LXXXII. — Dotation de V abbaye de Gaillac
On peut encore prouver que Raimond II, comte de Rouergue 8c marquis de
Gothie, gouvernoit alors ses États par lui-même, par l'acte de la consécration^ ^ ^^* d'un autel que fit en 972, dans l'abbaye de Saint-Michel de Gaillac, Frotaire, évêque d'Albi. Ce prélat donna à cette occasion à cette abbaye, en présence de Fulcrand, évêque de Lodève, du comte Raimond, son seigneur, &» de la comtesse Garsinde y sa dame^ plusieurs terres ou villages dans l'Albigeois, avec leurs églises, entre autres celles de Berens, Montans, Falgairolles , Donazat, Saint-Pierre de Gaillac, &c. Le comte Raimond confirma cette donation Se l'accompagna de divers bienfaits à la prière du même Frotaire. Il déclara de plus qu'il vouloit que ce monastère fût habité à perpétuité par des religieux de Saint-Benoît, auxquels il donna ou confirma la ville de Gaillac, le château de Lorm, situé sur une hauteur voisine qui domine le Tarn, le domaine sur cette rivière, depuis Villecourtès jusques à Montans , & plusieurs autres droits ou domaines^.
Il est évident que le comte Raimond qui fit cette donation dominoit sur le pays d'Albigeois; & il ne l'est pas moins qu'il s'agit ici de Raimond deuxième du nom, comte de Rouergue, & non pas<^ de Raimond-Pons, comte de Toulouse, comme plusieurs auteurs qui ont confondu ces deux comtes l'ont cru , car le
■ GaUia Christiana, t. 2, p. Sp. ^ Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n.CVIII,
• Voyez tome IV, Note XXI, n. 3. * WJ.
» nid. Note XVIII, n. 6. « Voyez tome IV, Note VIII, n. 28 & seij.
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dernier étoit alors décédé depuis longtemps. On a cru aussi que la comtesse Garsinde qui consentit à la donation de Tévêque Frotaire, & que ce prélat appelle sa dame y étoit femme du même comte Raimond,mais on se trompe également * : elle étoit alors veuve de Raimond-Pons, comte de Toulouse, & avoit l'administration de ses domaines au nom de Guillaume Taillefer, son fils, qui possédoit par indivis avec Raimond II, comte de Rouergue, le marquisat de Gothie 8c les comtés d'Albigeois &de Querci. Quant à Frotaire, évêque d'Albi, il étoit frère * d'Aton II, vicomte de cette ville 8c de Nimes,
On prétend 5 que Robert étoit abbé de Gaillac dans le temps de cette consécration, & qu'il fut présent quand Raimond, comte de Toulouse, accorda des lettres d'immunité au même monastère, la vingt &• unième année du règne de Louis y roi de France y & à une donation que ce comte fit, en 987, à l'abbaye de Vieux ; mais il n'est fait aucune mention de lui dans ces deux actes. D'ailleurs le premier est certainement du règne de Louis le Jeune, puisqu'il est ^ de Raimond, comte de Toulouse, fils d^ Alphonse. On n'a donc aucune preuve qu'il y ait eu dans le dixième siècle un abbé de Gaillac, appelé Robert, & on l'aura sans doute confondu avec un autre abbé de ce nom qui vivoit au douzième.
LXXXIII. — Dédicace de V église du prieuré de Trémes aiguës dans le diocèse
de Toulouse. — Evêques de cette ville,
Bernard, évêque de Conserans, fit une autre dédicace au moîs^ de janvier de la même année, à la prière de Hugues, évêque de Toulouse. Ce fut celle de l'église de Sainte-Marie de Trémesaigues {Inter médias aquas)^ que JL^oup, primicier & archidiacre de Toulouse, avoit fondée depuis 8c qu'il avoit donnée à Guarin, abbé de Cuxa en Roussillon, qui assista à cette cérémonie. On fonda depuis, dans ce lieu, un prieuré conventuel ou monastère sous la dépendance de cette abbaye. Il étoit situé dans le diocèse de Toulouse, entre les rivières de Lhers & d'Ariége, à un mille de Cintegabelle. Il fut détruit dans la suite, 8c l'abbaye de Boulbonne, de l'ordre de Cîteaux, fondée anciennement dans son voisinage, après avoir été ruinée par les calvinistes, y fut transférée dans le dernier siècle.
Hugues, évêque de Toulouse, mourut cette même année, puisque Aton ^ lui
An 973 avoit déjà succédé au ^ mois de février de l'année suivante. Celui-ci confirma alors avec Aton, son neveu, comte de Ribagorça 8c fils de Loup Asinarius, vicomte de Soûle , les donations faites par leurs prédécesseurs en faveur de l'abbaye d'Alaon au diocèse d'Urgel^. Ce prélat, qui fut le premier évêque de
* Voyez tome IV, Note VIII, n. 28 & suit. n. 5. — Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti,
* Ihid, Note XXI, n. 10. saec. 6, p. i, 3i2 & seq.
' Mabillon, ad ann. 971, n, 77,— GaUia Chris- • Voyez tome IV, Note XIX, n. 5.
tiana, nor. edit. t. i, p. 62. ' Voyez tome V, Chartes & Diplômes, n. CIX.
"* Catel, Histoire des comtes de Toulouse, p. 101, • La charte de Tabbaye d'Alaon, dont parlent ici
^ Mabillon , de Re diplomatica , p. 616, & les Bénédictins, est une charte fausse, ainsi que
Annales, ad ann. 978, n. 99. — Voyez Note XIX, toutes celles qui proviennent de cemonastère; Loup
An 975
/ An 974
Toulouse de son nom, rîe jouit pas longtemps de sa dignité. Isolusou Islus' ^^ «"«j^occupoit cetévêché à la fin du mois de septembre de Tan 974, & il assista alors à la cérémonie de la dédicace de la nouvelle église de l'abbaye de Cuxa , avec les évêques Suniarius d'Elne, Frugia ou Froia d'Ausone, Wisade d'Urgel , Bernard de Conserans & Francon de Carcassonne.