‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 29 sur 553 · Le même au même · texte numérisé non relu

Le même au même

A Montpellier, le 14'" février 1719. — Je réponds, mon révérend Père, à votre lettre du 3'' de ce mois & je vous envoyé le mandement pour faire payer la pension de mille livres destinée par nos Estats pour vous & dom Vaissette, vôtre associé; moyennant quoy, il ne sera rien dû pour l'année dernière 1718.

Le Prospectus du P. Marclan ne m'a point encore esté communiqué; je suis toujours à cet égard dans les sentimens que je vous ay témoigné par mes précédentes lettres. Les vôtres, dont je ne distingue pas celles de dom Vaissette, m'ont été rendues en leur temps; elles sont au nombre de douze à compter du 14'" septembre de l'année dernière, jusques au 2V janvier de l'année présente. Comme il n'y avoit rien de pressé, j'ay différé à vous donner de mes nouvelles, principalement depuis l'ouverture de nos Estats, qui même ne sont pas finis.

Lorsque vous m'enverrez Testât de la dépense que vous avez faite pour la communication des pièces dont vous faites la recherche & pour le dessein de plusieurs sceaux, tirés des chartes du Roy, j'auray soing qu'on y satisfasse & j'aprends avec beaucoup de plaisir le succéz de vos soings dans ces recherches. (Fonds de Languedoc, t. i85, fol. 19.)

i3. — Le P. Lefournïer^, religieux de Saint-Victor de Marseille,

à dom Vaissete.

Mon très révérend Père, je remis hier au soir à la diligence la copie de l'Histoire des Albigeois' & je l'adressai à Lyon à M. Thiois pour la remettre à la diligence de Paris, à votre adresse. J'ay été bien du temps à répondre à votre lettre obligeante, mais je voulois être en état de vous envoyer la copie que j'ay été obligé de faire, n'étant pas content de ceux qui l'avoint entreprise, & surtout un prêtre forçat m'en demandant une some extraordinaire & quil ne pouvoit l'entreprendre qu'après un assés gros volume auquel il travailloit. Ce n'est pas pour me faire valoir, mon Révérend Père; je vous diray que la copie de M'' de Mazaugues'' n'étant pas des mieux écrites & les mots point séparés, ceux que j'y avois fait travailler me donnoint un galimatias inintelligible & estropioint la pluspart des noms propres. Je ne me flatte pas qu'il n'y en ait quelques uns d'estropiés, n'ayant pas eu le tems de confronter les auteurs qui ont écrit sur cette

' C'est la dernière lettre de M. de la Berchére à ' C'est' la Chronique Je la guerre des albigeois,

nos deux auteurs, qui se trouve dans les recueils écrite en langue romane & en prose, imprimée

de la bibliothèque nationale. II mourut à Nar- dans le tome III de l'Histoire générale de Lan-

bonne, le 2 juin suivant. guedoc. Preuves n. I, & publiée aussi séparément

' Cité dans la préface du tome I de l'Histoire par un indigène (M. de Loubens). Toulouse, in-8

générale Je Languedoc parmi ceux qui ont fourni i863. des matériaux pour cet ouvrage. * Président du parlement de Provence.

histoire, ayant été obligé de faire un voyage à Aix, où j'ay resté une bonne partie du mois d'aoust. Enfin, telle qu'elle est, je vous prie de l'agréer & vous marquer par là & à votre illustre confrère le R. P. Devic combien je vous honore. Je vous prie de ne me pas épargner, s'il se présentoit d'autres occasions au sujet de cette histoire imparfaitte des guerres des comtes de Montfort & Raymond; je suis persuadé que l'histoire des Albigeois en seroit un bon morceau. Nous n'avons aucun auteur qui en parle expressément, la pluspart sont passionnés pour le premier & maltraitent le second qui ne le niéritoit pas tant. Notre historien ne pardonne rien au premier, fait voir son avidité, sa cruauté, sa perfidie, &c.; il n'oublie pas de dépeindre Fouquet de Marseille, evêque de Thoulouse, come le boute-feu avec le légat, tout le mobile de cette affaire, où il entra plus de passion que de religion. Je ne doute pas que si vous vouliez travailler à ce petit morceau en particulier, vous ne nous donnassiez une très bonne histoire & qui seroit fort bien reçue du public, qui, come j'ay eu l'honneur de vous dire, ne connoit point cette histoire. — Marseille, le 4 septembre 1719. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 4.)

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