M. de Joubert au même
A Montpellier, le iS'aoust 1726. — Mon Révérend Père, je m'étonne que vous n'aies eu aucune nouvelle de M. de Narbonne sur l'impressiou de l'Histoire de la Province. Je conviens qu'il vaut mieux différer de quelque temps de mettre ce premier volume sous la presse, afin de vous donner le loisir de le perfectionner, & il est de la prudence de ne rien précipiter là-dessus. Mais on pourroit dès à présent commencer à travailler aux vignettes & à toutes les gravures & ornemens qui doivent accompagner le premier volume; ce seroit toujours autant de fait; c'est ce que M. de Narbonne réglera à Paris; au surplus je ne sai pas précisément quand il partira.
Votre pensée de donner à la tète du premier volume de notre histoire une description de la Province me paroît très-bonne & très utile, quoique M. de Basville' ait déjà rempli ce dessein dans les mémoires qu'il fit en 1697 pour feu M. le duc de Bourgogne. Il ne sera pas inutile de la donner de nouveau, parce que M. de Basville peut avoir omis plusieurs choses & avoir laissé glisser quelques feutes. Vous nous ferés plaisir de nous la communiquer lorsqu'elle sera achevée. C'est absolument nécessaire que ces sortes d'ouvrages soient examinés sur les lieux pour être exacts.
J'ai écrit en Gévaudan pour avoir un état des lieux situés en Gévaudan qui dépendent du duché de Mercoeur. J'ai écrit aussi à Alais pour avoir les mémoires que vous souhaitiés sur le chapitre de cette église; je vous les envolerai aussitôt que je les aurai reçeu. Je demanderai aussi à M. de Montferrier l'état des paroisses qui sont du diocèse de Mirepoix pour le temporel & de celui de Pamiers pour le spirituel... Je me souviens à propos de cela que dans le Vivarais il y a plusieurs paroisses qui dépendent pour le spirituel des diocèses de Vienne & de Valence. J'en demanderai un état que je vous envolerai aussi. Si vous avés besoin de quelques autres éclaircissemens, vous me ferés toujours un sensible plaisir de vous adresser à moi & je n'oublierai rien pour vous satisfaire, autant que je le pourrai. (Fonds de Languedoc, t. 194, fol. 191.)