‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 179 sur 227 · XXIV. — Vicomtes de Minerve · texte numérisé non relu

XXIV. — Vicomtes de Minerve

Nous avons lieu de croire que Raimond, vicomte de Minerve, profita des troubles qui agitèrent les États de Raimond-Béranger II, comte de Barcelone, après la mort de ce prince, & qu'il s'empara sur ses fils du château de Peyriac. C'est ce que nous inférons d'une donation^ que fit ce vicomte au mois de février de l'an io83, ou 1084 suivant notre manière de compter, à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières, &. à Frotard , son abbé, de l'alleu que Pierre- Raimondy comte de Bé-:^ierSf 6* les comtes de Barcelone, Raimond-Béranger, 6* ses fils Raimond 6* Béranger, avoient eu au château de^ Peyriac, dans le Minervois, 8c qu'ils avoient donné à cette abbaye. Matfred, évêque de Béziers, les abbés Isarn de Caunes, Guillaume de Roses, & Pierre de Montolieu, Se plusieurs seigneurs du pays furent présens à cette donation.

Raimond, vicomte de Minerve, étoit probablement fils de Pierre, vicomte du même p-ays, qui vivoit"^ en 107 1, Se père de Pons qui possédoit cette vicomte au mois de mai ^ de l'an 1096, suivant une restitution qui fut faite à l'église de Sainte-Marie fondée dans le château de Minerve. Nous*^ trouvons d'un autre côté en 1066 un Bernard de Minerve, mais nous ne savons pas si c'est le même que Bernard, vicomte de Minerve, lequel offrit'', au mois d'août de l'an iio3, son fils Raimond à l'abbaye de Saint-Pons de Thomières pour y être religieux. Cette oblation est souscrite par Pierre, son fils, qui lui suc-

' Acta Sanctorum ordmis sanctl Benedlcti, sa^ec. 6, ''Voyez tome V, Chartes 8i Diplômes, nupart. 2, p. 493 & seq. — Gallia Chr'istiana , nov. méro CCLIV. edit. t. I, p. 809. ^ Ihti. n. CCCyilll.

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu- « Ib'td. n. CCXXX.

méro CCXCI. ' D'Achéry, SpicUeg'ium, t. lo, p. i63 &. seq. —

' Ibid. n. CCLIV. Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCCXXXVIII.

An io£

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XV. 4a3 ""i

' > An 1 084

céda. Il paroît par là que la vicomte de Minerve, qui s'étendoit dans la partie septentrionale du diocèse de Narbonne 8c qui est comprise aujourd'hui dans celui de Saint-Pons, étoit partagée à la fin du onzième siècle entre deux branches de la même maison.

XXV. — Raimond de Saint-Gilles renonce à la dépouille des évêques de Bé-ners

décédés.

Matfred, évêque de Béziers, affranchit en 1084 ^^^ église d'une servitude très-onéreuse à laquelle ses prédécesseurs avoient été assujettis pendant fort longtemps. Les grands vassaux, non contens de s'être emparés de la nomination aux évêchés Si aux abbayes de leur domaine, prétendoient encore que toute la dépouille des évêques décédés leur appartenoit. Les comtes de Rouergue s'étoient arrogé ce droit, en qualité de marquis de Gothie, dans les diocèses de la Narbonnoise première. C'est ce qu'on voit en particulier par un acte ' suivant lequel « Raimond, comte de Rouergue, ou de Saint-Gilles, cède en faveur « de la cathédrale de Béziers, de Matfred, évêque de cette ville, &C des succes- (( seurs de ce prélat, le droit qu'il }^os't,ëdio\i justement ou injustement d'unir « à son domaine toute la succession des évêques décédés. Ce prince étant sur a les degrés de la grande porte de l'église, en présence des principaux du pays, « jura en même temps solennellement sur le missel que ni lui, ni aucun comte « de Rouergue son successeur, ne s'empareroient plus des biens des évêques (c après leur mort; avec promesse, si ces prélats en disposoient par testament, « que leur volonté seroit fidèlement exécutée, sinon que les chanoines de la « cathédrale leur succéderoient en commun. » L'évêque Matfred, en reconnoissance d'un tel bienfait, donna au comte un cheval du prix de deux cents sols melgoriens. L'historien ^ de l'église de Béziers prétend que Roger-Bernard Trancavel, vicomte de Béjiers, fit la même année un semblable délaissement; mais il se trompe : c'étoit Bernard-Aton, ou plutôt Ermengarde sa mère qui possédoit alors cette vicomte; ce qui n'empêche pas que ce dernier n'ait pu abandonner de son côté, en même temps que Raimond de Saint-Gilles, la part que ses prédécesseurs, en qualité de vicomtes, pouvoient avoir eue avec les comtes à la dépouille des évêques défunts, & avoir par là rendu une entière liberté à l'église de Béziers. Matfred en profita pour rétablir la vie commune parmi ses chanoines, qui y avoit été autrefois observée, 8c pour l'affermir d'une manière plus solide, il unit^ à son chapitre, par un acte du mardi 10 février de l'an 1092, la prévôté 8c la sacristie, 8c fit donation aux chanoines de plusieurs autres domaines, en présence de Pierre, abbé de Saint-Aphrodise, d'Arbert, abbé de Villemagne, des prieurs de Saint-Jacques de Béziers 8c de Cassan, 8cc.

La cession que Raimond de Saint-Gilles fit à l'église de Béziers prouve i^u.'^pSi.

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes , nu- ' Andoque, Histoire de Béliers, n. 58.

méro CCXCII. ' Cartulairc de règlisc de Béliers.

An 1084 "T^ '

évidemment qu'il possédoit le comté particulier de cette ville, Se qu'il le tenoit des comtes de Rouergue, ses prédécesseurs. Il avoit une égale autorité sur le comté de Nimes, comme il paroît par l'union qu'il fit du monastère de Saint- Bausile de cette ville à la congrégation de la Chaise-Dieu.

XXVI. — Assemblée tenue à Nimes. — Bienfaits de Raimond envers V abbaye

de Saint-Pons.

Ce monastère situé autrefois hors la ville au voisinage de la tour Magne, dans une vallée environnée de collines, avoit été' donné, vers l'an 860, par le pape Nicolas I à l'église de Nimes & à Isnard son évêque j ce que le pape Serge III avoit confirmé vers l'an 909 en faveur de Hubert, successeur d'Isnard. Comme il avoit beaucoup perdu de son ancienne splendeur, le comte Raimond & Ermengarde, vicomtesse de Nimes, voulant le relever, prièrent de concert Pierre Ermengaud, évêque de cette ville, & ses chanoines, dans une assemblée qui y fut tenue le 28 de décembre de l'an 1084^, de le donner à Séguin, abbé de la Chaise-Dieu, 5c à ses successeurs, pour y rétablir le service divin 5 à quoi ce prélat 8c son chapitre consentirent volontiers. Bernard- Aton, vicomte de Nimes 8c fils d'Ermengarde, qui étoit absent, confirma cette donation dans la suite. Depuis ce temps-là l'ancienne abbaye de Saint-Bausile de Nimes ne fut plus qu'un prieuré conventuel soumis à celle de la Chaise- Dieu dont il dépend encore aujourd'hui. Pierre Roger, moine de cette abbaye, qui parvint au cardinalat, 8c enfin à la papauté sous le nom de Clément VI, avoit été prieur du monastère de Saint-Bausile, lequel ayant été entièrement ruiné durant les guerres des calvinistes, a été transféré dans la ville où les religieux occupent l'ancien palais épiscopal.

Raimond de Saint-Gilles confirma l'année suivante 3, en faveur de l'abbaye de Saint-Pons de Thomières , « toutes les donations qu'elle avoit reçues de « PonSf grand duc 0 prince d'Aquitainey son bisaïeul, qui l'avoit fondée, 8c « la maintint dans toutes les acquisitions que les religieux avoient faites depuis, « ou qu'ils feroient dans la suite, dans les évêchés 8c les terres qui étoient de « son domaine ou qui en dépendroient à l'avenir, avec pouvoir de posséder « en alleu les fiefs qu'ils avoient acquis. « Il se déclare en même temps le défenseur du monastère, de la même manière. que le comte de Toulouse, son frère, l'avoit fait cinq ans auparavant. Dans cet acte Raimond prend le titre de comte de Rouergue, Gévaudan, Nimes, Agde, Béziers, Narbonne 8c d'un septième comté qui paroît être celui d'Uzès.

' Dom Estiennot, Anùquitates Benedictînae Occ'it, '' Voyez tomeV, Chartes & Diplômes, n, CCXCIV.

V7SS. à la Bibliothèque Nationale, à Paris. ^ Ibid. n. CCXCVIII.

An io85

^ ' An io85

XXVII. — Pierre, comte de Suhstantion ou de Melguell, soumet son comté à Grégoire Fil 6* à VÈglife romaine. — Raimond, son fils^ lui succède.

Ce prince fut porté peut-être à faire ces actes de religion à la sollicitation du pape Grégoire VII qui se donnoit toujours beaucoup de soins pour rétablir les églises dans leur ancienne liberté. Personne n'ignore le zèle de ce saint pape sur ce sujet, Se aucun pontificat negaleroit le sien s'il ne s'étoit imaginé, sur de faux principes, qu'il devoit dominer sur toutes les puissances de la terre , ce qui l'engagea dans des démarches également préjudiciables au repos de l'Eglise 8c de l'État. Il prétendit ' entre autres que chaque maison devoit payer en France un denier de cens à l'Église romaine, fondée sur ce que Charlemagne recueilloit tous les ans douze cents livres pour le service de cette Église dans celles d'Aix-la-Chapelle, du Puy en Vêlai , Se de Saint- Gilles. Mais on ne trouve dans toute l'antiquité^ aucun vestige d'un pareil droit établi en France. Ce fut par le même principe que Grégoire tenta par toutes sortes de voies de multiplier les vassaux de l'Église romaine 6c de lui procurer un plus grand nombre de feudataires. C'est ainsi que Pierre, comte de Suhstantion ou de Melgueil, par un acte ^ solennel du 27 d'avril de l'an io85, étant devant l'autel de la cathédrale de Maguelonne , « se donna « lui-même (à la sollicitation de ce pontife), sa femme 6- son fils, à l'Église « romaine, au pape Grégoire VII 8c à ses successeurs, avec tous ses biens, son « comté de Suhstantion, l'évêché de Maguelonne 8c ses dépendances, pour (c être possédés à l'avenir en alleu par l'Église romaine de laquelle lui 8c ses a successeurs tiendroient le même comté en fief, sous la redevance annuelle u d'une once d'or. Le comte Pierre ajoute par rapport à l'évêché de Maguelonne « que les papes y pourvoiroient à l'avenir, conformément aux constitutions 6* u aux décrets des saints pères. Il défend ensuite à ses successeurs de rien changer <( à cette disposition, à peine de payer V amende portée par les lois des empereurs Éd. origin. <( Théodose, Arcade & Honoré. Il donne enfin par son anneau, au nom de u saint Pierre 8c du pape, l'investiture du comté 8c de l'évêché à Pierre, « évêque d'Albano, légat du Saint-Siège, à Godefroi, évêque de Maguelonne, « 8c à Frotard, abbé de Saint-Pons, qui étoient présents. >) L'acte est souscrit par la comtesse Almodis, sa femme, 8c le comte Raimond, leur fils. Le comte '^ Pierre reçut en même temps le comté de Suhstantion en fief de l'Église romaine, sous la redevance marquée, par les mains du légat du pape 8c de Tévêque de Maguelonne.

On voit par cet acte que le comte de Suhstantion prétendoit posséder ses domaines en alleu, c'est-à-dire sans les tenir d'aucun seigneur : mais si lui ou ses prédécesseurs s'étoient dégagés de la suzeraineté des marquis de Gothie,

' Grégoire VII, 1. 8, ep'ist. 23. ^ Arnaud àty^ïànle^Chronicon praeiulum Magal.

' Fleury, Histoire ecclésiasti<]uej I. 63, n. i i . p. loo &. seq.

» Tome V, Chartes & Diplômes, n. CCXCVII.

t. II, p. 268.

An ioiJ5

qui avoient eu autrefois une autorité supérieure sur toute cette province, dont le diocèse de Maguelonne faisoit partie, on ne sauroit disconvenir du moins que ce comte ne fût soumis à la souveraineté de nos rois 8c qu'ainsi il ne pouvoit, sans leur consentement, se soustraire à leur fidélité Si à leur vasselage pour reconnoître une puissance étrangère. Le comte Pierre donna donc à l'Église romaine ce qui ne lui appartenoit pas : aussi verrons-nous dans la suite que ses successeurs ne firent pas beaucoup de cas de sa donation.

Comme Grégoire VII mourut le 25 de mai suivant, il n'eut pas le temps de ratifier cet acte. Il laissa ce soin au pape Urbain II, son successeur, qui par une bulle' datée du 14 de décembre de Tan 1088 « confirma Godefroy, « évêque de Maguelonne, dans la possession de son église, que les comtes de (i Substantlon avaient réduite auparavant dans la servitude. Mais, ajoute-t-il, « le comte Pierre, de bonne mémoire , a rendu cet évêché à S. Pierre Se à ses « vicaires & il leur a laissé de plus par son testament son comté qui étoit de son « droit [qui sui juris erat), avec promesse que ses béritiers seroient vassaux du « pontife romain 8c que, si leur postérité venoit à manquer, le comté seroit « alors à la disposition du pape sous le gouvernement de l'évêque de Mague- « lonne. Il dit ensuite, adressant la parole à ce prélat : Nous recevons donc par (c Vanneau, des mains de votre fraternité, l'investiture de l'évêcbé de Mague- « lonne. Se du comté de Substantion, au nom de ce comte : nous confirmons « la donation qu'il en a faite, 8c nous prenons l'évêcbé 8c le comté sous la « protection du Saint-Siège, sauf l'autorité de V archevêque de Narhonne, (c pourvu qu'il soit ordonné légitimement. Il commet enfin le soin du comté (c de Substantion à l'évêque Godefroy 8c à ses successeurs, avec celui de retirer « tous les ans le cens d'une once d'or; Se en reconnoissance de ce privilège « qu'il accorde aux évêques de Maguelonne, il les assujettit à payer tous les u ans eux-mêmes un pareil cens à l'Église romaine. ^) On prétend^ trouver dans cette bulle que le pape Urbain céda le comté de Substantion aux évêques de Maguelonne, ce qui ne paroît pas. On ajoute que ce pape, par la même bulle, pressa Godefroy d'achever d'établir la régularité parmi les chanoines de la cathédrale, que son prédécesseur avoit commencé d'introduire; mais ce fut par une autre bulle dont on parlera ailleurs.

On doit inférer, ce semble, des termes dont Urbain II se sert dans celle dont nous venons de parler, au sujet de Pierre, comte de Substantion, qu'il appelle de bonne mémoire : 1° que ce comte confirma par son testament la donation qu'il avoit faite de son comté à l'Eglise romaine ; 2° qu'il étoit alors "TTTÔsT" décédé; ainsi il mourut vers l'an 1086. Il fut inhumé^ dans la cathédrale de Maguelonne. Son fils aîné, Raimond, qui étoit alors en bas âge"^, lui succéda dans le comté de Substantion ou de Mauguio, sous la tutelle d'Almodis de

'Gaiiel, Séries praesulum Magal. p. i .10 & ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, nu-

seq. ï" édit. méro CCCXXVI.

' Arnaud de Verdale, CAro«/co« praeJù^«/M Magal. '' Ihid. n. CCCCI. — Voyez tome IV, A'^oïe XXXVI,

p. 100 & seq. n. 3.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XV. aai

'"' An 1086

Toulouse, sa mère, qui survécut fort longtemps au comte Pierre, son mari ; car elle vivoit encore' en 1134. Pierre laissa de cette princesse un autre fils appelé Pons, qui fut d'abord religieux de Saint-Pons de Thomières, 6<. deux' filles : l'une, dont on ignore le nom, épousa vers l'an 1080 Guillaume IV, seigneur en partie de Montpellier; l'autre, appelée Adèle, fut mariée à un seigneur nommé Pierre du Puy. Quant à Godefroy, évoque de Maguelonne, il fit un voyage^ en Italie la même année 1086 8c assista au mois de mai aux obsèques de S. Anselme, évêque de Lucques.

XXVIII. — Daim ace, paisible possesseur de V archevêché de Narbonne. — Fin

de Pierre, son compétiteur.

Dalmace étoit en 1086 paisible possesseur de l'archevêché de Narbonne : t.'^l, p!'f Is!)'. c'est ce qu'on voit par la donation^ qu'il fit au mois d'avril de cette année à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille & à Richard, son abbé, de l'église de Sainte-Marie de Narbonne qu'il avoit consacrée avec ses sufji-agans catholiques, Se qui étoit située dans un faubourg de cette ville. Dalmace se qualifie archevêque du saint premier siège de Narbonne, 8c déclare qu'il fait cette donation dans le dessein d'établir des moines dans cette église, qui avoit été longtemps possédée par des clercs simoniaques 6' nicolàites, 8c afin d'avoir en la personne des religieux qui l'habiteroient à l'avenir des coopérateurs qui l'aidassent, lui 8c ses successeurs, à s'acquitter de leur ministère. Il réserva à son église une redevance annuelle de trois livres de cire. L'acte est souscrit par Guillaume, évêque de Tarbes, Arnaud, abbé de Castres, Guillaume, abbé de Psalmodi, 6^ Raimond, comte de Rouergue 6* de Narbonne. Dalmace confirma ^ cette union au mois de septembre de l'an 1088, du con- ' sentement du clergé de sa cathédrale, en présence de Pierre, évêque de Carcassonne 8c de Bertrand, évêque de Barcelone. Depuis ce temps-là l'église de Sainte-Marie, qui est la troisième paroisse de Narbonne, fut desservie par une communauté de moines, sous le titre de prieuré conventuel ; de là vient qu'on donna à cette église le surnom de Monachia en latin , 8c celui de VAmourguier dans le langage du pays , c'est-à-dire monastère. Il est uni à présent à la congrégation de Saint-Maur. Dalmace, archevêque de Narbonne, présida '"• au mois de septembre de l'an 1086 à un concile ou assemblée qui se tint alors à l'abbaye de Saint-Étienne de Bagnols dans le comté de Besalu 8c le diocèse de Girone, pour la dédicace de l'église de ce monastère. Les évêques Béranger de Girone, Pierre de Carcassonne, Béranger d'Ausone, Godefroy de Maguelonne, 8c Bertrand de Barcelone se trouvèrent à cette cérémonie avec un grand nombre de seigneurs, entre autres Bernard, comte de Besalu. L'acte est souscrit encore par Matfred, évêque de Béziers, 8c Gibellin, archevêque d'Arles.

■ Voyez tome IV, Note XXXVI, n. 3, & Note ' ^^\uze,Append. concil. Gall. ?/ari. p. 8c Si se.j.

XXXVII, n. 4 & suiv. ■• Ibtd. p. 82 & seq.

" Mabillon, ad ann. 1086, n. 3. * Marca Hhpanica, p. 466, 1 180 & se<j.

An 1086

Dalmace donna une nouvelle preuve de son zèle pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique dans son diocèse Se l'extirpation de la simonie, en retirant l'église de Saint-Grisante', située auprès du faubourg de la ville, des mains des laïques qui la possédoient auparavant : il l'unit en logo, du conseil de Guillaume, abbé de Saint-Paul, de ses archidiacres, St du reste de son clergé, au monastère de l'Amourguier. Enfin le zèle de ce prélat, contre les apparences mêmes de la simonie, alla si loin, qu'il refusa^ de consacrer Artaud, évêque d'Elne, élu en 1087, sous prétexte que ce prélat après son élection avoit fait un serment pour la conservation des biens de son église. Se qu'il craignoit que ce serment ne procédât de quelque convention simoniaque. Quoique Urbain II eût consacré ensuite lui-même Artaud à Rome, après qu'il se fut justifié de ce soupçon, Dalmace persista néanmoins à refuser de le reconnoître pour pasteur légitime jusques à ce que le cardinal Rainier, légat du pape, ayant fait enfin par son ordre des informations sur les lieux, Artaud se fut entièrement purgé.

Pierre de Narbonne, compétiteur de Dalmace dans l'archevêché de cette ville, le lui céda sans doute volontairement. Nous avons du moins un acte^ daté du 12 mars de l'an 1089, dans lequel Pierre ne prend que le titre d'évêque de Rode-^, au lieu de celui à! évêque élu de Narhonne qu'il se donnoit auparavant. Il fonda en effet, alors, avec son neveu Aymeri deux anniversaires dans la cathédrale de Narbonne, l'un pour son père Béranger Se l'autre pour son frère Bernard-Béranger, père du même Aymeri. On voit par là que ce prélat, n'ayant pu obtenir l'archevêché de Narbonne, reprit son ancien titre d'évêque de Rodez, quoique cet évêché fût alors occupé par un autre j qu'il fit depuis sa résidence ordinaire à Narbonne ^ où il avoit beaucoup d'autorité en qualité de chef de la famille des vicomtes de cette ville. Se qu'il se réconcilia"^ avec l'Eglise avant son décès dont nous ignorons l'époque. Au reste, s'il eut le malheur d'être excommunié pour cause de simonie, on doit plutôt attribuer sa faute à l'ignorance Se à la corruption des mœurs de son siècle, j%°"f'"j qu'à un dessein formé ; car on voit d'ailleurs qu'il avoit de la piété. Il fonda ■''^ entre autres dans le diocèse de Rodez , qu'il gouverna pendant vingt-six ans, le monastère du Saint-Sépulcre de Villeneuve.

XXIX. — Raîmond de Saint-Gilles marie Emme de Sicile, sa belle-sœur, avec le comte de Clermont en Auvergne.

On vient de voir que Raimond de Saint-Gilles étoit à Narbonne au mois d'avril de l'an 1086. Il partit bientôt après de cette ville pour Saint-Gilles, où il alla recevoir Emme, sa belle-sœur, fille de Roger, comte de Sicile.

' Baluze , Append. conc'il. Gall. Narh, p. 84 ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n, CCCI.

et seq. ■* Gallia Christiana, nov. edit. t. i, p. 204.

^ Marca Hispanica, ■p. j^6. — Ruinart^ Vita Vrhani ' Gallia Christiana, Ibid. & instrumenta , p. jo,

papae II, n. 84. col. 2.

Un auteur ' du temps rapporte les circonstances suivantes du voyage de cette princesse : « Le roi Philippe I , dit cet auteur, ayant formé le dessein de « répudier la reine Berthe , sa femme, envoya des ambassadeurs au comte « de Sicile pour lui demander en mariage Emme, sa fille, qu'il avoit eue de « sa première femme. Le comte, qui ignoroit les vues du roi , équipa une « flotte, fit partir sa fille avec une dot & des présens considérables. Se l'envoya « à Saint-Gilles au comte Raimond, son gendre, en qui il avoit une entière « confiance 8c qu'il chargea de remettre cette princesse au roi , lequel devoit « l'aller recevoir dans ce lieu. Raimond, informé que le véritable dessein de «■ Philippe étoit de se saisir des trésors que la princesse de Sicile apportoit avec « elle pour sa dot. Se non pas de l'épouser, songea à ses propres intérêts. Il '( reçut Emme avec honneur; mais sous prétexte de vouloir la marier avec (( quelque grand seigneur au défaut du roi, il envoya demander aux capi- « taines des vaisseaux, de la part de la princesse, qu'on lui remît l'argent qu'elle (( avoit apporté Se dont il vouloit s'emparer. Les gens que le comte Roger H avoit donnés à sa fille pour l'accompagner, se doutant de quelque superu chérie, levèrent l'ancre aussitôt, laissèrent la princesse entre les mains « de Raimond Se arrivèrent ainsi en Sicile avec tous les trésors. Raimond, « quoique trompé dans son attente, en agit cependant très-bien à l'égard de « sa belle-sœur. Se la maria avec le comte de Clermont. »

Tel est le récit que nous a laissé de cet événement Geoffroi Malaterre, qui, écrivant vers ce temps-là en Sicile, pouvoit en être informé. Quelques modernes^ y trouvent cependant de grandes obscurités Se des difficultés qui paroissent insurmontables ; ce sont leurs termes. « La principale, disent-ils, est « l'ignorance où étoit, suivant l'ancien historien, le comte de Sicile, lorsque « le roi Philippe lui demanda sa fille en mariage, que ce prince eût répudié « la reine Berthe Se épousé la comtesse d'Anjou; affaire qui fit un si grand « éclat dans le monde. Se qui n'arriva d'ailleurs que plusieurs années après, « sous le pontificat d'Urbain II. Enfin, ajoutent-ils, Philippe étoit si amou- « reux de Bertrade dans les commencemens de son divorce, qu'il n'y a pas « lieu de présumer qu'il ait pu en ce temps-là porter ses pensées ailleurs. » Mais Geoffroi ne dit pas que Philippe eût répudié Berthe lorsqu'il demanda la princesse de Sicile en mariage, comme ces auteurs^, qui rapportent cet événement à l'an 1092, le supposent; mais seulement qu il vouloit^ la répudier. Et en effet, Geoffroi parle de ce voyage d'Emme de Sicile en France sous l'an 1086. Rien n'empêche donc que le roi de France, dégoûté de Berthe, ait résolu en 1086 de la répudier, comme il fit dans la suite sous prétexte de parenté, Se que le comte de Sicile, comptant sur cette répudiation, lui ait accordé sa fille. D'un autre côté, Raimond de Saint-Gilles Se les Siciliens, voyant que ce prince ne rompoit pas son mariage Se ne venoit pas au devant d'Emme, comme il

' Gaufridus Malaterra, 1, 4, c. 8. ' Le P. Daniel, Histoire de France, t. 1, p. 1077.

' Baluze, Histoire généal. de la maison d'Auver- ^ Conatur rtpcllere... tentabat,

gne, t. I , p. 54 & siiiv.

An 1086

An lotiô

45o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XV.

l'avoit promis, peuvent l'avoir soupçonné de n'en vouloir qu'à sa dot. Tout cela n'a rien de contraire au récit de Geoffroi 8c n'implique aucune contradiction. Au reste, nous ne doutons pas que le comte de Clermont, que la princesse de Sicile épousa, ne soit le même que le comte de Clermont en Auvergne, Se, non le comte de Clermont en Sicile, comme le suppose un auteur' moderne, sous prétexte que Robert II, comte d'Auvergne, étoit alors marié avec Judith de Melgueil qui lui survécut. Mais Emme de Sicile peut avoir épousé en 1086 ou 1087 Guillaume VI, fils du même Robert lï, âgé en ce temps-là de dixneuf à vingt ans 5 car i*' on ne connoît pas dans quelle maison le même Guillaume VI s'allia. Se on ignore le nom de sa femme; 2° il est certain, suivant Geoffroi Malaterre, que Raimond de Saint-Gilles maria Emme, sa belle-sœur. Éd. origin. en deçà de la mer Se en France, Se non en Sicile. D'ailleurs cette princesse

t» Il p. 27I» ^

n'avoit aucun besoin de ce comte pour se marier en Sicile ; 3° Guillaume VI , qui succéda ensuite au comté d'Auvergne, fut fort lié d'amitié avec Raimond de Saint-Gilles qu'il suivit^ à la guerre sainte; 40 enfin il paroît certain que le même Guillaume portoit en 1086 le titre de comte de Clermont, pour se distinguer du comte d'Auvergne, son père. En effet, il est parlé de lui sous le nom de comte de Clermont, en 1096 3, lorsqu'il partit pour la croisade. En iio3 il prenoit"^ la qualité de comte d'Auvergne ^ d'où l'on doit conclure que Robert II, son père, mourut durant cet intervalle.

XXX. — Guerre entre Adhémar, évêque du Puy, 6- les vicomtes de PoUgnac.

Ahhés de Saïnt-Chajfre.

Raimond de Saint-Gilles assista sans doute aux noces du comte de Clermont Se d'Emme , sa belle-sœur. Nous savons du moins qu'il fit un voyage du côté d'Auvergne quelque temps après l'arrivée de cette princesse. Se qu'il étoit au An 1087 Pùy^ le I" d'avril de l'an 1087, lorsque Adhémar ou Aymar, évêque de cette ville, du consentement de ses chanoines, donna l'église d'Usson dans son diocèse à l'abbaye de la Chaise-Dieu. Raimond fut le premier des laïques qui souscrivit à cette donation, dans laquelle il se qualifie comte de Rouergue. L'évêque Adhémar'^ étoit alors de retour d'un pèlerinage qu'il avoit entrepris l'année précédente à la Terre-Sainte.

Durant son absence, Guillaume III, abbé de Saint-Chaffre, étant venu à décéder, les religieux élurent à sa place Guillaume IV, que S. Hugues, évêque de Grenoble, avec lequel ce nouvel abbé avoit contracté des liaisons trèsétroites, bénit au Puy en 1087. Guillaume IV étoit fils de Geilin, comte de Valentinois, bienfaiteur de l'abbaye de Saint-Chaffre. Il fit lui-même des biens

' Baliize, Histoire gènèal. de la maison d'Auver- ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes , n ligne, t. I, p. 54 & suiv. méro CCCXXXV,

' Ibid. p. 57. Ub\d n.CCXCIX, la 2" charte citée.

' Albéric, Chronicon, p. 148. — Baluze , Histoire " Mabillon, ad ann. 1077, n. 45 ad ann. 1086,

Qénéal. de la maison d'Auvergne, t. 1 , p. 35. n. 7.

' An 1087

infinis à ce monastère, Se le rétablit presque entièrement. Il fit transcrire toutes les chartes clans un cartulaire par un de ses religieux, qui y inséra en même temps la chronique du monastère. Il fonda pour des filles celui de Saint-Pierre de Fraissinet, situé au voisinage de Saint-ChaftVe, dont il dépend encore aujourd'hui. 11 obtint d'Adhémar, évêque de Rodez, l'église de Saint- Sauveur de Sévérac , située sur les frontières du Rouergue 81 du Gévaudan, & y établit une communauté de ses religieux; enfin, ayant fait un voyageai Rome en 1090', le pape Urbain II lui accorda un privilège pour son abbaye.

Cet abbé est le même, quoiqu'on ait avancé-^ le contraire, que Guillaume auparavant moine, (S* ensuite abbé de Saint-ChaJJre , qui vivoit encore en ii34 Se dont le B. Guigues , prieur de la grande Chartreuse, fait mention dans la vie qu'il écrivit alors de S. Hugues, évêque de Grenoble. En effet, suivant le témoignage du même auteur 3, cet abbé Guillaume, de la piété duc(uel il fait un fort grand éloge, étoit en ce temps-là extrêmement âgé 8c avoit été disciple de S. Hugues, avec lequel il avoit vécu plus de vingt ans dans le désert de la Chartreuse, lorsque S. Bruno, leur ami commun, jeta les fondemens de ce monastère vers l'an io83. Guillaume IV fut donc abbé de Saint- Chaffre depuis l'an 1087 jusques en ii35 qu'il décéda.

Adhémar, évêque du Puy, après son retour de la Terre-Sainte, fit tout son possible pour retirer des mains des laïques les biens ecclésiastiques dont ils s'étoient emparés dans son diocèse. Les deux vicomtes"^ de Polignac, Pons 8c Héracle, avoient usurpé entre autres par violence la troisième partie du revenu de son église. Ce prélat, pour faire cesser leurs vexations Se défendre les droits de son clergé, eut recours à la force, leva des troupes Se déclara la guerre aux deux vicomtes qui étoient frères. Se qu'il obligea enfin, après divers combats, de venir à composition. Ils se désistèrent moyennant la somme de vingt-cinq mille sols, monnoie du Puy, qu'Adhémar leur compta, de toutes leurs prétentions sur l'église de cette ville, qui recouvra par là son ancienne liberté. A leur exemple, les autres seigneurs du pays abandonnèrent la dîme de diverses églises, sur lesquelles ce prélat imposa un cens pour l'entretien de ses chanoines.

XXXI. — Raimond de Saint-Gilles, bienfaiteur de l'abbaye de Saint-André d'Avignon. — Seigneurs d'U-^ès & de Posquières.

Les grands domaines que Raimond de Saint-Gilles possédoit aux environs du Rhône l'engageoient à faire sa principale résidence dans ces cantons. Il étoit, en 1088, à l'abbaye de Saint-André, sur le bord occidental de ce fleuve ""TiTTôsT" vis-à-vis d'Avignon, lorsqu'il fit deux donations^ considérables à ce monastère dont Pierre étoit abbé. Par la première il lui donne le Puy ou montagne

' Riiinart, Vita Urban't papac II, \6, n. 72. ■* Voyez tome V, Chroniques, n. IV.

' Galiia Christ'tana, nov. edit. t. 2, p. 766. ^ Voyez toîne V, Chartes & Diplômes, n. CCCXV,

' Bollandistes, avril, t. r, p. '.\6, 40 & j\'i. la 2'' charte citée sous ce numéro.

-■ — ~ aSi histoire Générale de Languedoc, liv. xv.

An 1088 «

Éd. origin. d'Andaon où il étoit construit, avec le villap:e voisin, celui d'Angles, &c., de t. il, p. 272. ^ ^ ' ^ fo ' t> j 5

la même manière que ses prédécesseurs les lui avoient donnés, avec permission k ses vassaux de disposer des fiefs qu'ils possédoient dans son comté, en laveur de cette abbaye, à laquelle il donna par le second acte le montTodon, dans le diocèse de Cavaillon ', avec divers autres domaines. La première de ces deux donations est souscrite par plusieurs seigneurs du pays, entre autres par Guillaume de Sabran, E'.lzéar d'Uzès, Rostaing de Posquières, Gibellin de Sabran , Se Ripert de Caderousse de la part du comte j par Albert, évêque d'Avignon, Rostaing, prieur de Saint-André, Se' les autres religieux de ce monastère de la part de l'abbé.

Elzéar est le plus ancien seigneur d'Uzès dont nous ayons connoissance. Il vivoit encore^ en 11 18 8c fut père, à ce qu'il paroît, de Raimond-Decan 5c de Rainier ou Rainon son frère , qui partagèrent la seigneurie d'Uzès &. la transmirent à leurs descendans. Le premier, qui décéda en ii38, posséda aussi la seigneurie de Posquières dans le diocèse de Nimes,.8î. se qualifia communément Raimond-Decan ou Decan de Posquières. Nous conjecturons de là que Rostaing de Posquières dont nous venons de parler & qui vivoit dès l'an io65 n'eut qu'une fille qui fut son héritière. Se qu'elle porta la baronnie de Posquières dans la maison d'Uzès, par son mariage avec le même Raimond- Decan. Nous parlerons ailleurs de la postérité de ce dernier Se de celle de Rainon, son frère.

XXXIL — Guillaume IV dispose du comté de Toulouse 6* de ses autres domaines en faveur de Raimond, son frère.

Raimond de Saint-Gilles se qualifie comte de Toulouse, duc de Narhonne 6» marquis de Provence dans les deux donations qu'il fit en 1088 à l'abbaye de Saint-André ; ce qui prouve : 1° qu'il prenoit le titre de comte de Toulouse du vivant de Guillaume IV, comte de cette ville, son fi'ère, auquel il succéda quelques années après 5 2° qu'il se regardoit par conséquent dès lors comme son héritier présomptif, quoique Guillaume eût une fille qui lui survécut ; mais pour mieux développer ce point important de notre histoire, il faut reprendre les choses de plus haut.

On a déjà vu que Guillaume IV, comte de Toulouse, fut marié deux fois : 1° avec Mahaud qu'il avoit épousée avant l'an 1067 ; 2° avec Emme de Mortaing. Il eut de ces deux femmes au moins deux fils auxquels il survécut : l'aîné^, nommé Pons, vivoit vers l'an 1080 Se mourut fort jeune; il fut inhumé avec son frère dont on ne marque pas le nom. Se qui décéda aussi dans l'enfance, en un même tombeau qu'on voit encore hors de l'église de Saint-Sernin de Toulouse, comme nous l'avons marqué "^ ailleurs. Guillaume

' GalUa Christiana, nov. edit. t. i, p. 873. ■" Tome V, Clmrtes & Diplômes, n. CCLXXVIII.

' Voyez tome IV', Note LU. ^ Voyez livre Xl\', n. cm.

~ An 1088

eut une fille nommée Philippe', d'Emme de Mortaing sa seconde femme. Il la maria ^ vers l'an 1086 à Sanche, roi d'Aragon S<. de Navarre, qui avoit épousé en premières noces Félicic, laquelle mourut le 14 d'avril de l'an io85. Philippe de Toulouse survécut au comte Guillaume, son père, 8c se remaria dans la suite avec Guillaume IX, comte de Poitiers & duc d'Aquitaine. Elle prenoit c(uelquefois le nom de Mahaud.

Guillaume IV, comte de Toulouse-^^ quelque temps après avoir perdu ses deux fils, se voyant sans espérance de laisser des enfans mâles, appela à sa succession Raimond, son frère, Se lui céda ou vendit de son vivant le comté de Toulouse 8c tous autres domaines, auxquels il paroît d'ailleurs que Raimond étoit substitué. Ce dernier se qualifia comte de Toulouse aussitôt après cette cession ou cette vente, 8c on vient de voir qu'il prenoit cette qualité en 1088.

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