XXXI. — S. Théodard ^ archevêque de Narbonne. — Èvêques
de la province.
L'élection de ce prince n'empêcha pas les Normands d'entreprendre de nouvelles courses. Se les Sarrasins, qui jusqu'alors avoient été à ce qu'il paroît assez tranquilles, résolurent d'attaquer de leur côté les frontières du royaume du côté d'Espagne. Il est fait mention du dessein de ces infidèles dans la vie de S. Théodard, archevêque de Narbonne, élu après la mort de Sigebode, son prédécesseur, au mois d'août de l'an 885^. Il est vrai que l'auteur de sa vie paroît assez moderne 5, Se qu'il a inséré dans sa narration plusieurs faits apocryphes ou du moins très-douteux : il devoit avoir vu cependant une ancienne vie de ce prélat, car il rapporte quelques traits conformes
'Voyez tome V, Chroniques, n. V. ^ Vha S. Theodardi. — Cattl, Mémoires de l'his-
' Mabillon, Annal. Bened. ad ann. 884, n. 84 to'ire de Languedoc, p, ySo & suiv. — Bollandistes,
'■'"'î* l'ornai, p. 141 & suiv. — Marco. Hispanica, p. 864
' Capitulaires, t. 2, p. i53i, 5 Voyez tome IV, Note II.
/ An 880
aux monuniens du temps ; ainsi nous le suivrons, à l'exemple des plus habiles critiques qui ont parlé de S. Théodard, en tout ce qui ' n'a rien de contraire à la vérité.
Théodard , qu'on nomme Audard dans le langage du pays , naquit vers le milieu du neuvième siècle, dans l'ancien diocèse de Toulouse, qui étoit alors compris dans l'Aquitaine. Ses parens, distingués par leur noblesse, faisoient leur demeure dans une terre située vers les frontières du Querci, dans l'endroit où l'on a bâti depuis la ville de Montauban. Il répondit parfaitement par la pureté de ses mœurs au soin qu'ils prirent de son éducation. L'auteur de sa vie rapporte que les juifs s'étant présentés au roi Carloman, pour le supplier de les mettre à l'abri de quelques avanies que leur faisoit tous les ans l'évêque de Toulouse, nommé Bernard, avec le clergé & le peuple de cette ville, ce prince ordonna à Sigebode, archevêque de Narbonne, d'assembler sur ce sujet un concile à Toulouse pour y écouter leurs plaintes 8c leur rendre justice. 11 ajoute que Théodard, s'étant présenté à l'assemblée, justifia pleinement les Toulousains & confondit les juifs sur tous leurs prétendus griefs. Mais cette histoire, qui est rapportée plus au long par le même auteur,paroît^ faite à plaisir; elle est du moins fabuleuse dans la plupart des circonstances. L'auteur ajoute que Sigebode, retournant dans son diocèse après le concile, amena avec lui TJiéodard, qui s'attira l'amitié du prélat Se l'estime des habitans de Narbonne par la sainteté de sa vie & la sagesse de sa conduite; en sorte qu'après avoir reçu le diaconat Sv. la prêtrise, on songeoit à l'élever sur le premier siège épiscopal qui viendroit à vaquer dans la province, lorsqu'il fut élu archevêque de Narbonne de la manière qui suit :
Sigebode étant mort, Willerand, évêque de Carcassonne, 8c Agilbert, évêque de Béziers, qui faisoit en même temps les fonctions de commissaire du roi, se rendirent à Narbonne comme les plus voisins, soit pour prendre soin de cette église vacante, soit pour présider à l'élection du nouvel archevêque. Etant Éd-jOrisin. arrivés dans la cathédrale pour cette cérémonie. Théodard fut aussitôt élu par le suffrage unanime du clergé 8c du peuple, qui se réunirent à lui donner cette marque de leur estime. Les évêques de Carcassonne 8c de Béziers consentirent en même temps à ce choix, tant en leur nom qu'en celui du clergé 8c du peuple de leurs diocèses. Ils souscrivirent à l'acte qui en fut dressé 8c qui fut aussi souscrit par quatre archidiacres 8c cinq abbés. Les deux évêques écrivirent ensuite à leurs comprovinciaux pour leur faire part de l'élection de^ Théodard 8c les inviter à la cérémonie de son sacre. Tous les évêques de la province applaudirent au choix qu'on venoit de faire ; mais il n'y eut que le seul Ausinde d'Elne,qui, s'étant rendu à Narbonne, sacra le nouvel archevêque avec Willerand de Carcassonne 8c Agilbert de Béziers, ce qui fut fait un dimanche i5 du mois d'août de Van 885 ou de Vère 928, indiction III.
' BoUandistes, i"mai,p. 368 &suiv.— Baliize, ' Bollandistes, i" mai, p. 368.
MarcaHispanica, p. 364. — Balllet, Fie des Saints, ' Vita S. Theodardi, n. zi & 24. — Bollandistes,
i" mai, p. 29. i*"'' mai, p. 148.
An 885
Macaire de Lodève, Asaëld'Uzès, Ingobert d'Urgel Se Théotarius de Gironc s'excusèrent de se trouver à cette cérémonie parce qu'ils étoient actuellement malades j Frodoin de Barcelone ne voulut pas abandonner sa ville épiscopale, à cause que les Sarrasins se disposoient alors à faire une irruption dans le pays; Boson d'Agde ne put d'un autre côté se rendre à Narbonne, parce que divers brigands ou mauvais garnemens couroient son diocèse, 8c Bernard de Toulouse étoit absent de son église. Enfin celle de Nimes vaquoit alors^ si nous en croyons l'auteur de la vie de S. Théodard; mais il paroit qu'il se trompe, car nous ' voyons que Gilbert en étoit évêque avant &c après l'an 885, à moins qu'il n'y ait eu deux évêques de Nimes de ce nom à la fin du neuvième siècle, de quoi il n'y a aucune preuve. Le même auteur ne dit rien de l'évêquc de Maguelonne, ce qui fait présumera quelques critiques^ que cette église étoit alors vacante; mais outre qu'il manque quelque chose dans cet endroit de la Vie de S. Théodard, nous apprenons d'ailleurs ^ qu'Abbon, évêque de Maguelonne, siégeoit en 878 Scen^ 887. On peut voir, par ce que nous venons de rapporter, que la province ecclésiastique de Narbonne étoit alors composée de douze villes épiscopales outre la métropole, &: que de ce nombre, il y en avoit trois dans la Marche d'Espagne, savoir celles de Barcelone, de Girone Si d'Urgel ; les autres appartenoient à la Septimanie ou marquisat de Gothie.
XXXII. — Rétahlissement de Vévêché d'Ausone dans la Marche d^Espagne.
Il y avoit un quatrième diocèse dans la Marche d'Espagne ; c'étoit celui d'Ausone, qui, ayant été ravagé par les Sarrasins lorsqu'ils s'emparèrent de l'Espagne au commencement du huitième siècle^, étoit demeuré depuis sans évêque 8<. soumis à l'autorité immédiate des archevêques de Narbonne. Les infidèles ayant été chassés de la Marche d'Espagne par les armes de Pépin Se de Charlemagne, on fit une tentative pour rétablir cet évêché vers la fin du même siècle; mais les circonstances n'étant pas favorables Se les Sarrasins ayant envahi de nouveau le diocèse d'Ausone dans le temps de la révolte d'Aïson, ce pays demeura toujours sans évêque Se sous la domination des infidèles, jusqu'à ce que Wifred le Velu, comte de Barcelone Se marquis ou gouverneur général de la Marche d'Espagne, Se ses frères Miron, comte deRoussillon, Se Rodulphe ou Raoul, comte de Conflans, les en chassèrent entièrement. Le premier, de qui le diocèse ou comté d'Ausone dépendoit pour le temporel, le repeupla alors de chrétiens Se songea à rétablir le siège épiscopal. En attendant qu'il pût exécuter ce dessein, il pria Sigebode, archevêque de Narbonne, de continuer de gouverner ce diocèse conjointement avec les évêques voisins. Enfin ce comte, après avoir pourvu à la sûreté de la frontière Se mis la Marche
• Voyez tome IV, Note XVIII, n. i 8<. suiv. "^ Baluze, Concil. Narb. p. 4. — TomelV, 2Vofe II.
' BoUandistes, i*"'' mai, p. 148. ^ jyjarca Hispanica , p. Syo & seq. — Baluze,
î Voyez ci-dessus, n. vui. Miscellanea, t. 7, p. 5i & seq.
An
An 886
d'Espagne à couvert des entreprises des infidèles qui méditoient d'v faire une nouvelle irruption dans le temps de l'élection de l'archevêque Théodard, s'adressa l'année suivante à ce prélat 5c le pria, du consentement du clergé 6c du peuple d'Ausone, de leur donner un évêque. Ce dernier lui accorda volontiers sa demande ; il sacra Godemar pour nouvel évêque d'Ausone, Se le chargea cependant Se ses successeurs, pour marque de l'ancienne dépendance de son église de celle de Narbonne, de payer tous les ans à celle-ci une livre d'argent de redevance.
XXXIII. — Mort de Bernard III, marquis de Gothie 6* comte d'Auvergne. —
Guillaume le Pieux, son fils, lui succède.
Les courses continuelles des Normands ne permirent pas à l'empereur fii°'''S'8 Charles le Gros de marcher en personne contre Boson, roi de Provence, pour tâcher de le dépouiller des provinces de la monarchie qu'il avoit usurpées j mais il paroît qu'il donna cette commission à Bernard III, marquis de Gothie Se comte d'Auvergne, qui mourut en effet en faisant la guerre à ce prince, au nom 8c par les ordres de Charles. C'est ce que nous inférons des paroles suivantes d'une charte' de ce dernier, datée du palais d'Attigni, le 18 du mois d'août de l'an 886. Charles dit dans cette charte, que faisant attention aux marques de valeur 0 de fidélité que feu Bernard, comte 6 marquis, avoit données à son service en s'opposant aux ennemis de VÊtat, 6* en particulier au tyran Boson 6* à ses partisans, 6 en exposant sa vie dans un combat contre ces rehvlles oïl il avoit été tué, il accorde, à la recommandation de Guillaume, comte 6* marquis , fils du même Bernard, qui étoit alors à sa cour, que l'abbaye de Saint-Pierre d'Iseure, dans le comté d'Autun, Scie prieuré de Saint-Révérien, dans celui de Nevers, fussent à l'avenir sous la dépendance de l'évêque de Nevers Se de ses successeurs.
On voit par là : i» que Charles le Gros continua la guerre que Carloman avoit entreprise contre Boson , Se on a lieu de croire^ qu'il reprit sur lui une partie du royaume de Provence, car nous voyons^ qu'il régna à Lyon Se dans les pays situés le long du Rhône, en qualité de successeur du roi Louis le Bègue au royaume de Lothairej 2° que Guillaume, surnommé le Pieux, succéda immédiatement à Bernard, son père, dans le comté d'Auvergne Se le marquisat de Gothie, car il est qualifié comte & marquis"^ comme lui dans la charte de Charles le Gros, 8c il est certain qu'ils possédèrent l'un 8c l'autre ce marquisat j 3° enfin, que Bernard III, marquis de Gothie, étoit déjà mort au mois d'août de l'an 886. Il paroît qu'il vivoit encore au mois de mai de l'année précédente, car nous ne doutons pas qu'il ne soit le même que le très-illustre
' Mabillon, Je Re Diplomatïca, p. 554 , & ad '' Voyez tome IV, Note I, n. i3 & suiv.
ann.886,n. 7 & seq. — Baluze, H/5fo;Ve Je Za OTai- ' Voyez tome II, Note LXXXVII , n. 66 Ce
son d'Auvergne, t. 2 , p. 4. — Besly, Histoire des suiv.
comtes de Poitou, p. 196 & suiv. ■• Baluze, Miscellanea, t. 2, p. i5o.
An 886
3o HISTOIRE GÉNÉRALE DE LANGUEDOC. LIV. XI.
marquis Bernard^ à la prière duquel Charles le Gros confirma ' alors les privî léges de l'église de Lyon, Se on vient de voir, en effet, qu'il faisoit la guerre à Boson , du côté du Rhône, vers le même temps. Bernard III, marquis de Gothie, mourut donc âgé de quarante-cinq ans, étant né à Uzès vers la fin de l'an 840, comme on l'a remarqué ailleurs. On assure^ qu'il avoit épousé Liudgarde en premières noces, & qu'Ermengarde ne fut que sa seconde femme 5 mais^ on le confond avec un autre Bernard, comte d'Auvergne, mari de la première '^. On ajoute^ que la même Ermengarde étoit fille de Warin ou Guarin, comte d'Auvergne. Il paroît'^ plus vraisemblable qu'elle n'étoit que sa sœur. Il eut plusieurs fils de cette comtesse, qui fonda l'abbaye de Blesle '^, en Auvergne, entre autres Warin ou Guarin, qu'on prétend avoir été comte d'Auvergne, du vivant ou après la mort de son père; mais il est certain qu'on l'a confondu avec le comte Warin dont on vient de parler.
Bernard III eut à la vérité un fils de ce nom qui mourut fort jeune longtemps avant lui, mais qui ne posséda jamais le comté d'Auvergne. Il paroît ^ qu'il eut un second fils, appelé Guillaume, qui mourut aussi dans sa jeunesse; il en eut enfin un troisième, nommé Guillaume, Se surnommé le Pieux. Ce dernier lui succéda dans le marquisat de Gothie & le comté d'Auvergne, mais non pas dans les comtés de Bourges Se de Mâcon Se le marquisat de Nevers, comme on l'a avancé, car il n'y a ^ aucune preuve que ni l'un ni l'autre aient jamais possédé ces dignités. Enfin Bernard III, marquis de Gothie, eut deux filles, dont l'une, nommée Ave '^, fut abbesse après avoir été mariée; Se c'est la même qui donna à Guillaume le Pieux, son frère, le lieu de Cluny, où il fonda dans la suite la célèbre abbaye de ce nom; l'autre, qui s'appeloit Adeliude, épousa Acfred, comte de Carcassonne.
XXXIV. — Translation du siège épiscopal de Vêlai dans la ville du Puy. Origine des vicomtes de Polignac.
On donne quelques autres frères à Guillaume le Pieux, entre autres Norbert évêque de Vêlai, qui fut élu, dit-on ••, vers l'an 880, mais on n'apporte aucune preuve de l'extraction de ce prélat. Il paroît du moins certain qu'il
' Baluze, Histoire de la maison d'Auvergne, t. i, au tome II de cette édition l'addition à la
P- 4 & suiv. i^ote LXXXVII. [E. M.]
' Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 6i. ■» Baluze, Histoire de la maison d'Auvergne, t. i,
^ Nous avons déjà dit que Bernard III n'était pas p. 4 & suiv.
le fils de Dodane, mais qu'il était fils de Bernard I, s Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 61 &suiv.
comte d'Auvergne. Ce n'est pas lui qui épousa ^ Mah'iUon, Annal. Bened. aà ann. çio, n. 61.
Liutgarde, puisque celle-ci était sa mère. Sa femme ^ Voyez tome II, Note LXXXVII, n. 64.
s'appelait Ermengarde, comme la seconde femme de » Ihid.
son père. Il eut pour enfants Guillaume le Pieux; » Ibid. n. 68 & suiv. ; n. 70 & suiv.
Warin, mort jeune & avant son père , & peut-être x- Mabillon, Acta Sanctorum ordinis sancti Bene-
un autre fils nommé Guillaume, aussi mort jeune ; dicti. saec. 4, part, i p. 78.
Adelinde, femme d'Acfred, comte de Razès, & non ■■ Ihid. p.' 769. — Gallia Christiana, nov. éd.
pas de CarcasSonne, & Ave, qui fut abbesse. Voyez t. 2, p. 6o3.
An 8î!6
t. Il, p. 19.
transféra au Piiy ou à Anis ' le siège épiscopal de Vêlai , qui avoit été jusqu'alors dans la ville de Saint-Paulhan, la même que l'ancien Ruessium ou Civitas Vetula, capitale du pays. Voici le sujet de cette translation. Après la mort^ de Gui I, évoque de Vêlai, le clergé de cette église se partagea sur le choix de son Kdori-in. successeur; une partie donna son suffrage à Norbert, Se l'autre à Vital, abbé & frère du vicomte de Polignac. Chacun des contendans fit valoir son droit; mais comme le dernier étoit soutenu de l'autorité que le vicomte, son frère, avoit dans le pays, l'autre, quoique mieux fondé, prit le parti d'en venir à un accommodement. Norbert céda donc au vicomte la ville épiscopale appelée alors Vetula & depuis Saint-Paulhan, Se étant par là demeuré paisible possesseur de l'évêché, il transféra sa résidence à la ville d'Anis ou du Puy, où le siège épiscopal du Vêlai a toujours été depuis. Se qui devint ainsi la capitale du pays^. Norbert y transféra aussi les reliques de S. Georges, premier évêque de Vêlai, Se celles de S. Marcellin, ses prédécesseurs. Quant à la ville de Saint-Paulhan, les vicomtes de Polignac l'unirent dès lors à leur domaine.
Ce que nous venons de rapporter est fondé sur d'anciens "^ monumens ; ainsi il ne faut pas chercher avant le neuvième siècle la fondation de l'église cathédrale du Puy, devenue si célèbre dans les siècles suivans. Cela prouve aussi que les vicomtes de Vêlai se qualifioient dans ce temps-là vicomtes de Polignac, à cause que ce château étoit le chef-lieu de leur domaine Se qu'ils V faisoient leur résidence ordinaire. On voit ^ cependant que les successeurs du frère de Vital, ou les vicomtes de Vêlai, ne prirent que le simple titre de vicomtes, comme ceux des autres provinces, jusque vers la fin du onzième siècle, que la plupart d'entre eux fixèrent leur dénomination par celle du chef-lieu de leur domaine.
Au reste, le vicomte de Polignac dont nous venons de parler. Se dont nous ignorons le nom, paroît être le même qu'Armand, vicomte dans le Vêlai, qui, suivant une ancienne chronique*^, eut un fils de même nom, lequel donna différens biens, vers l'an 900, à l'abbaye de Tournus, en Bourgogne, entre autres Véglise de Saint-Georges de la cité vieille {Vetulae civitatis)^ ou de Saint- Paulhan, ce qui confirme la cession dont nous venons de parler, laquelle donna lieu à la translation du siège épiscopal au Puy. Etienne, successeur des deux vicomtes Armand I Se Armand II, SeBelesinde, sa femme, confirmèrent '^ cette donation vers l'an çSo. Et comme les vicomtes de Polignac, qui vivoient dans le onzième siècle, portoient les noms d'Armand Se d'Etienne, c'est une preuve, ce semble, de leur descendance commune. Cette vicomte subsiste encore aujour-
' Voyez tome II, Note LXXX. résidence. Voyez tome II la Note rectificative de
' Acta Sanctorum ordlnis sancti Benedicti. — Gai- Dom Vaissete & notre addition à la Note LXXX,
lia Christiana, nov. éd. t. 2, p. 6ç3. P- 172 à 181. [E. M.]
' Les Bénédictins sont revenus d'eux-mêmes sur "• Voyez tome II, Note LXXX.
l'opinion qu'ils émettent ici au sujet de l'époque ^ Voyez tome IV, Note X.
où le siège de l'église de Vêlai fut transféré au Puy. " Falco, Chronicon Tornodorcnse, p. 20. — Voyez
C'est au septième siècle, sous l'épiscopât d'Evodius, tome IV, Note X.
& non au neuvième, qu'eut lieu ce changement de " Falco, Chronicon Tornodorcnse, p. 25.
An 006
d'hui dans la province ', 8c c'est un des plus anciens fiefs de dignité qui s'y soit conservé. Celui qui en est revêtu tient le second rang parmi les barons qui assistent aux états généraux de la province de Languedoc.
XXXV. — Selva usurpe le siège épîscopal d'Urgel ^ Vautorité métropolitaine dans la Marche d'Espagne sur l'archevêque de Narbonne.
Théodard, archevêque de Narbonne^, étant allé à Rome peu de temps après son sacre pour y recevoir le pallium des mains du pape Etienne VI, le bruit se répandit pendant son absence, qu'Ingobert, évêque d'Urgel, son sufiragant, qui devoitêtre aussi absent du pays & qui l'avoit peut-être accompagné, étoit mort. Ces circonstances parurent favorables à l'ambition d'un clerc appelé Selva, descendant de ces Espagnols qui, sous le règne de Charlemagne, s'étoient établis dans la Septimanie Se la Marche d'Espagne. Cet ecclésiastique, soutenu du crédit Se de l'autorité de Suniarius, comte d'UrgeP, forma le dessein de s'emparer de ce siège, de s'ériger en métropolitain de toute la Marche d'Espagne, qui depuis l'entrée des Sarrasins dépendoit de la métropole de Narbonne, & de faire revivre en sa personne les anciens droits de Téglisede Tarragone. Désespérant toutefois de trouver dans la province des évêques qui voulussent entrer dans ses vues, il partit en diligence pour la Novempopulanie ou Gascogne, Se s'y fit sacrer évêque d'Urgel par deux évêques de cette province. Il apprit peu de temps après qu'Ingobert vivoit encore j cette nouvelle le surprit, mais elle ne le rebuta pas. Se résolu de soutenir sa démarche, il le chassa de son église avec le secours du comte Suniarius, Se après s'être intrus dans son siège, il prétendit exercer les fonctions de métropolitain de la Marche d'Espagne.
La mort de Théotarius '^, évêque de Girone, arrivée après le premier de novembre de l'an 886, Se vers le commencement de l'année suivante, lui en fournit l'occasion. Le clergé Se le peuple ayant élu canoniquement Servus-Dei, qui fut sacré par Théodard, archevêque de Narbonne Se métropolitain de la Marche tfii°p.^2o. d'Espagne, Selva entreprit de son côté de donner, de sa propre autorité, un autre évêque à Girone. Il trouva moyen de gagner Frodoin, évêque de Barcelone Se Godemar, nouvel évêque d'Ausone ou de Vie, Se sacra avec eux un certain^ Hermenmire. Théodard, justement offensé d'une pareille entreprise, en porta ses plaintes au pape Etienne, Se le supplia de vouloir l'aider à la réprimer.
' Voyez, dans les Cartula'ircs de Saint-Julien de Velu & frère de Wifred II, comte de Barcelone. Il
Brioudc & de SauxiUangcs, plusieurs chartes relati- ne doit pas être confondu avec Suniaire II, comte
ves à l'évêque Etienne & à sa famille. Elles peuvent de Roussillon, qui vivait à peu près à la même épo-
servir à compléter les renseignements que donne que. [E. M.] dom Vaissete sur les vicomtes de Polignac. [E.M.] '' FitaS. Tlieodardi, Bollandistes, i" mai, p. i5i
' Vita. S. Theodardi, Bolland. i""'' mai. — Marca & seq. — Marca Hispanica, p. 366 & seq. — Voyez
Hispanica, p. 265 & seq. tome IV, Note II.
^ Suniaire, comte d'Urgel, était fils de Vv'ifrcd le = Marca Hispanica, p. SS^.
An 887