LXXIX. — Vicomtes de Toulouse &> de Brunîquel
Entre les donations que reçut l'abbaye de Moissac sous le gouvernement de Hunaud de Béarn, son abbé, l'une des plus remarquables est celle'* que lui firent en 1074 les vicomtes Artman 6» Adhémar, 6* Pons, leur jrère, de l'église de Saint-Saturnin de Siurac, en Querci, sur la rivière d'Aveyron, qu'ils possé-
■ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- 'Voyez tome V, Chartes & Diplôme», nu-
méro CCXLVI. méro CCLVUI.
' Marca Hispanica, p. 460 & 1 i63. * Ih'td. n. CCLIX.
An 1074
An 1074
38o HISTOIRE GENERALE DE LANGUEDOC. LIV. XIV.
t. Il, p. 23o.
doient par droit héréditaire. Lacté est souscrit par Raimond-Adhémar, frère des donateurs Se Guillaume, fils du vicomte Adhémar. Comme celui-ci prenoit ' indifféremment la qualité de vicomte de Toulouse 5c de Bruniquel, château du Querci situé vers les frontières du Toulousain & de l'Albigeois, nous ne doutons pas qu'il ne descendît d'un autre Adhémar, vicomte de Toulouse, lequel^ vivoit en g6i. Il fut donc le troisième vicomte de cette ville de son nom, car il étoit^ fils d'un autre vicomte appelé Adhémar, mort vers l'an io5o. Il paroît que le vicomte Artman, son frère, étoit son aîné. Ces deux vicomtes, qui possédèrent leur domaine par indivis, fondèrent"^ conjointement en io83 Éd. origin. un prieuré auprès de leur château de Bruniquel, entre les rivières de Vère 6d'Aveyron, sous la dépendance de l'abbave de Moissac, 8c permirent en même temps à leurs vassaux de disposer de leurs fiefs en faveur des religieux de ce prieuré.
Le vicomte Adhémar III 8c son fils Guillaume se qualifient^ princes de la province de Cahors, dans la fondation qu'ils firent en logo, par le conseil de Guillaume, comte de Toulouse, du prieuré de Saint-Gilles de Négrepelisse en Querci, uni aujourd'hui à l'abbaye de Saint-Marcel fondée par les descendans de ce vicomte. Il eut plusieurs fils de sa femme dont on ignore le nomj elle vivoit encore en 1098 lorsqu'il s'accorda '^ avec Ansquetil , abbé de Moissac, au sujet de la même église de Siurac. Adhémar III prend la qualité de vicomte de Toulouse dans un acte^ par lequel il fit, à l'article de la mort, une restitution vers l'an 1098 à l'abbaye de Moissac.
Guillaume, son fils, lui succéda sans doute dans la vicomte de Toulouse 8, quoiqu'il ne prît, ce semble, que la qualité de vicomte de Montclar, château situé sur les frontières du Querci, à deux lieues de Bruniquel vers le midi. Il eut un fils de son nom qui lui succéda dans la vicomte de Montclar 8c prit le surnom de Toulouse. Celui-ci fut père de Pons de Toulouse, sur lequel Raimond V, comte de cette ville, confisqua la vicomte de Montclar, qu'il donna en fiëf à Armand de Montpezat qui avoit épousé une sœur du même Pons.
Pierre-Aton, qui épousa ^ en 1069 Guillemette, fille de Raimond-Bernard, vicomte d'Albi 8c de Nimes, étoit, à ce qu'il paroît, de la maison des vicomtes de Toulouse 8c de Bruniquel. Il posséda en effet une portion de cette dernière vicomte qu'il transmit à ses descendans. Suivant son contrat '° de mariage, le vicomte Raimond-Bernard 8c Ermengarde de Carcassonne, sa femme, donnèrent en dot à Guillemette, leur fille, le château de Brusques, situé dans le
' Voyez tome IV, Note XXXIII. méro CCLIX, la S'' charte citée sous ce numéro. —
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- Voyez tome IV, ^ofe XXXIII, n.4.
méro XCXVII. 'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
3 Voyez tome IV, Note XXXIII. méro CCCXXIV. — Voyez tome IV, Note XXXIII,
■♦ Gallia Christiana, nov. edit. t. i, instrum. n. 2.
p. 39. ' Voyez tome IV, Note XXXIII, numéros 6, 7 &
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- suiv.
méro CCLIX, la i'"" charte citée sous ce numéro. — ^ Ihid. n. 7 & suiv.
Voyez tome IV, Note XXXIII, n, 8. "^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu-
^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- méro CCXLIV.
An 1 074
comté de Rouergue vers les frontières de l'Albigeois, pour le posséder de la manière que le possédoîent ce vicomte 6* Vévêque F rot aire ; le château de Castelnau, celui de la Livinière dans le Minervois, la moitié de ceux de Julien, de Roquebrune & de Coufoulens, avec clause expresse que si le vicomte Raimond Se sa femme venoient à recouvrer le domaine de Carcassonne 6» de Minervois qui avoit appartenu à Pierre-Raimond, Guillemette, leur fille. Si son mari Pierre-Aton jouiroient alors de ce qu'ils lui donnoient dans ces pays, & qu'en cas que le vicomte Raimond vînt à décéder sans enfans mâles, Guillemette &. son mari auroient pendant leur vie la jouissance de l'abbaye de Castres, de ses dépendances, Se du château de Boisseson.
Guillemette eut ' de Pierre-Aton deux fils, Aton ou Pierre-Aton, & Frotard. Le premier succéda à son père dans la vicomte de Bruniquel qu'il possédoit en iiSç. L'autre fut vicomte d'Eissene en Rouergue Se mourut, à ce qu'il paroît, sans postérité. Quanta Pierre-Aton, mari de Guillemette, il étoit déjà décédé dès l'an 1090, puisqu'elle s'étoit remariée^ alors avec Hugues de la Roque.
LXXX. — Mort de Raimond-Bernard, vicomte d'Albi 6* de Nimes. — Son fils Bernard-Aton IV lui succède. — Évêques de Nimes.
L'abbaye de Castres, que le vicomte Raimond-Bernard regardoit comme faisant partie de son domaine, étoit alors fort déchue de son ancienne splendeur. La régularité s'y soutenoit encore vers l'an io3o, du temps de l'élection de l'abbé Arnaud qui mourut ^ en odeur de sainteté; mais l'absence de Gerebrard, son successeur, qui alla en pèlerinage à la Terre-Sainte, Se les entreprises des seigneurs séculiers, contribuèrent bientôt après au relâchement. Le même vicomte, touché de son état, résolut d'y rétablir l'observance Se dans ce dessein il ladonna'^au moisde janvier de l'an 1078, ou de l'an 1074 suivant notre manière de compter, à Bernard, abbé de Saint-Victor de Marseille, Se l'unit à sa congrégation. Raimond-Bernard fit cette union conjointement avec Frotaire, son oncle, évêque de Nimes, lequel jouissoit encore alors par indivis avec lui des domaines de leur maison, ainsi qu'il est marqué dans l'acte.
Nous ne trouvons plus rien dans la suite de Raimond-Bernard , vicomte d'Albi Se de Nimes, Se vicomte de Béziers Se d'Agde par Ermengarde de Carcassonne, sa femme; ce qui nous donne lieu de croire qu'il mourut bientôt après. Il paroît 5 du moins qu'il étoit déjà décédé en 1078. Outre Guillemette, (.^n^^p.'?";. dont nous venons de parler, il eut de la même Ermengarde un fils nommé Bernard-Aton qui fut le quatrième de son nom Se qui lui succéda dans tous ses domaines, sous la tutelle ou administration de sa mère.
■ Voyez tome IV, Note XXXIII, n. j-. ' Spic'ilegium, t. 7, p. 382.
"Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- * GalliaChrisùana, noy. eà'xt. t. l^'itittrum. f. \Z.
méro CCLIX, la i"' charte citée sous ce numéro. ' Voyez tome IV, Note XXI, n. i5.
An 1074
On prétend' que Bernard, évêque d'Agde au commencement du douzième siècle, étoit frère de Bernard^ comte de Bé-:(iers, ce qui supposeroit qu'il étoit frère puîné du même Bernard-Aton ; mais c'est de quoi nous n'avons aucune preuve. On marque d'ailleurs que ce prélat étoit fils d'un vicomte nommé Bernard : or, il est certain que Bernard-Aton, vicomte de Béziers, d'Agde, &c., qui vivoit au commencement du douzième siècle , étoit fils de Raimond & non pas de Bernard.
Ermengarde de Carcassonne survécut longtemps au vicomte Raimond-Bernard son mari : elle eut pendant toute sa vie l'administration des vicomtes de Béziers, d'Agde 8c des autres domaines qu'elle lui avoit apportés en mariage en qualité d'héritière des maisons de Carcassonne &. de Béziers. Quant aux vicomtes d'Albi 8c de Nimes, il paroît que le jeune Bernard-Aton les posséda d'abord sous l'autorité de Frotaire, évêque de Nimes, son grand-oncle, 8c que ce prélat continua d'en jouir en commun avec lui comme il avoit fait avec le vicomte Raimond-Bernard, son neveu.
Le pape Grégoire VIP écrivit le 22 de mars de l'an 1074 à ce prélat, pour se plaindre des vexations qu'il exerçoit envers l'abbaye de Saint-Gilles'située dans son diocèse, qu'il avoit excommuniée 8c sur laquelle il prétendoit avoir juridiction, au préjudice des privilèges qui la soumettoient immédiatement à l'église romaine. Ce pape reproche entre autres à Frotaire d'avoir fait emprisonner l'abbé de Saint-Gilles à son retour de Rome, où il avoit été béni par le pape Alexandre II, son prédécesseur. Frotaire, évêque de Nimes, étoit alors fort âgé 5 il se démit ^ vers le même temps de son évêché en faveur d'Elefant, ou le prit pour coadjuteurj car il est qualifié ancien évêque de Nimes dans une donation "^ que fit la vicomtesse Ermengarde, sa nièce, à la cathédrale de cette ville, 8c nous avons un autre acte^ daté Frotaire ^ Elefant étant évêques de Nimes. Frotaire décéda vers l'an 1077, après avoir possédé cet évêché environ cinquante ans. Elefant ne lui survécut pas longtemps, car Pierre-Ermengaud étoit déjà évêque de Nimes en 1080 '5.
Après le décès de Frotaire, la vicomtesse Ermengarde administra également, au nom du jeune Bernard-Aton son fils, les vicomtes d'Albi 8c de Nimes qui avoient appartenu à son mari , 8c celles de Béziers 8c d'Agde, avec les autres domaines qu'elle possédoit de son chef. C'est ce qui paroît par les hommages '^ qui lui furent rendus : 1° par un seigneur nommé Gaucelin, fils d'Ermentrude, qui promit de ne pas lui enlever la ville de Béziers ni ses forteresses ; 2° par
' Gallia Chr'istiana, t. 2, p. 69. plus tard. Ainsi il fut présent à la donation qu'un
' Grégoire VII, 1. i, epist. 68. particulier nommé Guillaume, sa femme Eldiarde
* Voyez tome IV, Note XVIII, n. i3 & sulv. & leurs enfants firent à la cathédrale de Nimes
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n.CCLXII, d'une métairie, le 24 avril 1084. Ceci prouve que 5 Voyez tome IV, Note XVIII, n. i3 & suiv. l'évêque Elefant avait survécu à Frotaire II, contre ® Pierre-Ermengaud ne fut pas seulement le suc- le sentiment des auteurs de l'Histoire de Languedoc,
cesseur de l'évêque Elefant, il fut aussi son coad- qui regardent le fait comme incertain, &. que le
juteur } c'est en cette qualité qu'il figure dans une même Elefant prit Pierre-Ermengaud pour son
charte de l'année 1080. Il est certain, en effet, coadjuteur, lequel lui survécut. [E. M.] qu'Elefant vivaU encore à cette époque & même ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CLXVII.
un autre qui s'engage de ne pas s'emparer du château de Caissargues dans le diocèse de Nimes j 3° par deux seigneurs qui lui prêtèrent serment de fidélité, St à Bernard, son fils, pour le château de Pvoque-Cedière j 4° enfin par les seigneurs de Mirepoix, savoir: Udalger, fils d'Ermessindej Roger, fils de Bclisende, 8c R.aimond, fils de Rangarde, pour le château de ce nom.
On a déjà remarqué que le vicomte Raimond-Bernard prit le surnom ou sobriquet de Trencavel qui passa à ses descendans. Il en est fait mention dans une donation ' que la vicomtesse Ermengarde, sa veuve & son fils Bernard- Aton firent de l'église de Lacaune en Albigeois, à Guillaume, évêque d'Albi 8c à sa cathédrale.
LXXXI. — Le pape Grégoire VII appelle Raimond de Saint-Gilles à son
secours.
Raimond de Saint-Gilles fit un voyage à Rome sur la fin du pontificat du pape Alexandre II. C'est ce que nous apprenons d'une lettre ^ que Grégoire VII, successeur de ce pontife, écrivit le 2 de février de l'an 1074 à Guillaume, comte de Bourgogne, dans laquelle il prie instamment ce prince de marcher au plus tôt à la tête d'une armée au secours de l'église romaine opprimée par les Normands établis en Italie. Grégoire somme le comte de Bourgogne, dans cette lettre, d'exécuter la promesse solennelle qu'il avoir faite devant les corps .'^j',- Z^^^.^ des SS. Apôtres, sous le pontificat d'Alexandre II, son prédécesseur, de secourir l'église romaine 8<. de prendre la défense de S. Pierre toutes les fois qu'il en seroit requis. Il le charge en môme temps d'avertir le comte de Saint- Gilles 8t quelques autres princes qu'il savoit avoir fait un semblable serment de fidélité à S, Pierre en levant les mains au ciel, de marcher aussi à son secours. Grégoire ajoute que son dessein, en faisant rassembler un si grand nombre de troupes, n'étoit pas de répandre le sang des chrétiens, mais de jeter la terreur parmi les Normands ses ennemis, pour les obliger par là à foire la paix, 8c qu'il pourroit peut-être passer ensuite à Constantinople au secours des chrétiens grecs contre les Sarrasins. Nous ne voyons pas que le comte de Bourgogne, Raimond de Saint-Gilles 8c les autres princes dont ce pape imploroit l'assistance aient passé les Alpes en 1074 à la tête de leurs troupes; il paroît au contraire que le second demeura toute cette année en deçà des monts, 8c nous savons qu'il concourut ^ au mois d'octobre de Tan 1074 avec Guillaume, comte de Toulouse, son frère, à l'union de l'abbaye de Figeac en Querci à l'ordre de Cluny.
Ce dernier prince unif^ deux ans après au même ordre celle de Beaulieu dans le bas Limousin, sur laquelle il avoit la principale autorité. Il fit cette union de concert avec Hugues de Castelnau , abbé séculier de Beaulieu, qui
'Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- * Gallia Ckristiana, nov. eih. t. i, instrum. p. ^^.
méro CCCII. ^ Mabillon, ad ann. 1076, n. ii5. — Baluzt,
■ Grégou» VII, 1. I , epist. 46. Hist. Tutcl. p. 423.
tenoit cette abbave de la succession de ses parens & du consentemeat de Gui, éiiêque de Limoges, des vicomtes Ârchamlâud, Ebles & Boson, & de divers autres seigneurs du pars.
LXXXII. — Etienne de PoUgnae, évêque de Clermont, s'empare de Vévcchè da Puy. — Abbés de Saînt-^hafjre,
Gr^oire VIÎ écrivit' le 19 d avril de lan 1074 aux habitans du Puy; voîd le suiet de sa lettre * : Pierre de Mercœur, évêque de cette ville , étant décédé le i3 de juillet précédent, cet évêché excita la cupidité de plusieurs prétendais. Etienne de Polignac, évêque de Clermont^, qui possédoiten même tem{K la prtvofé de l'élise du Puy, & dont la Emilie avoit beaucoup de crédit dans le pajs, vojant que ce bénéfice étoit meilleur que le sien & plus à sa bienséance, se mit sur les rangs Se trouva moyen de se &ire élire. Il rencontra ftmtefois un dangereux concurrent en la personne d'un nommé Etienne, qui, ayant gagné à Êarce d'argent une partie des électeurs, s'empara du âége. £denne de Polignac chassa bientôt après cet intrus; & comme il n'ignoroit pas que son élection n'étoit guère plus canonique, il prit le parti d'aller à Renne pour la Êiire confirmer par le pape, qu'il trouva extrêmement prévenu contre lui. Il ne négligea rien pour justifier sa conduite auprès du pontife; mais Gr^oire, ennemi déclaré des simoniaques, exigea qu'il fit un serment solennel sur le corps de S. Pierre d'exécuter fidèlement ses ordres , de se démettre de rêfêché du Puy & de ne pas s'opposer à l'élection d'un autre évêque quand son l^at le jugeroit à propos. C'est ce qui donna occasion à ce pape d'écrire aux habitans du Puy la lettre dont on vient de parler, dans laquelle il leur donne avis qu'il avoit rendu ses bonnes grâces à Etienne de Polignac &c qu'il lui a^t remis le gouvernement du diocèse, à condition néanmoins qu'il n'exeireroit aucune des fi>nctions épiscopales & qu'il les feroit exercer par un autre évêque en son nom jusque ce qu'il fut retourné à Rome ; ce qui ne devoit [as, ajoute-t-il, les empêcher de lui rendre l'honneur Se le respect dus à son caractère. Il les exhorte enfin de travailler efficacement à abolir la simonie qui régnoit dans leur église Se de mériter par là que Dieu leur accordât un digne Se légitime pasteur.
Etienne de Polignac exécuta d'abord fidèlement sa promesse Se n'exerç3. aucune fonction épiscopale. Nous trouvons en effet que Gui , abbé de Saint- Cha£âre\ s'étant démis de cette abbaye en 1074, ce fiit Hugues, évêque de
* Gïïtf^im VU, L I, efist, 1 1. cose i ttmt £poqoe, ainsi que cda résalte des actes
* llnd. & efist. 5. — Hbjo Flavinîac Gbwucnt. uwicuporains^ ajonté le noa An fief de Polignac p. 197 8l 201. — GmlUm CàrisÛMM*, nov. cdit. t. x, à ses prénoMS 8l i son titzc kéfcditaire, & ^ue dès iastm. p. 700. cette cpofve appeler Ae Polignac les vicoBtes Ar-
> Vioycz %mr Eôenne ée Polignac, dit Biisefer, aand & son fils Etienne dit Brisefer, comme l'ont
itê^nc da Pay, VHhtairr dm VAmj, de M. F. Man— faM. les Bénédictins, c'est onaactuc un anackro-
det, t. 3 : Gb«e%ac ie Tirt^mg Êtitmme III. nisae. [E. 114.]
M. Mindrt £iit «Aserrcr avec kasconp de raison * Btofcillon, zi. znn. T964, n. 69. — GsUis Ckris-
yiala fanilir des ▼iqwaies da Vdai n''aTait pas en- cûaa, nov. ec
An 107^
Die 8c légat du Saint-Siège, qui fit la cérémonie de bénir Guillaume, troisième du nom, qui fut élu abbé à sa place 8c qui étoit auparavant doyen ou prieur de Sainte-Fnimie. Celui-ci établit la réforme dans ce monastère, fit revenir ses biens usurpés ou aliénés 8c en fit rebâtir l'église. Sous son gouvernement Geilin', comte de Valentinois, 8c non pas de Vienne, comme un auteur l'a avancé % confirma la donation que ses prédécesseurs avoient faite à l'abbaye de Saint-Cbaffre de l'église de Saint-Victor de Valence.
LXXXIII. — Uévêque d'Oloron, légat de Grégoire VU dans la Province.
Àbbés de Saint-Guillem 6» d'Aniane. — Seigneurs d'Andw^e , de Sauve, de Canillac, (S'C.
Le pape Grégoire VIT, dans le dessein de rétablir entièrement la discipline ^f. «"■'K'"' ecclésiastique 8c régulière 8c d'extirper la simonie, envoya dès le commencement de son pontificat divers légats dans tous les royaumes de la cbrétienté. Il nomma entre autres-^ pour remplir cette fonction dans la Gaule Narbonnoise, la Gascogne 8c l'Espagne, Amé, évêque d'Oloron, qui exerça sa légation dans ces provinces pendant quelques années 8c consacra'^ le i3 d'août de l'an 1076 l'autel de Saint-Guillaume, confesseur, dans l'église de Gellone ou de Saint- Guillem du Désert.
Cette abbaye, à la faveur de la simonie, s'étoit alors soustraite de la juridiction de celle d'Aniane à laquelle elle avoit été soumise dès son origine. En vain Emenon'', abbé de la dernière, s'opposa-t-il de toutes ses forces à l'élection que les religieux de Saint-Guillem avoient faite d'un abbé sans sa participation, 8c les papes Nicolas II 8c Alexandre II à qui il en porta ses plaintes déclarèrent-ils excommuniés tant les abbés de Saint-Guillem qui avoient été élus de cette manière que les évêques qui avoient confirmé leur élection , jusqu'à ce que l'abbaye d'Aniane fût rentrée dans la possession de ses droits sur celle de Saint-Guillem j tous ses efforts furent inutiles, 8c le monastère de Gellone se maintint depuis dans l'indépendance.
Pierre en étoit abbé*^ en 1074, lorsque Pierre , fiU de Bermond de Sauve £» d'Astorge, confirma en faveur de cette abbaye la donation du monastère de Saint-Pierre de Sauve. Ce seigneur, qui se qualifie satrape de Sauve 6» petit-fils du marquis Bernard, sa femme Elisabeth, Bernard, marquis du château d'Andu^e, son frère , Adélaïde, femme de ce dernier, 8c Raimond leur fils, donnèrent en 1077 a la même abbaye 8c à Béranger, qui en étoit abbé, leur portion de l'église de Saint-Pierre de Merueys dans le comté de Nimes. L'acte est souscrit par Pitrrc-Almérade , leur cousin, 8c plusieurs seigneurs
' Mabillon, ad ann, 1077,11.4. ' Mabillon,adann. 1066, n.
' Ibid. n. 68.
' Conciles, t. rc, p. 41 1 8c 1817. — Gall'ia Chris- '' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
t'iana, nov. edit. t. 1 , p. 1265. méro CCLXXI. ^ Mabillon, ad ann. 1076, n, 134.
An 1074
An I07J
du pays, dont quelques-uns prennent le surnom de Sauve. Il paroît que Belissende ', qui en 1081 donna avec ses fils, à l'abbaye de Gellone, l'église de Saint-Pierre de Merueys, étoit sœur de Pierre de Sauve Se de Bernard d'Anduze. Adélaïde, que ce dernier avoit épousée ^ dès l'an 107 1, étoit de la maison de Mandagout, suivant un acte^ par lequel Raimond, son fils, confirma à l'abbave de Gellone, Se à Béranger, son abbé, la donation de l'église de Merueys, en présence 6- de la volonté de Pierre-Bermondj marquis^ qui étoit ou son oncle ou son cousin. Plusieurs auUes seigneurs, entre autres ceux"^ de Roquefeuil Se de Deuxvierges, firent des donations vers le même temps en faveur de cette abbaye.
Celle d'Aniane acquit en 1075 différens biens en Gévaudan en un lieu appelé Entraigues^, situé au confluent de la petite rivière de Jointe Se du Tarn, où divers seigneurs du pays fondèrent le prieuré de Rosiers. Il est parlé dans cette fondation de Deusdet de Canillac Se de ses frères, de Raimond de Mostuejouls, de Bernard de Pierrelève, Sec.
LXXXIV. — Libéralités de Roger II, comte de Foix, envers les ahhayes
de Cluny 6* de Saint-Pons.
D'un autre côté Roger II, comte de Foix, signala sa libéralité envers différens monastères. Il donna ^ au commencement de l'an 1076 à l'abbaye de Cluny, à la sollicitation Se par le conseil d'Isarn , évêque de Toulouse, le château de Lordat Se divers autres domaines du voisinage situés dans le comté p^^ ^ (^ de Toulouse i^ la vallée de Sabartès. L'année suivante il fit donation à la même abbaye, en présence d'Isarn, évêque de Toulouse, Se de Raimond-Ebon, évêque de Lectoure , d'une église qu'il avoit fait construire dans son domaine. Roger donna "^ encore vers le même temps à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières la paroisse de Saint-Pierre d'Escousse, dans laquelle le B. Asnérius, abbé, étoit inhumé. Il est marqué dans la charte « que cette paroisse étoit « située dans le Toulousain, le territoire de Foix, Se le ministériat de Poda- « gués, Se qu'il y avoit eu anciennement une abbaye dont le nom lui étoit u demeuré, à cause qu'on y trouvoit des corps morts revêtus d'habits monas- « tiques. » Sicarde, femme de ce comte, concourut avec lui à ces diverses donations, dont la dernière fut faite en présence d'Isarn, évêque de Toulouse, de Bernard, évêque de Carcassonne, de Guillaume, comte de Toulouse, Se de Raimond, comte de Rouergue, son frère.
' Voyez tome V , Chartes & Diplômes , nu- ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, numéro CCLXXI. miro CCLXT,
^ Ihid. n. CCLV . ® Mabillon, ad ann. f 074, n. 66 j ad ann. 1076,
5 Ibid. n. CCLXXI. n. i i5.
'' Ibid. n. CCLXXI, la 2'' charte citie sous ce nu- ' Voyez tome V, Chartes 8c Diplômes, n. CCLX.
méro. — \'oyez tome IV, Note XXII, n. 21.
I An 1070
LXXXV. — Ra'imond de Saint-Gilles (S* quelques prélats de la Province excommuniés par Grégoire VII,
Ce dernier fut excommunié clans le troisième concile romain ' tenu sous in.
le pontificat du pape Grégoire VII durant le carême de l'an loyS, ou de l'an 1076 suivant notre manière de compter. Les actes qui nous restent de ce concile disent en deux mots que ce prince fut excommunié à cause de sa cousine (^propter consanguine am^. Ces termes Se ceux qu'on lit dans le sommaire du cinquième^ chapitre du cinquième concile romain, tenu au mois de décembre de l'an 1078 sous le pontificat du môme pape, où il est ordonne que le comte de Saint-Gilles serait excommunié à cause de sa femme y nous donnent lieu de comprendre : i^ que ce prince avoit épousé sa cousine germaine, fille -^ & héritière de Bertrand, comte de Provence, son oncle paternel} 2° qu'il ne fit aucun cas de cette excommunication 8c qu'il reiusa de se séparer de cette princesse.
Plusieurs prélats de France & des autres royaumes furent"^ aussi anathématisés dans le troisième concile romain, entre autres Béranger, évêque d'Agde, Etienne, évêque du Puy, 8c l'abbé de Saint-Gilles: le premier, parce qu'il avoit communiqué avec Guifred, archevêque de Narbonne, déjà excommunié 8c qu'il avoit fait pour lui les fonctions épiscopales. Le second, pour cause d'homicide Se de simonie, pour avoir refusé d'obéir aux légats du pape suivant sa promesse 8c s'être maintenu sur le siège du Puy par la force Se par la violence. Quant à l'abbé de Saint-Gilles, on ne marque pas son crime.
LXXXVI. — Mort de Raimond-Béranger I, comte de Barcelone 6- de Carcassonne, iS» d'AlmodiSj sa femme. — Partage de ses domaines entre ses fils.
Nous ignorons l'époque de la mort d'Almodis de la Marche, mère de Guillaume, comte de Toulouse Se de Raimond de Saint-Gilles. Si nous en croyons l'auteur^ qui a écrit à la fin du treizième siècle les Gestes des comtes de Barcelone y cette princesse décéda avant le comte de cette ville, son troisième mari, qui mourut^ le 27 de mai de Tan 1076 8c fut inhumé dans la cathédrale de Barcelone. Cet auteur ajoute qu'Almodis fut assassinée par Pierre, fils de ce prince Se d'Isabeau, sa première femme, lequel mourut sans postérité en Espagne dans l'exercice de la pénitence en expiation de cet homicide. Un historien'' de Catalogne beaucoup plus récent prétend au contraire que cet auteur s'est trompé} qu'Almodis survécut à Raimond-Béranger, son mari j que Pierre, fils de ce comte du premier lit, mourut avant elle. Se qu'Almodis
' Conciles, t. lo, p. 356. ^ Marca Hispanica, p. 544.
'/*;■(/. p. 371. " /ij</. p. 461 .
' Voyez tome IV, Note XLI, n. 6 & suiv. ^ Diago, Histoire des comtes de Barcelone, 1. 1,
* Conciles, t. 10, p. 356. p. 66.
An 1076
le fit périr. Les raisons de ce dernier paroissent solides, quoiqu'il ne rapporte d'autre preuve que cette princesse ait survécu au comte de Barcelone son mari, que le testament par lequel ce dernier, peu de temps avant sa mort, légua quatre mille mancuses à la comtesse sa femme qui vivait alors, sans dire son nom. Nous n'avons d'ailleurs aucun acte où il soit fait mention d'Almodis après l'an 107 1. Ce qu'il y a de vrai , c'est qu'elle décéda avant l'an 1079, comme nous le prouverons bientôt. Il paroît qu'elle étoit déjà morte au commencement de l'an 1078, car Guillaume, comte de Toulouse, son fils, fit une donation' à l'abbaye de Moissac le 14 du mois de mars de l'an 1077, ou de l'an 1078 suivant notre manière de compter, pour V anniversaire de son père (y de sa mère. Almodis fut inhumée dans la cathédrale de Barcelone à côté du comte Raimond-Béranger, son mari. Se l'on y voit encore leurs épitaphes rapportées par Catel ^. Il s'est glissé une faute dans celle du comte, où l'on doit lire qu'il mourut en 1076 8c non en 1086. On trouve une erreur à peu près semblable dans un^ manuscrit de Colbert, où l'on a marqué la mort de ce prince à l'an 1078 au lieu de l'an 1076.
On fait"^ un grand éloge de Raimond-Béranger I, comte de Barcelone. Ce prince se rendit surtout recommandable par sa valeur. 11 laissa deux fils d'Almodis, sa seconde épouse : Raimond-Béranger deuxième du nom, surnommé Tête-d'Etoupes, 8c Béranger-Raimond j il les institua ses héritiers par son testament. Le premier avoit^ déjà épousé du vivant de son père Mahalde ou Mathilde, fille de Robert Guiscard , prince normand, duc de Fouille &. de Calabre. Ces deux frères eurent d'abord <^ quelque démêlé pour la succession de leur père 5 mais ils s'accordèrent '^ enfin par l'entremise des principaux seigneurs du pays, 8c confirmèrent leur accord au mois de décembre de l'an 1080. Suivant cet acte ils partagèrent non-seulement le comté de t!'iVp-"235. Barcelone, dont ils prirent également le titre de comte, 8c les autres domaines de leur maison situés au delà des Pyrénées, mais encore la ville 8c le comté de Carcassonne dont il paroît que leur père avoit disposé entièrement en faveur de l'aîné, quoiqu'un historien ^ catalan assure le contraire. Ce fut là peut-être la principale source de leur division.
Nous avons en effet un acte ^ par lequel Guillaume, comte de Toulouse , fils d'AmodiSy fit serment à Raimond-Béranger, comte de Carcassonne, son frère, fils de la même Almodis, de l'aider contre tous ceux qui voudroient le troubler dans la possession de ses villes, comtés, évêchés, 8c du reste de son domaine. Le premier commence sa promesse en ces termes : Moi, Guillaume, comte de Toulouse, qui suis {filius qui sum Almodis) fils d'Almodis ; d'où l'on
■ Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- = ^vf^^f^ Hlspanica, p. 545.
méro CCLXXIV. 6 Grégoire VII, 1. 7, epist. 16.
' Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. . 17 ' Diago, Histoire des comtes de Barcelone, I. 2,
' Marca Hirpanica, p. 461. 8 J^;j
^D.ago, Histoire des comtes de Barcelone, 1. 2, ^ Marca Hispanica, p. .166. — Voyez tome IV,
c. 65. 6-j 8c 68. 2Vou- XXXVIII.
doit inférer quç cette princesse vivoit encore alors 8c que le comte de Toulouse fit ce serment à Raimond-Béranger II peu de temps après la mort du père de ce prince.
LXXXVII. — Raîmond de Saint-Gilles continue de protéger Guifredj archevêque de Narbonne. — Seigneurs de Montpellier.
Par la même raison cette comtesse devoit être décédée lorsque Raimond de Saint-Gilles, frère de Guillaume, fit une nouvelle promesse ' à Guifred, archevêque de Narbonne, en ces termes : Moi, Raimond, comte, qui ai été fils (filius qm fui Almodis) d'Almodis, Oc. Raimond promit alors à Guifred « de « ne pas le troubler dans la possession de son siège 8c de ses domaines &c « d'obliger Raimond-Béranger 8c ses fils, Garsinde, Bernard 8c Pierre ses fils « de lui faire hommage pour la moitié de la ville de Narbonne 8c le domaine « de son archevêché. Le comte donne en même temps en fief à l'archevêque « par amitié [per drudariam), la troisième partie de toutes les acquisi- « tions qu'il feroit dans le comté de Narbonne. » Raimond-Béranger, vicomte de cette ville, promet à la fin de l'acte d'exécuter fidèlement l'engagement que le comte Raimond venoit de prendre par rapport à lui, 8c ce fut sans doute en conséquence que Pierre ^, évêque de Rodez, frère du même vicomte, prêta serment de fidélité à l'archevêque Guifred pour le domaine de l'archevêché de Narbonne.
Raimond de Saint-Gilles prit aussi la défense de Guillaume V, seigneur de Montpellier, qui étoit encore jeune, à ce qu'il paroît ^, lorsqu'il perdit Guillaume III, son père. Ce dernier, qui vivoit encore en 1067 8c en 1068, avoit épousé Ermengarde, laquelle se remaria après sa mort avec Raimond d'Anduze, fils de Bernard 8c d'Adélaïde de Mandagout. Ce fut sans doute la raison pour laquelle Béliarde, aïeule de Guillaume V, prit sa tutelle avec trois seigneurs qui eurent recours "* à la protection de Raimond, comte de Saint- Gilles, lequel leur promit de maintenir Guillaume de Montpellier {de Montepistellario)' 6* son aïeule dans la possession de leurs domaines 8c de les aider toutes les fois qu'il en seroit requis. Ce prince nomma en même temps pour la sûreté de sa promesse cinq de ses vassaux, qui dévoient se mettre en otage, lorsqu'il seroit nécessaire, à Montpellier, à Pézénas, à Servian, ou à Béziers, au choix des tuteurs du jeune Guillaume de Montpellier.
Nous donnons le nom de Guillaume V ^ à ce seigneur, parce qu'il paroît différent d'un autre Guillaume qui euf^ de grands démêlés avec Pierre, comte de Melgueil ou de Substantion. Celui-ci prétendoit avoir la justice sur la ville
' Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- * Voyez tome V, Chartes & Diplômes , numéro CCLXXTI. méro CCLXVI.
' Ibid. n. CCLXXIII. ■ * Voyez tome IV, Note XXXVII, n. i.
MA/i. n. CCXXXIII&CCXL. —Voyez tome IV, «Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-
Note XXXVII, n. 2 & suiv. méro CCLXXXIV.
An 1076
An 1076
Éd. origin.
t. II, p. 236
de Montpellier, le profit sur la monnoie d'or qu'on y battoit, & divers autres droits seigneuriaux 5 mais il céda enfin par un accord « à Guillaume, à ses a vassaux, entre autres à Guillaume Aimoin, qui paroît avoir été parent de ce (c dernier & à tous les habitans de Montpellier, leur domaine & leurs droits, « comme les parens du même Guillaume les avoient possédés. » Il le confirma de plus dans la possession du château de Mauguio ou deMelgueil, que son père Bernard-Guillaume av oit acheté, 8c lui donna enfin sa fille en mariage. Guillaume de Montpellier & Guillaume Ai moin donnèrent en même temps au comte une somme considérable. L'acte, qui est sans date, fut passé en présence de Matfred, évêque de Béziers, Frotard, abbé de Saint-Pons, Pons, prévôt de Maguelonne, &lc.j ce qui prouve qu'on doit le rapporter ' vers l'an 1080. Comme cet acte ne peut regarder ^ Guillaume V, il doit s'entendre d'un de ses cousins que nous appelons Guillaume IV 8c qui partagea avec lui la seigneurie de Montpellier. Nous croyons que Bernard-Guillaume, père de ce Guillaume IV, étoit frère puîné de Guillaume II, aïeul de Guillaume V. Du reste nous conjecturons que Guillaume IV épousa en secondes noces la fille de Pierre, comte de Melgueil, 8c d'Almodis de Toulouse •^, 8c qu'il avoit eu déjà d'une première femme Raimond-Guillaume qui étoit évêque de Nimes en i io3 8c Bernard-Guillaume, seigneur en partie de Montpellier , en qui finit cette branche.
LXXXVIII. — Guillaume IV, comte de Toulouse, fait Jleurir la religion
dans ses Etats.
Guillaume IV, comte de Toulouse, fut un prince pacifique, qui s'appliqua principalement à faire fleurir la religion dans ses Etats 8c seconda le zèle d'Isarn, évêque de Toulouse, pour la réforme des églises de son diocèse, entre autres de celle de Notre-Dame de la Daurade. Cette église, située au milieu de Toulouse, étoit déjà célèbre "^ dès le sixième siècle. On y avoit joint un monastère dès ^ le commencement du neuvième, sous les règnes de Louis le Débonnaire 8c de Charles le Chauve. Mais les désordres*^ causés par la simonie avoient réduit l'un 8c l'autre dans un état si déplorable qu'à peine y faisoit-on le service divin. L'évêque Isarn, touché de la décadence de cette ancienne
église, pour la remettre dons son ancien lustre, l'unit en 1077 à l'ordre de
An 1077 Cluny, ce qu'il fit entre les mains de Sr Hugues, abbé de ce célèbre monastère, 8c du consentement de Guillaume, comte de Toulouse, son seigneur, i^ de ses chanoines. Ce prélat fait un grand éloge de Guillaume dans cet acte, où il déclare que ce prince avoit délivré, autant qu^il lui avoit été possible, Véglise de Toulouse des mains de ses ennemis, c'est-à-dire des simoniaques. Isarn fit cette
■ Voyez tome IV, Note XXXVII, n. 2.
= Ibid.
3 Ibld.
'' Grégoire de Tours, 1. 7, c. 10 & suiv.
^ Voyez tome II, aux Preuves, Chartes & Diplômes, n. LXIII.
^ Catel , Mémoires de l'histoire du Languedoc , p. 871 & suiv.
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union à condition que l'église de la Daurade seroit toujours desservie par des moines. Après sa souscription on voit celles de Raimond, évêque de Lectourc 8c prévôt de la cathédrale de Toulouse, 8c des principaux chanoines de cette église. Depuis ce temps-là le monastère de la Daurade fut soumis à la congre-gation de Cluny sous la dépendance de l'abbaye de Moissac, jusqu'à ce qu'ij a été uni dans le dernier siècle à celle de Saint-Maur qui le possède encore aujourd'hui.
Le comte de Toulouse concourut vers le même temps avec Isarn, évcque de cette ville, pour rétablir la régularité dans la cathédrale de Saint-Étienne. Le3 bâtimens ' de cette église menaçoient ruine, ses biens étoient la plupart aliénés, 8c le service divin y étoit entièrement négligé. Isarn qui en rejetoit la faute sur ses prédécesseurs, appuyé de l'autorité de Guillaume, comte de Toulouse, de Raimond, comte de Rouergue, son frère, 8c du conseil de S. Hugues, abbé de Cluny, de Hunaud,abbé de Moissac, 8c des principaux vassaux du comte de Toulouse, répara non-seulement cette cathédrale 8c l'enrichit de divers ornemens dont elle étoit entièrement dépourvue, mais il y rétablit la vie commune *
parmi les chanoines qui embrassèrent en même temps la règle de Saint-Augustin. Il est ordonné dans l'acte de cette réforme, qui fut dressé en présence de Guillaume, archevêque d'Auch, 8c de Raimond, évêque de Lectoure, que tous les clercs qui à l'avenir seroient agrégés au corps de cette église embrasseroient ' la vie régulière des chanoines 6* nauroient plus rien en propre. Pour leur ôter tout prétexte de violer la règle, Isarn leur assigna certains revenus, entre autres ceux que possédoient alors en particulier le prévôt, le doyen, les archidiacres, l'écolâtre 8c le sacristain, dont l'élection devoit être faite à l'avenir par le chapitre. Ce prélat permet en même temps aux chanoines d'acquérir librement les biens que les clercs 8c les laïques tenoient en fief de lui ou de ses prédécesseurs. Il leur abandonne pour leur mense : i° lesémolumens que les évêques de Toulouse retiroient des jugemens où Von ordonnoit V épreuve de Veau froide ^ 2° l'archidiaconé d'Agarnès ou Agarnaguès, qui comprenoit une partie du comté de Foix 8c qui étoit possédé alors par Pierre Amelii, prieur de la cathédrale 5 3° un autre archidiaconé qui s'étendoit depuis la porte Narbonnoise jusques aux confins du diocèse de Carcassonne 8c renfermoit le Lauragaisj 4° tous les autres archidiaconés de ceux qui voudroient professer la vie canoniale, en sorte qu'après la mort des archidiacres l'évêque éliroit leur successeur du conseil de son clergé j 5° enfin la moitié du sel qu'il avoit droit de retirer du hourg Saint-Saturnin, preuve que ce bourg, qui n'est pas différent de ce qu'on appela dans la suite le bourg de Toulouse, 8c qui fut gouverné par des magistrats municipaux particuliers, subsistoit alors. Le chapitre de la cathé- t.?^ p"f ":. drale de Toulouse fut régulier depuis ce temps-là, jusques au commencement du seizième siècle qu'il fut sécularisé.
* Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- Toulouse , ]^. iz3 Si Mémoires Je l'histoire du Lan~ méro CCLXVIII. — Catel, Histoire dvs comtes de guedoc, p. 869 8c siiiv.
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Guillaume, comte de Toulouse, pour favoriser le nouvel établissement des chanoines réguliers dans cette cathédrale, renonça solennellement en leur faveur au droit que ses prédécesseurs avaient usurpé de nommer à l'évêché. Se s'engagea d'agréer dans la suite celui qui seroit élu par le chapitre. Il se conforma en cela au décret du concile romain tenu en 1075, par lequel' il fut défendu expressément aux évêques Si aux abbés de recevoir les évêchés Se les abbayes des mains des princes séculiers , Se à ceux-ci d'en donner l'investiture comme ils avoient fait auparavant, par un abus qui s'étoit tourné en coutume.
Lorsque Isarn réforma son église, la plupart des archidiaconés étoient^ au pouvoir des laïques. Un chevalier nommé Gauzbert Isarn possédoit entre autres celui qu'on appeloit veteris Moresii Se l'avoit reçu de ce prélat, mais faisant scrupule de le garder, il le lui remit après avoir cependant donné en iief à un autre chevalier, appelé Pierre-Bertrand, un archiprêtré qui en dépendoit.