Le même'\ à [dom Devic
A Montpellier, le 14'' juin lySo. — Je ne dois pas différer plus long tems, mon révérend Père, à vous remercier des nouvelles de Rome & de Paris, que vous m'avés mandé par votre lettre du 19 du mois dernier. Il paroît que les affaires sont toujours bien brouillées dans le conclave & que les cardinaux ont bien de la peine à s'accorder sur l'élection du nouveau pape. Comme vous connoissés le terrein, vous devriés leur inspirer quelque dénouement qui réunît toutes les factions & faire nommer un pape qui donne la paix à l'Eglise. C'est le grand point dans la circonstance présente; mais j'avoue que cela n'est pas aisé '.
Je vous félicite de tout mon cœur de ce que le premier volume de votre ouvrage sur l'histoire de notre Province a paru à la Cour & du succès qu'il aura dans le Public. Je compte que M. l'archevêque de Narbonne a commencé de les distribuer & que vous avés été présenté au roi & à tous les ministres. J'attends de vous une relation exacte de ce qui se sera passé à cette occasion, & je vous la demande par l'intérêt que je prends à tout ce qui vous regarde.
Ménagés votre santé, mon révérend Père, afin de pouvoir continuer la carrière dans laquelle vous êtes engagé. Je crois que le second volume de nôtre Histoire sera encore plus intéressant que le premier, & à mesure que vous avancerés, les mémoires deviennent plus abondans & par conséquent l'histoire plus détaillée & mieux éclaircie. Dieu nous fasse la grâce à l'un & à l'autre de voir la fin de ce grand & magnifique ouvrage. Je suis avec un respectueux attachement, mon révérend Père, votre très humble & très obéissant serviteur. (Fonds de Languedoc, t. 184, fol. 139-140.)
6g. — Le marquis d'Aubciis^ à dom Vaissete.
iS' juillet 1730. — [Il lui témoigne son désir de recevoir au plus tôt son premier volume de l'Histoire générale de Languedoc qui a déjà paru.] (Fonds de Languedoc, t. 182, fol. 19.)