‹ Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificativesChapitre 53 sur 553 · Le même à dom Vaissete · texte numérisé non relu

Le même à dom Vaissete

A Montpellier, le 24' février 1728. — Mon très révérend Père, vous m'aprenés le résultat de la conférence que vous avés eue«avec M'"' de l'Isle ' & vous me faites entre-

' La veuve du célèbre Guillaume Delisle, pre- sur ce sujet M. Eugène Thomas, dans son Intro-

mier géographe du roi, membre de l'Académie des duction lithltographique ^ c. 3, Atlas du Languedoc

sciences, mort en 1726. Les Etats avaient traité dressé par ordre des Etats de cette Province, p. 429

avec lui pour faire l'atlas de la Province. Voir & suiv.

igo* PIECES JUSTIFICATIVES. — CORRESPONDANCE.

voir tous les incouvéniens de la levée de la carte par œcouoinie & vous croyés que le forfait coiiviendroit beaucoup mieux.

J'ay receu par le dernier ordinaire une lettre de M'"' De l'Isle du 17 de ce mois qui en me satisfaisant sur ce détail de la dépense, m'a effrayé en même tems, puisqu'elle monte à 142,400 livres, sans y comprendre une pension qu'elle demande sa vie durant, proportionnée aux services & au travail. Il y aura outre cela les frais de MM" de la Societté royale des sciences pour la levée des grands triangles & autres opérations astronomiques, les frais des indicateurs & des personnes qui seront nécessaires à ces MM" & aux ingénieurs, & le prix des instrument?, auxquels M. Maraldy' fait travailler actuellement', en sorte que, grâce faisant, cette carte coûteroit plus de 200,000 livres, outre la pension.

Cette dépense m'allarme avec raison & je tremble de l'entreprendre, dans un tems où la Province est épuisée; ainsy je n'iray pas plus avant, sans en avoir rendu compte à Monseigneur l'Archevêque de Narbonne. Je vous avoue que sur la première proposition que feu M. De l'Isle m'avoit faite, en me disant que les Estats de Bretagne luy avoient offert 40,000 livres pour la levée de la carte de leur province, j'avois cru que la notre pourroit coûter environ 60,000 livres.

Les Estats auroient bien mauvaise opinion de moy, si dans le même instant que je leur ay fait le portrait de la misère de la Province, & qu'ils ont nommé des commissaires pour. trouver les moyens de la rétablir, j'allois les engager dans une dépense aussy considérable.

En un mot, je pense, mon très Révérend Père, que la carte n'est pas absolument importante pour l'Histoire, & qu'on peut la donner au public sans cet ornement, & qu'il n'y aura point de honte d'en dire la raison.

Je n'abandonne pas cependant ce dessein ; mais il faut sçavoir s'arrêter, quand on trouve des mauvais pas. Je me flatte que vous penserés comme moy après la lecture de ma letre; n'en parlés cependant, je vous prie, qu'à votre cher collègue. J'écriray une letre bien polie à M'"" De l'Isle, & nous nous contanterons pour cette année de faire lever par MM. de notre Societté royale les principales positions d'un quartier de la Province. Nous jugerons par cet échantillon du reste de la dépense.

La levée des grands triangles & la position des principaux lieux , telles qu'on se propose de les faire icy, mieux qu'aucun ingénieur géographe, est le principal objet de la carte, & on peut se passer parfaitement des mémoires de feu M. De l'Isle; & nous avons icy d'habillés gens pour remplir les triangles avec la planchète. Cependant je vous prie de différer la communication de l'état alphabétique des lieux de la Province.

Voilà toutes mes réflexions sur cette affaire que je soumets volontiers à vos lumières & à celles du P. Devic. Vous pourrés me faire réponse en droiture à Narbonne où je seray jusques après Pasques. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 176-178.)

47, — Le même au même.

A Narbonne, le 24"^ juin 1728. — Mon très révérend Père, j'aprens avec plaisir par votre dernière lettre du 8 de ce mois que l'impression de notre Histoire avance toujours

■ Jacques-Philippe Maraldi, mathématicien &. ' Maraldi reçut des Etats 4,000 livres pour ces

astronome, membre de l'Académie des sciences, & instruments; les quarts de cercle & les planchettes

neveu de Cassini, mort en 1729. Il succéda à De- étaient l'ouvrage de Langlois; les pendules à se-

lisle dans la charge de premier géographe du roi. condes, de Julien Leroy. (Note de M. Eug. Thomas,

Son neveu, J. Dominique, continua les mêmes étu- p. 432.) des & fut, comme lui, de l'Académie des sciences.

de même que la graveure des moiiumens , planches & vigiietes; vous me ferés grand plaisir de m'envoyer un exemplaire de ce qui est déjà fait.

M. de Joubert vous a sans doute remis un ordre de Monseigneur l'Archevêque de Narbonne pour toucher 1,000 livres & vous u'avés qu'à demander ce qui vous sera nécessaire.

J'ay rendu compte à Monseigneur l'Archevêque de Narbonne, de ce que vous me marqués touchant la Gaule Narbonnoise, & il trouve très à propos ce que vous proposés là dessus. Il ne faut pas laisser manquer cet ornement pour 600 livres; ainsi vous pouvés aller en avant & vous u'avés qu'à parler à M. de Joubert, lorsque vous aurés besoin de fonds.

Mille amitiés, je vous prie, à dom Devic. (Fonds de Languedoc, t. 187, fol. 181-182.)

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