‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 352 sur 553 · V. — Maxime, évêque de Toulouse · texte numérisé non relu

V. — Maxime, évêque de Toulouse

Ce fut sans doute après le voyage que Sidoine fit à Bordeaux, que ce prélat entreprit celui de Toulouse. Il se détourna de son chemin dans la vue de rendre service "^ à un débiteur 8t de lui obtenir un délai auprès de son créancier, qui demeuroit dans une maison de campagne voisine de cette dernière ville. Ce créancier, qui s'appeloit Maxime, étoit un personnage respectable par le rang qu'il avoit tenu auparavant dans l'Empire, & que Sidoine croyoit encore séculier & engagé dans le grand monde; mais ce prélat fut agréablement surpris de voir Maxime entièrement changé, de ne plus trouver en lui ces airs & ces manières du siècle qu'il affectoit auparavant, & de voir au contraire la modestie éclater dans toutes ses actions. Ses discours étoient, en effet, très-édifians ; il portoit les cheveux courts, laissoit croître sa barbe, 8c étoit si frugal dans sa table Se si pauvre dans ses ameublemens, que Sidoine, étonné d'un si grand changement, doutoit si c'étoit véritablement Maxime, son ami, ou plutôt un pénitent. Son étonnement cessa lorsqu'il apprit le choix que le clergé St le peuple d'une ville voisine venoit d'en faire, malgré sa résistance, pour remplir leur siège épiscopal. Le saint évêque de Clermont en eut une joie extrême, & il s'attacha d'autant plus à renouveler ses anciennes liaisons avec cet ami, que leur vie étoit entièrement conforme.

On ne doute ^ point que ce ne soit Toulouse dont Maxime fut élu évêque, ce qui pourroit faire croire que son élection précéda de quelques années la persécution d'Euric, ou que si elle est postérieure, comme il y a apparence, ce prince avoit révoqué alors sa défense d'élire de nouveaux évêques dans les sièges vacans. Nous voyons d'ailleurs qu'Euric rappela saint Sidoine de son exil & le fit sortir de sa prison, & que, nonobstant son indisposition contre lui, il lui permit de retourner dans son diocèse Se d'en reprendre le gouvernement. Au reste, il paroît que sous la domination des Visigoths ariens, les

' Sidoine Apollinaire, 1. 8, epist. 3 & 9. Germanie ou les bandes établies en Italie ou en

' Cassiodore, 1. 3, epist, 3. Gaule. Il en est ainsi des Hérules, dont les Béné-

' Il ne faut pas oublier qu'à la suite des inva- dictins parlent ici; tandis qu'une partie était res-

sions,la situation respective des peuplades ger- tée en Germanie, une autre venait d'envahir l'Iia-

maines avait changé du tout au tout. Les anciennes lie & de renverser l'Empire d'Occident. [A. M.]

ligues s'étaient disjointes, les peuplades s'étaient '' Sidoine Apollinaire, 1. 4, epist. 24. — Tille-

dispersées, & on ne sait jamais, quand les histo- mont, art. 2, 29, & notes sur S. Sidoine.

riens de cette époque mentionnent un nom de ' Baronius, ad ann, 465. — Savar. in Sijonium.

peuple, s'ils entendent par là la peuplade restée en Tillemont, ut supra.

anciens peuples de la Province demeurèrent inviolablement attachés à la religion catholique, Se que, soutenus par le zèle & la piété de plusieurs saints évêques qui illustroient alors les églises des Gaules, Euric fit des efforts inutiles pour les ébranler dans leur foi.

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