Registre des délibérations
3-4. — Cette première bague, portant les armes de la ville et la date de 1652, a été retrouvée il y a quelques années; elle est aujourd'hui déposée à la salle d'archéologie du Musée de Semur. — (Note de M. Carre.) — Registre des délibérations.
second et, pour le troisième, les gants; et que le scindie mettrait ordre aux frais nécessaires pour ce subject (1). »
L'année suivante, et pour donner plus d'éclat à cette fête, on ajouta aux trois prix de la Course une collation à laquelle prirent part les coureurs et l'escorte du maire. Les vainqueurs furent : le sieur de Manche, vice-bailly, pour la bague; le sieur Durey, syndic, pour l'escharpe; et le sieur David, greffier, pour les gants. Après quoi, dit le compterendu, <( ils sont tous venus faire la collation au logis du sieur maieur, qui avait esté préparée par l'ordre du scindie, qui en fera estât en son compte ».
(( En 1654, la bague fut gagnée par le sieur Guyot de Charmolin ; l'escharpe, par le receveur des Consignations de la ville, le sieur Suchon ; enfin les gants par le sieur de Marcy, escuyer. Tous trois, ainsi que les quarante-deux cavaliers qui avaient assisté à la Course, prirent part à la collation offerte par la ville, et dont les frais s'élevèrent à trente-sept livres cinq sols (2) ».
« L'institution de la Course à cheval, dit M. Carre (3), eut pour but le plaisir et l'émulation des gens de condition, autant que l'intérêt de la ville. » Aussi profita-t-on d'une discussion qui s'était élevée en 1708 entre les coureurs pour exiger de ceux-ci qu'ils portassent l'épée et les bottes.
Voici ce qui était arrivé lors de la course de 1708. M. Gaspard Challan, greffier de la maréchaussée, prétendait que M. Nicolas Chaisneau, huissier audiencier en la chancellerie, présidial de cette ville, l'avait arrêté par le bras au moment où il allait toucher le but, et que d'ailleurs ce dernier, n'ayant, comme il avait été convenu, ni épée, ni bottes, ni pistolets, il ne pouvait prétendre au prix. L'affaire fut soumise à la Chambre, qui décida que les gants seraient donnés au dit Chaisneau, bien qu'il eût avoué n'avoir pas même atteint ni touché le but marqué. «Et, pour éviter à l'avenir les contestations qui pourraient naître à ce sujet, il fut résolu et délibéré, eu présence de tous les dits seigneurs magistrats, qu'aucun coureur ne serait reçu qu'il n'ait tout au moins une épée et des bottines, à peine d'être privé du prix qu'il pourrait remporter; ce qui sera publié l'année prochaine, le jour
Registre des délibérations.
Registre des délibérations.
Carre. — Notice sur les Courses de Semur.
V311e <le Seiinii'
Première ba^ie courue en 1652
donnée au Musée parMT Jolv à*^ s! Floeeni en 1854-
de la course, afin que personne n'en ignore, et pour établir certainement cet usage, qui ne paraît autorisé par aucune délibération, quoi qu'on ait consulté tous les anciens registres » (1).
Mais ces mesures furent bientôt jugées insuffisantes, car trois ans après parut la délibération suivante, en date du mercredi 8 Avril 1771 :
(( La Course de la Bague est tombée depuis quelques années dans un si grand avilissement qu'il ne s'est trouvé que des gens de néant, ce qui a rebuté les personnes de condition, qui n'ont voulu entrer en lice avec de pareils concurrents ; la Chambre a délibéré : <( D'hores-en-avant, il ne sera admis aucuns artisans, valets, ni domestiques, mais seulement bourgeois ou gens vivant noblement, ce qui sera publié dans cette ville et dans les environs » (2).
L'arrêté fut suivi d'effet, car, dès l'année suivante, les prix furent gagnés par le fils de M. Nicolas Joly, le sieur Thibault, de Moutiers-Saint-Jean, et Clerc de Saux, habitant à Allerey.
C'est probablement aussi à partir de 1708 que les magistrats, pour ajouter à la solennité de la course, la firent annoncer au son de la cloche Barbe. Mais le prieur, qui trouvait que les cloches ne pouvaient servir à des usages profanes, obtint du Parlement, le 13 Avril 1729, un arrêt qui défendait de sonner la cloche Barbe pour cette fête : « Notre Cour, y estil dit, a maintenu et maintient les dits maire et échevins au droit et possession de faire sonner la cloche appelée Barbe et autres cloches de Notre-Dame du dit Semur pour les usages civils et de police, de la manière que cela s'est pratiqué du passé; l'usage néanmoins leur en demeurant interdit pour annoncer les courses de bagues et de chevaux, et pour annoncer l'arrivée des personnes distinguées, si ce n'est pour le révérend évêque diocésain ou autres personnes constituées en grande dignité ecclésiastique, auxquelles cet honneur peut être dû » (3).
Comme depuis quelques années déjà on avait été obligé d'abréger la Course de la Bague, à cause des accidents occasionnés par le détour qui précède la porte Sauvigny, il fut décidé que la dite porte cesserait d'être le but de la course ;