‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 2)Chapitre 96 sur 227 · XXX. — Evêques de la Province · texte numérisé non relu

XXX. — Evêques de la Province

De neuf évêques qui assistèrent au concile d'Ausède, il n'y en a que quatre, savoir : Aymeri de Narbonne, Wisande de Carcassonne, Rodoalde de Béziers 8c Thierri de Lodève dont le siège est marqué dans les actes. Nous

' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. LXV. '' Chronologie des abbéi & des évêques de Saint-

' Chronologie des abbés de Saint-Pons^ p. i. Pons, p. 2.

5 Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. LXV, * Ibid. p. 12.

An (.jZ-]

avons déjà parlé des trois premiers : on loue fort ' la piété du quatrième. Nous connoissons d'ailleurs le siège des cinq autres. Rainald^ étoit évêque de Nimes 8c avoit succédé à Hugbert depuis l'an 929. Le pape Jean XI lui donna l'église de^ Valfrancisque dans les Cévennes. Bernard I lui succéda'^ vers l'an 942, Se Begon à celui-ci en 944. Dagbert ou Dagobert étoit évêque^ d'Agde : il avoit succédé à Etienne qui occupoit ce siège en 922. Wabalde ou Wadalde^ occupoit celui d'Elne, &: c'est sans fondement qu'on prétend ^ qu'il étoit évêque de Maguelonne. Ce dernier siège étoit alors rempli par Pons qui assista au même concile d'Ausède, 8c dont il est fait mention dans un acte^ de l'an 947. Enfin Hugues étoit évêque de Toulouse^ depuis environ l'an 927 ou à la fin du pontificat du pape Jean X. Il avoit succédé immédiatement à Arnaud, quoi qu'en disent quelques auteurs qui mettent entre eux un certain Issolus ou Isîo. L'évêque d'Uzès fut donc le seul des évêques de la partie de la province de Narbonne située en deçà des Pyrénées, qui ne se trouva pas au concile d'Ausède : le siège épiscopal de cette ville étoit peut-être vacant.

Les abbés qui assistèrent à ce même concile furent Dacbert '° de Sorèze, Arnoul d'Aurillac, Suniarius de la Grasse 8c Robert de Cannes. On ignore le nom des abbayes d'Eudes 8c de Gui. Il paroît cependant que le premier n'est pas différent de S. Eudes, abbé de Cluny; car l'observance de l'abbaye d'Aurillac, qui fut introduite à Saint-Pons, étoit la même que celle de Cluny, 8c Arnoul, abbé de la première, qui se trouva à ce concile 8c qui avoit conduit à Saint-Pons une colonie de ses religieux, agit" toujours conjointement avec S. Eudes pour la propagation de leur réforme.

La province ecclésiastique de Narbonne, outre les dix diocèses dont elle étoit composée en deçà des Pyrénées, en comprenoit encore quatre autres au delà de ces montagnes dans la Marche d'Espagne, savoir : ceux de Barcelone, de Girone, d'Urgel 8c d'Ausone^ sans compter celui de Pailhas ou de Ribagorça, qui dépendoit en quelque manière de celui d'Urgel. Le premier de ces quatre sièges étoit alors "^ rempli par Willerand 5 le second, par Godemar j le troisième, par Wisade, 8c le quatrième, par Wadamir. Le pape Léon VII écrivit l'année suivante à ces quatre évêques, à Aymeri, archevêque de Narbonne, leur métropolitain, à l'évêque d'Elne 8c à plusieurs autres prélats des Gaules, pour les exhorter à introduire dans les monastères de leurs diocèses la réforme qui s'observoit dans celui de Ripoll au diocèse d'Ausone, 8c à réprimer les vexations des seigneurs qui usurpoient impunément les biens des églises.

' Plantavit, Evêques de Loieve, p. 43 & suiv. =' Gariel, Séries praesulum Magal. p. 92, 2« éd.

" Voyïz tome ÏV, Note XVI, n. 5 & suiv, n. i5. « Capitulaires, t. 2, p. 634.

^ Gallia Christian,! , nov, edit. t. 3 , p. 776 ^ Voyez tome IV, 2/ore XIX, n. 2 8c suiv.

2' seq. «o Mabillon, ad ann. 937, n. 77.

" Voyez tome IV, Note XVI, n. 5 & suiv. n. i 5. " Uid. ad ann. 930, n. 17; ad ann. 937, n. 83.

5 Capitulaires, t. 2, p. 634. " Marca Hispanica, p. 387, 85i. — Mabilion,

« Marca Hispanica, p. 370, 383 & seq. p. 845. ad ann. 933, n. 91.

An 937

XXXL — Évêques d'Alhi. — Ahhayes de Saint-Salvi 6* de Saint-Eugène

de Vieux.

Les autres évêcliés de la Province étoient alors ceux d'Albi, du Puy, de Mende 8c de Viviers soumis à d'autres métropoles. Le premier étoit occupé par Angelvin', successeur de Paterne, lequel siégeoit en 921. Nous trouvons sous lepiscopat du premier un Déodat, abbé de Saint-Salvi, à qui Gauzbert avoit succédé du temps de Miron, évêque d'Albi, qui siégeoit la quatrième année du roi Louis d'Outre-mer. Ce sont là les plus anciens monumens que nous ayons de l'abbaye de Saint-Salvi d'Albi, qui fut peut-être fondée vers la fin du quatrième siècle, après que son saint patron y eut été inhumé. Elle étoit desservie au milieu du dixième par des clercs qui vivoient en commun, Se elle fut gouvernée depuis ce temps-là par des abbés, sous l'autorité des évêques d'Albi, jusque vers le commencement du onzième siècle qu'elle n'eut plus que des prévôts. Elle étoit occupée au commencement du douzième par des chanoines réguliers, dont le nombre fut réduit à quinze, en 1498, 8c qui furent sécularisés en 1623. La châsse qui renferme les reliques de S. Salvi, 8c qu'on conserve encore aujourd'hui avec soin dans cette église, est un monument de la piété d'un comte de Toulouse nommé Raimond j mais on ignore quel est le Ln,°p.°73.' comte de ce nom qui fit ce présent.

L'ancien monastère de Saint-Eugène de Vieux, au diocèse d'Albi, étoit aussi habité par une communauté de clercs ou de chanoines au milieu du dixième siècle, sous l'autorité d'un abbé nommé Adalard, comme il paroît^ par un acte daté de la quatrième année du règne de Louis d'Outre-mer. Adalard étoit déjà abbé de Vieux la deuxième année du roi Raoul. Cette abbaye ayant été réunie en 986 à la cathédrale d'Albi, le titre abbatial fut supprimé depuis.

XXXIL — Uahbaye de Saint-Chajj're en Vêlai se réforme. — Evêques du Puy

6* de Mende.

On voit par là que les moines de diverses abbayes s'étoient transformés en chanoines au milieu du dixième siècle. Une des principales causes de cette décadence de la discipline régulière fut l'usurpation des biens des monastères par les seigneurs séculiers. L'abbaye de Saint-Chaffre dans le Vêlai étoit tombée alors, par cette raison, dans un grand relâchement. Gotescalc^, évêque du Puy, qui avant que d'être élevé sur le siège épiscopal avoit été religieux de ce monastère que nos rois avoient dc.mé en bénéfice à ses prédécesseurs,

' Gallïci Chr'istiana, nov. edit. t. i , p. 8, ^() & ^ \'oyez tome V, Chartes & Diplômes, n. LXVI.

seq. irtsfram. p. 3. — Voyez tome V, Chartes Si Di- — Mabillon, ^«naZ. ordinis sancti Benedicti, ad

plômes, n. LXXII. ann. 938, n. 93. — Gallia. Christiana, nov. edit.

Gallia Christiana, nov. edit. t. 1, p. 47 & seq. t. 2, p. 694 & seq. & p. 764. instrum. p. 3.

An 987

touché de son état, résolut de le réformer. Dans cette vue il pria Arnould, abbé de Saint-Géraud d'Aurillac, d'y rétablir Tobservance de la règle de S. Benoît, ce que celui-ci fit la deuxième année du règne de Louis d'Outre-mer ou l'an 987, Se il y mit pour abbé Dalmace, son disciple. Gotescalc en fit dresser un acte authentique, dans lequel il déclare qu'il avoit établi cette réforme du consentement du marquis Geilinf ^ de plusieurs évéques. Ce Geilin' étoit marquis ou comte de Valentinois, pays qui s'étend en deçà du Rhône jusque sur les frontières du Vêlai. Il avoit pris la protection de l'abbaye de Saint-Chaffre, à laquelle il fit beaucoup de bien, de même que les autres comtes de Valentinois, ses successeurs ^.

Gotescalc ordonna par le même acte qu'à l'avenir le monastère seroit gouverné par un abbé régulier, dont l'élection se feroit de son consentement, & pour engager par son exemple les usurpateurs à rendre les biens qu'ils avoient envahis, il commença lui-même par lui restituer ceux qu'il possédoit en qualité d'abbé bénéficiaire. L'abbaye de Saint-Chaffre rentra par là entre autres dans la possession du lieu de Chamalières dans le Vêlai, où l'on établit depuis un prieuré conventuel qui subsiste encore sous sa dépendance. Géronce, archevêque de Bourges, métropolitain de la province, Begon Si. Gui, successivement évêques du Puy, confirmèrent la réforme de cette abbaye, qui devint depuis très-florissante 8c à laquelle on fit diverses donations, tant aux environs du Rhône, dans le Valentinois 8c le Diois, que dans le Vêlai. On lui donna dans ce dernier pays le lieu de Vorey (VaUis regia), près de la Loire, où l'on fonda dans la suite un prieuré pour des religieuses, qui sont soumises aujourd'hui à l'abbesse de Chasses, monastère situé dans le diocèse de Saint-Flour, sur les frontières du Vêlai 8c du Gévaudan.

Au reste, Gotescalc qui étoit déjà évêque du Puy en çSô, se réserva la principale autorité sur l'abbaye de Saint-Chatfre, 8c il l'exerçoit encore en çSo, comme il paroît par une donation^ qui fut faite alors à ce monastère de divers biens situés dans la viguerie d'Issarles en Vivarais. Il entreprit en 960 '^ un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, 8c passant à son retour par un monastère situé sur les frontières de la Navarre, il y trouva le traité de S. Ildefonse sur la virginité de la mère de Dieu 5 il en prit une copie qu'il apporta en France, 8c dont il fit présent à son église.

XXXIII. — Donation de Raimond-P ons ^ comte de Toulouse, en faveur de la cathédrale de Bé-^iers, — Vicomtes de Bé-^iers 6' d'Agde.

Nous n'avons aucun monument sur les évêques de Viviers depuis la fin du neuvième siècle jusques à la fin du suivant. Quant à ceux de Mende, nous trouvons un Etienne qui occupoit ce siège sous le règne de Louis d'Outre-mer.

• Voyez tome IV, Note XVI, n. 12. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n.LXXXVI.

* Voyez tome IV, Note CXII, la suite chronolo- ■* Mabillon, ad ann. çSo, n. 41. — Gallia Chr'ngique des abbés de Saint-ChafFre. [E. M.] tiana, nov. edit. t. 2, p. 694.

An 937

On ' assure qu'il avoit succédé à Guillaume, qu'on prétend avoir été présent en 908 à la fondation du monastère de Saint-Pierre du Puyj mais outre que cette fondation est de l'an 9985 on ne voit pas qu'aucun évêque de Mende y ait souscrit. On doit donc rayer ce Guillaume du catalogue de ces évêques.

On a déjà vu que Raimond-Pons , comte de Toulouse, reconnut Louis d'Outre-mer pour roi avant la fin de l'an 936. Nous avons cependant une donation^ de ce comte à la cathédrale de Béziers du dix-sept janvier, la première année depuis la mort du roi Raoul. Or, comme ce roi mourut le 14 du même mois 3 de l'an 986, il n'est pas vraisemblable qu'on ait pu apprendre sa mort Éd. origm, en trois jours en Languedoc, d'où l'on pourroit inférer que la donation dont ''' ''^

on vient de parler est de l'an 987, &. que par conséquent, ou Raimond-Pons ne reconnoissoit pas encore le roi Louis d'Outre-mer, ou du moins il avoit cessé de le reconnoître. Quoi qu'il en soit, Pons, qui se qualifie comte 6 marquis dans cet acte, 8c Garsinde, sa femme, donnèrent les lieux de Boujan 5c Tamponian, dans le diocèse de Béziers, aux chanoines de la cathédrale de cette ville. La charte est souscrite par deux vicomtes, Jonus ou Jonas, 8c Aton. Le premier étoit"^ vraisemblablement vicomte de Béziers 8c d'Agde, 8c fils ou frère de Teudo, qui possédoit ces deux vicomtes en 926 8c 988. Nous trouvons ^ vers le même temps dans la Province deux vicomtes du nom d'Aton qui paroissent avoir été de la même famille ; l'un étoit vicomte de Toulouse 8c l'autre d'Albi, 8c c'est sans doute l'un des deux qui souscrivit à la donation du comte Raimond-Pons.

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