XCIII. — Euric entreprend la guerre contre Anthème
Euric voyant que ses intelligences avec Arvande avoient été découvertes, comprit^ que l'empereur Anthème, après avoir réduit les Vandales contre lesquels il faisoit de nouveaux efforts conjointement avec l'empereur Léon , son
' Sidoine Apollinaire, 1. r, cp'nt. 7. — Isidore, ' Tillemont, art, 8. sur S. Sidoine.
Chronicon, p. 220. ^ Idatius, ChronicoHj dans Canisiiis, t. 2, p. 014.
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collègue, ne manqueroit pas de tourner ses armes contre lui & de venir dans les Gaules pour le punir de ses mauvais desseins. C'est ce qui l'engagea sans doute à former de nouvelles alliances pour se mettre en état de résister aux attaques de ses ennemis, car on croit' que c'est alors qu'il donna sa fille en mariage à Sigismer, jeune prince de bonne mine 8t fils, à ce qu'on ajoute, d'un roi des François d'au delà du Rhin. Sigismer vint, en effet, célébrer ses noces ^ dans les Gaules, & fit dans Lyon son entrée solennelle dont Sidoine nous a laissé une fort belle description ; mais cette circonstance nous donne lieu de croire que l'épouse de Sigismer étoit plutôt fille d'un roi bourguignon que d'Euric, roi des Visigoths, lequel avoit à peine alors des enfans qui fussent en état d'être mariés 3, ce qui n'empêche pas que ce prince n'ait pu former d'autres alliances avec les François, comme saint Sidoine ne nous permet pas"* d'en douter Se comme on le verra ailleurs^.
Euric étoit déjà très-disposé de lui-même à prévenir les entreprises d'Anthème, lorsque Genséric, roi ^ des Vandales, pour faire diversion St détourner les armes des deux empereurs dont il étoit menacé, l'engagea enfin , par ses présens & ses intrigues secrètes, à déclarer le premier la guerre à l'Empire sans attendre qu'il fût attaqué. D'un autre côté , Genséric engagea en même temps, par ses sollicitations, les Ostrogoths à prendre les armes contre l'empereur d'Orient. Euric se détermina d'autant plus aisément à rompre la paix /^'î n!^'îl',V. avec les Romains, qu'il étoit persuadé c[ue sous la tyrannie du patrice Ricimer, le règne des empereurs d'Occident ne pouvant être ni long ni absolu, il tireroit avantage des fréquentes révolutions de cet Empire. Il résolut donc de prévenir les attaques d'Anthème, de s'étendre dans les Gaules &. d'envoyer une armée au delà des Pyrénées, dans le dessein de continuer la conquête des provinces d'Espagne que Théodoric , son frère 81 son prédécesseur, avoit commencée.