista ' le 21 de septembre de l'an io38, avec Guifred, archevêque de Narbonne, Raimbaud, archevêque d'Arles, & les évêques Oliba d'Ausone, Héribald d'Urgel, Bernard de Conserans, Guillabert de Barcelone, Béranger d'Elne &c Guifred de Carcassonne, à la dédicace de l'église cathédrale de Girone, qu'Ermessinde de Carcassonne, comtesse de Barcelone, le comte Raimond, son petit-fils, & Pierre, évêque de Girone, jon /rère, avoient fait bâtir de nouveau , qu'ils dotèrent richement 6c où ils établirent la vie commune parmi les chanoines. Cette princesse avoit repris le gouvernement du comté de Barcelone depuis la mort de son fils Béranger, surnommé le Courbé, tué ^ en io35, dans un combat donné en Cerdagne, où il avoit peutêtre entrepris la guerre contre Guifred, comte de ce pays. Béranger laissa deux fils de Sancia sa première femme, savoir-: Raimond qui lui succéda dans le comté de Barcelone &(. ses autres domaines, sous la tutelle d'Ermessinde, son aïeule. Se Sanche, moine de Saint-Pons de Thomières dans le diocèse de Narbonne. Ce dernier devint ensuite prieur de Saint-Benoît de Bages, monastère situé près de Manrèse, lequel dépendoit alors de cette abbaye. Béranger, comte de Barcelone, eut encore de Guisle, sa seconde épouse, un autre fils nommé Guillaume, qui fut comte de Manrèse, On voit, parce que nous venons de rapporter, que l'église de Girone est redevable de sa fondation à la libéralité de la maison de Carcassonne. La comtesse Ermessinde y donna ^ alors, entre autres, trois cents onces d^or pour construire une table.

Nous remarquerons ici par occasion qu'il est marqué dans les actes de cette dédicace, qui fut faite par Guifred, archevêque de Narbonne, que ce prélat étoit de la race royale, termes qu'un auteur "^ moderne applique à Oliba, évêque d'Ausone, oncle paternel du même Guifred j ce qui revient au même, & confirme ce que nous avons dit ailleurs ^ de la descendance commune des comtes de Barcelone, de la famille desquels étoient ces deux prélats, avec S. Guillaume, duc de Toulouse Se fondateur de l'abbaye de Gellone, qui étoit certainement de la race de Charlemagne. Au reste, les évêques qui assistèrent à la dédicace de l'église de Girone s'étoient trouvés ^ peu de temps auparavant à celle de l'église d'Ausone, qui se fit le i^"" de septembre de la même année.

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