‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 79 sur 227 · LVI. — Abbaye de Montredon dans la Septimanie · texte numérisé non relu

LVI. — Abbaye de Montredon dans la Septimanie

Ce prince exécuta fidèlement l'article de ce traité, suivant lequel il devoit reconnoître Charles le Simple pour son seigneur ; c'est ce qui paroît entre autres par un de ses diplômes"^ suivant lequel il maintint pour le bien de son âme , 6- au nom du roi Charles son seigneur {In eleemosynam domni (S' senioris nostri Caroli) le monastère de Montredon dans la Septimanie, dans la possession de ses biens situés dans les pays de Girone, de Razès Se de Carcassonne, 8e confirma les chartes que les rois, ses prédécesseurs, avoient accordées en sa faveur. Ce diplôme qui est sans date est donc postérieur à la paix conclue entre les deux rois. Téneric étoit alors abbé de Montredon, Se il avoit fait un voyage exprès à la cour pour représenter à Eudes la pauvreté Se le mauvais état de ce monastère, dont on ignore la véritable situation; il étoit vraisemblablement dans le diocèse de Narbonne où l'on voit un lieu de ce nom.

LVII. — Diplôme de Louis ^ roi de Provence, en faveur de V église d'U-^ès.

Durant la division qui régna entre Eudes Se Charles le Simple, Louis , roi de Provence, étendit sa domination sur la partie de ce royaume située à la t^ii°p.*^j3*. droite du Rhône, si tant est qu'il ne l'eût déjà fait aussitôt après son couronnement. Il est du moins certain qu'il étoit maître de ce pays à la fin de l'an 896, puisqu'Amelius, évêque d'Uzès, le regardoit alors comme son souverain. Ce prélat-^ fut le trouver, en effet, à Orange, pour le prier de faire restituer à son église plusieurs biens qu'on avoit usurpés Se de la confirmer dans la possession

' Frodoard, Hlstor'ia Remens, 1. 4, c. 4, p. 595 & ^ Daniel, Histoire de France, p. 862.

seq. — Duchesne, t. 3, p. 356. — Marca Hispanica, "* Mabillon, Annal. Bened. t. 3j p. 3oi, nu-

p. 374. méro 694.

^ Voyez tome IV, Note IV. s Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n XVI.

de ceux dont elle jouissoit actuellement. Louis lui accorda toutes ses demandes 8c lui donna de plus, en considération de sa fidélité 6- de ses services de même qu'à ses successeurs & à sa cathédrale de Saint-Théodorite, martyr l'église de Saint-Bausile située au voisinage d'Uzès, vers le septentrion, que. S. Firmin, évêque de cette ville, avoit fait construire & dans laquelle il avoit été inhumé ; celle des SS. Julien, martyr, André, apôtre, 8c Basilisse, vierge, bâtie au milieu de la ville par les soins du même prélat j celle des apôtres S. Pierre 8c S. Paul que S. Féréol, aussi évêque d'Uzès, avoit fait édifier près de cette ville, du côté du septentrion, 8c dans laquelle il avoit son tombeau j 8c quelques autres églises ou domaines. Il paroît, par un diplôme' du roi Louis le Jeune, que ces trois églises appartenoient à autant de monastères; ainsi celui que S. Féréol avoit fait bâtir à Uzès au milieu du sixième siècle subsistoit encore au milieu du douzième.

An iç)i

LVin. — Arnustey archevêque de Narhonne. — Comté de Minervois.

Arnuste, archevêque de Narbonne, obtint de son côté, en 896, une bulle du pape Etienne, successeur de Formose, pour la confirmation des privilèges de son église. Ce prélat avoit succédé immédiatement, à ce qu'il paroît^, à S. Théodard, quoique les preuves les plus anciennes que nous ayons de son épiscopat ne soient que de cette année; car il est faux^ qu'il ait tenu un concile à Jonquières en 894, dans le diocèse de Maguelonne, comme l'ont cru quelques auteurs. La bulle du pape Etienne dont on vient de parler 8c qu'on peut voir en différentes collections"^, est datée de Rome, le 20 du mois d'août, indiction XIV, la première année après le couronnement d'Arnoul, empereur , ce qui revient à l'an 896. Le pape confirme en faveur d'Arnuste, qu'il qualifie archevêque du premier siège de la sainte église de Narbonne, les privilép^es de cette église, de celle de Saint-Paul de la même ville, 8c du monastère de Saint-Laurent qui dépendoit de la première, 8c leur accorde la possession des biens qu'elles tenoient de la libéralité des empereurs 8c des rois , dans les comtés de Narbonne, de Razès, de Minervois, d'Ausone, de Béziers 8c de Nimes. Le pape ajoute que lorsque le siège de Narbonne viendroit à vaquer, les successeurs d'Arnuste seroient tirés du clergé de cette église, s'il s'y trouvoit quelqu'un digne d'être élu, 8c que dans la vacance des autres églises de la province, l'archevêque de Narbonne, qui présideroit à l'élection des nouveaux évêques , pourroit proposer quelqu'un de son clergé , en cas que dans celle qui vaqueroit il ne se trouvât aucun sujet capable de remplir le siège épiscopal.

Nous trouvons ici le titre de comté donné au Minervois, pays compris alors dans le diocèse de Narbonne, 8c aujourd'hui , pour la plus grande partie, dans

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CIII.

' Voyez tome II, Note XCII.

' Baluze, Not. in concil. Narb. p- 4 & seq.

■* Catel, Mém. pour l'histoire du Languedoc, p. 772. — GalliaChristiana, t. i, p. 371. — Labbe, J/'i/. nova mss. t. 1, p. 804. — Conciles, t. 9, p. 476 & suiY.

An 8<;6

celui de Saint- Pons. On pourroit conclure de là que ce même pays étoit gouverné au neuvième siècle par un comte particulier, 5c qu'il avoit été détaché de lancien comté de Narbonne, en même temps que ceux de Razès 8c de Fenouillèdes, qui faisoient partie du diocèse de cette ville. Nous ne connoissons cependant aucun comte de Minervois, mais seulement des vicomtes de ce pays, dont nous parlerons dans la suite'.

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