‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives (volume 4)Chapitre 2 sur 186 · II. a · texte numérisé non relu

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retard j le trouble apporté dans les travaux scientifiques aussi bien que dans les transactions commerciales, par les événements de 1 870-1871, en est un autre. Enfin, ajoutons-y la longue maladie qui a fini par emporter le premier &. l'un des plus actifs collaborateurs de l'ouvrage, M. Emile Mabille. Ami de ce savant, son aide assidu pendant les derniers temps de sa vie, nous devons payer ici un tribut à sa mémoire, 8c consacrer quelques lignes à cette existence toute de travail.

Mabille (Émile-Louis) naquit à Tours, le 21 décembre 1828. D'une santé délicate, il fit la plus grande partie de ses études sous la direction de son père &. vint les terminer à Paris, en 18475 ce fut au lycée Bonaparte qu'il passa sa dernière année scolaire & qu'il fit sa philosopbie. Reçu bachelier, il entra d'abord à l'École d'administration, récemment créée. Après sa suppression, deux ans plus tard, il suivit les cours de l'Ecole des Chartes, en subit avec succès les examens Se reçut le titre d'archiviste paléographe, après avoir présenté comme thèse une notice sur les divisions géographiques de la Touraine au moyen âge, travail des plus sérieux, refondu plus tard Se publié dans la Bibliothèque de VÈcole des Chartes. Attaché à la Bibliothèque nationale en i85i, il rendit à cet établissement de nombreux Se utiles services. D'abord chargé du service des manuscrits français, il dirigea plus tard le cabinet des titres. Se apporta à la conservation de cette importante collection tous les soins désirables. Cependant il continuait à s'occuper d'histoire. Se c'était surtout sa chère Touraine qui attirait Se captivait son attention. Esprit net Se lucide, doué de beaucoup de persévérance, il excellait aux travaux de critique proprement dits. Se préférait à des compositions étendues Se plus littéraires des mémoires substantiels Se précis. L'étude des sources, l'examen des rapports entre les chroniques Se les chartes, tels étaient les travaux les plus appropriés à son esprit. Il a laissé dans ce genre de vrais modèles; le mémoire sur V Aquitaine 6- ses marches au neuvième siècle, y Introduction aux chroniques des comtes d'Anjou^ la monographie sur les Pérégrinations du corps de saint Martin sont excellents de tout point, pleins de faits nouveaux, exposés avec clarté Se méthode. Le premier, notamment, qui est le tirage à part d'une I^ote rectificative insérée dans ce volume, obtint, en 1871, une mention au concours des antiquités nationales. II abonde en renseignements inédits Se corrige de nombreuses erreurs des ouvrages antérieurs.

Ce fut en 1866 que M. E. Mabille reçut de M. Dulaurier la proposition de collaborer à la nouvelle édition de V Histoire générale de Languedoc ; il se mit immédiatement à ce nouveau travail Se y apporta les qualités ordinaires

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de son esprit Se ses connaissances spéciales. Esprit méthodique, il s'attacha tout d'abord à débrouiller la première époque de cette histoire, &. c'est à ces quelques années de bon travail que l'on doit la notice sur l'Aquitaine, la préparation des notes du tome I , & la réunion des preuves du présent volume. M. Mabille espérait recueillir bientôt le fruit de tous ces travaux, quand arriva la guerre de 1870 8c les lamentables événements qui la suivirent. Par une obstination difficile à comprendre, notre honorable ami voulut rester à Paris 8c supporter les privations du siège, alors que sa constitution ne lui aurait permis, en aucun cas, d'en partager les dangers. C'est à cette imprudence qu'il faut attribuer la maladie qui nous l'a ravi. Mal rétabli à la fin de 1872, un voyage un peu fatigant, qu'il dut faire alors dans le Midi, acheva de ruiner sa faible santé, 8(. les deux ans qu'il vécut encore ne furent plus qu'une longue suite de rechutes 8c de demi-guérisons. C'est à ce moment que sentant chaque jour ses forces s'amoindrir, il nous choisit pour collaborateur. Se méfiant peut-être trop peu de notre inexpérience, il nous abandonna tout d'abord la plus grande partie de la tâche 8c se contenta d'un simple travail de révision, travail que l'affaiblissement continuel de sa santé lui rendit de jour en jour plus pénible. Après avoir ainsi traîné de longs mois, il s'éteignit le 24 septembre 1874, laissant à tous ceux qui l'avaient connu un peu intimement les meilleurs souvenirs 8c les plus grands regrets.

Héritier de sa tâche, nous nous appliquâmes avant tout à terminer les volumes qu'il laissait inachevés. Le tome II, la fin du tome IV, dont il restait encore plus de deux cents pages à écrire, enfin le tome V, que nous avions commencé sous sa direction, sont là pour témoigner des difficultés que nous avions à vaincre.

Le tome II de la nouvelle édition comprend les Notes critiques du tome I de l'édition princeps 8c les Notes rectificatives 8c additionnelles des nouveaux éditeurs. Parmi ces Notes, outre celles que nous devons à E. Mabille, il faut signaler à l'attention du public érudit les dissertations toutes nouvelles de M. Edw. Barry sur l'histoire de la Province à l'époque romaine j on y verra traitées à nouveau, 8c avec une rare sûreté de savoir 8c de goût, plusieurs questions importantes, telles que celles des expéditions des Gaulois à Delphes, des anciennes populations de la Gaule Narbonnaise 8c des émigrations des Volkesj nous signalerons encore les recherches de ce savant sur l'organisation intérieure 8c la religion locale des pagi, les origines de Toulouse 8c les trophées de Pompée. Plus loin une précieuse Note de M. Ch. Robert fournit sur la numismatique de la Province des idées toutes nouvelles. M. H. Zotenberg, de la Bibliothèque nationale, a bien voulu résumer pour

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nous les passages des auteurs arabes relatifs aux invasions musulmanes en Septimanie. Enfin qu'on nous permette de mentionner une courte dissertation sur quelques diplômes plus ou moins authentiques publiés par dom Vaissete.

La seconde partie du volume est occupée par les preuves j ce recueil, dont l'étendue est presque double de celle qu'il occupait dans l'édition originale, avait été formé par É. Mabille, 8c c'est à nous qu'est revenue la tâche d'en surveiller l'impression 5c d'en dresser la table. On y remarquera des textes inédits du neuvième siècle en assez grand nombre 5 aussi souvent que nous l'avons pu, nous avons revu les documents sur les originaux, \ts fac-similé ou les copies anciennes, 5c nous croyons que plus d'un de ces actes royaux, si souvent publiés, a reçu aujourd'hui pour la première fois sa véritable forme.

Les preuves qui paraissent aujourd'hui ne sont que de deux sortes, les chroniques 5c les chartes 5c diplômes j dom Vaissete y avait joint, pour son tome I seulement, un choix assez restreint de textes épigraphiques de l'époque romaine. Nous avons supprimé cette portion des preuves; en effet, ce n'est pas seulement un choix des inscriptions de la Province qui doit être joint à cette édition, c'est un recueil aussi complet qu'il peut l'être dans l'état actuel de la science. Ce travail, confié à M. E. Barry 5c à M. Germer-Durand, bibliothécaire de Nimes, en préparation depuis de longues années, comprendra un très-grand nombre d'inscriptions romaines 5c des premiers siècles du moyen âge. Ce recueil sera le plus complet qui ait encore paru pour une province de la France, 5c renfermera beaucoup de textes qui manquent aux recueils les plus célèbres'.

Une table des matières des Notes anciennes 5c nouvelles, une table alphabétique des noms cités dans les Preuves 5c un index bibliographique des ouvrages indiqués dans les deux premiers volumes, complètent le tome IL

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