BÉRA. Voir son article aux marquis de Gothie
820-844. Bernard, fils de saint Guillaume. Voir son article aux marquis de Gothie.
844-862. Aledran était comte de Barcelone en 848; il défendit cette ville contre Guillaume, fils aîné du comte Bernard, qui prétendait que ce comté devait lui revenir par droit d'héritage. Le sort des armes ne lui fut pas d'abord favorable, il fut fait prisonnier & Guillaume lui enleva les villes de Barcelone & d'Ampurias. En 85o, il rentra en possession de ces deux places. Les Sarrasins s'étant emparés de Barcelone
en 852, on suppose qu'Aledran périt en cette occasion , car il i\qi\ est plus fait mention par la suite.
Les savants historiens de la province de Languedoc prétendent qu'Odalric ou Udalric, marquis de Septimanie, fut le successeur d'Aledran au comté de Barcelone.
Aucun document ne vient attester ce fait qui toutefois n'est pas impossible. Quant à Humfrid , successeur d'Odalric, il était comte de Besalu, & il n'est pas non plus prouvé qu'il ait été comte particulier de Barcelone. Il peut donc y avoir du doute sur les noms des successeurs d'Aledran, au moins jusqu'en 864, époque de l'érection du comté de Barcelone en marquisat.
I. Salomon. — Ce n'est point Wifred le Velu qui fut le premier marquis de la Marche d'Espagne, comme le disent les auteurs de VArt de vérifier les dates ^ mais un comte franc du nom de Salomon. Charles le Chauve, mécontent des révoltes, continuelles dont les Marches d'Aquitaine étaient le théâtre, après avoir divisé la Septimanie en deux gouvernements pour rendre ceux qui en seraient chargés moins puissants, confia la direction de ces gouvernements à des hommes nouveaux qui, n'ayant pas de racines dans le pays, lui seraient, à ce qu'il croyait, plus fidèles. Ces hommes furent Bernard, fils de Blichilde, pour la Gothie, & Salomon pour la Marche d'Espagne. Les Gestes des comtes de Barcelone constatent fort bien l'antipathie qu'excita , chez les seigneurs établis plus anciennement dans la Marche, la présence du comte franc.
L'auteur de ces Gestes raconte que Salomon mourut poignardé par "Wifred le Velu'. On ne saurait cependant ajouter foi à ce récit par trop romanesque, dont l'inexactitude nous est révélée d'ailleurs par d'autres circonstances. La seule conclusion que nous en voulions tirer, c'est que Salomon fut nommé comte de Barcelone & qu'il fut considéré comme un usurpateur par la famille la plus puissante de la Marche, celle de Wifred le Velu.
Salomon tint un plaid en 868, dans le Conflans, au sujet de domaines qui avaient été donnés à l'abbaye de Cuxa par Anne,
' Gesta com'itum Barc'in. — Marca Hispan'tca, 8cc.
Note
KECTIJ--.
RECTIF.
NOTES SUR L'HISTOIRE DE LANGUEDOC
fille de Béra & de Rotrude'. Il vivait encore en 873, si l'on admet comme nous que c'est lui qui est désigné, sous le titre de mîssus, dans un jugement rendu en son nom en faveur de l'abbaye de Cannes'.
II. WiFRED LE Velu, fils de Sunifred & d'Ermessinde, comte d'Ausone, fut le successeur de Salomon. Les auteurs espagnols prétendent que ce n'est qu'en 874 que Wifred devint comte de Barcelone. Leur opinion paraît très-vraisemblable, puisque Salomon vivait encore en 873. En 888 , Wifred fonda l'abbaye de RipoU dans le comté d'Ausone '. On voit par la charte de fondation de cet établissement que le marquis de Barcelone reconnaissait alors l'autorité du roi Eudes. Elle est datée du xii des calendes de mai, anno primo Odonis régis. En 890, Wifred & sa femme Widinille donnèrent à cette abbaye différents objets mobiliers & assistèrent à la dédicace de l'église "*. Wifred le Velu mourut en 806 au plus tard ; il fut enterré dans l'abbaye de Ripoll. L'auteur des Gestes des comtes de Barcelone, & les autres écrivains catalans après lui, placent la mort de ce comte en 812, parce qu'ils l'ont confondu avec son fils aîné, Wifred II \
III. Wifred II, fils de Wifred le Velu, succéda à son père dans le comté de Barcelone & dans le marquisat de la Marche d'Espagne. Il fut le restaurateur de l'église d'Ausone ou de Vie , & mourut sans enfants en 914''.
IV. MiRON, son frère, fut son successeur. Il épousa Ave, dont il eut cinq fils, & mourut en 928, laissant le comté de Barcelone à son fils aîné '.
V. Sunifred. — Sunifred, fils aîné de Miron, posséda le comté de Barcelone de-
' BaluzCj Capitul. t. 2, append. p. 1490.
' Preuves, Chartes & Diplômes, n. XCVIII.
^ Marca Hispan'ica, append. n. ^5 & 46.
* Ihîd. n. 5o.
^ Voyez à ce sujet la Note précédente de dom Vaissete.
® Archives de la cathédrale de Vie, dans la Collect. Moreau, t. 3, p. 264.
' Sur la comtesse Ave, voyez Marca Hispanica, append. n. 90, 92, 96, io5, 122 & 127, & Collect. Moreau, t. 6, p. 2.
puis la mort de son père jusqu'en 967, date de sa mort. En 9 j3, il assista à la dédicace de la nouvelle église de Saint-Michel de Cuxa qu'il avait aidé à construire. En 967, il donna plusieurs domaines à l'abbaye de Ripoll, &, comme il ne laissait point d'enfants,, il légua par son testament, en date du i" octobre 966, tous ses biens aux différentes églises de la Marche d'Espagne & de la Septimanie '. A sa mort, le comté de Barcelone passa à son cousin germain Borrel, comte d'Urgel.
VI. BoRREL. — Borrel, comte d'Urgel & frère de Suniaire, succéda en 967 à Suniofred, son cousin, dans le comté de Barcelone. Il se rendit plus puissant qu'aucun de ses prédécesseurs. En 971, voulant soustraire les évêchés de ses Etats à la juridiction de l'archevêque de Narbonne , il se rendit à Rome , accompagné du fameux Gerbert, alors religieux d'Aurillac, & obtint une bulle du pape Jean XII pour ériger Ausone en archevêché. Mais cette bulle fut sans effet par l'opposition d'Aimery, archevêque de Narbonne. En 985, les Sarrasins pénétrèrent dans la Marche d'Espagne, le défirent & lui enlevèrent momentanémentla capitale de son comté. Borrel fit son testament le 24 septembre 993 & mourut peu après j son corps fut inhumé dans le monastère de Ripoll. Il fut marié deux fois j Leutgarde, sa première femme, lui donna deux fils : Raimond,qui lui succéda dans le comté de Barcelone, & Ermengaud, qui fut comte d'Urgel.