‹ Histoire générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'an 1832Chapitre 1 sur 30 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La. nécessité de publier une septième édition demandée de mon Histoire universelle depuis le commencement des connaissances historiques jusqu'à nos jours 9 écrite pour les esprits méditatifs , me prouvant l'excessive bienveillance avec laquelle cet ouvrage a été accueilli , me donna la satisfaisante conviction que 9 malgré les imperfections qui peuvent s'y trouver sous plus d'un rapport , le plan général et le style y ainsi que la tendance politique et le point de vue pris pour le choix ainsi que pour la critique des événements , répondent à l'esprit du temps, c. à. d. aux opinions et aux idéejs qui prédominent de nos jours. Cet ouvrage a trouvé des lecteurs bénévoles

dans les classes les plus diverses de la société et m'a valu la récompense la plus précieuse , l'amitié d'un grand nombre de gens de bien. Plusieurs d'entr'eux et d'autres que je ne connais pas personnellement, m'ont fait connaître que, pour rendre plus générale la manièi^ de juger les événements du monde dans le sens de mon travail qu'ils approuvent , pour en faciliter l'acquisition aux classes moins fortunées de la société , et pour rendre cet ouvrage plus propre à l'enseignement dans les écoles du second ordre ^ ils désireraient que j'en fisse un abrégé qui, présentant l'essentiel dépouillé des doctes commentaires et des détails de moindre importance, répondit au but qu'annonce le titre du présent ouvrage.

Satisfaire à une invitation aussi flatteuse pour moi et aussi conforme à la marche du siècle , m'a paru un devoir dont je m'acquitte avec joie» Sans vouloir m'arroger le mérite de la science , prétention que je n'eus pas non plus lors de la publication de mon premier ouvrage , mais animé maintenant par la confiance, comme je le fîis alors par l'espoir encourageant de mettre une production utile sous les yeux des amateurs qui cultivent l'histoire comme la base principale du perfectionnement de l'éducation, sans en faire leur unique étude, je présente ici l'abrégé, rédigé dans le sens désiré pour les lecteun» éclairés de toutes les

classes de la société , et nullement pour les savants et les historiographes du premier rang.

Il me sera permis de &ire à ceux qui jugeront le présent ouvrage, ainsi que le précédent , deux prières fondées sur l'équité. La première, cest d'apprécier d'abord le but qœ je me suis proposé et qui se manifeste dans ma déclaration réitérée comme dans l'ouvrage même ; et la seconde , dans le cas où ils l'approuveront comme utile et conforme à l'esprit du temps j de déclarer simplement dans leur critique si j'ai réellement atteint, ou non, le but que j'avais en vue et jusqu'à quel point j'y suis parvenu.

Il n'y a que deux motifs qui puissent faire condamner un ouvrage quelconque ; c'est lorsque la tendance en est nulle ou repréhensible, ou bien , c'est lorsque l'exécution ne répond pas entièrement ou suffisamment au but. Jusqu'à ce jour j'ai eu le bonheur de trouver en général des juges équitables et de gagner même la bienveillance flatteuse de quelques-uns. Un seul critique, ne se doutant pas même de la tâche que je me suis imposée et par conséquent de la couleur que mon ouvrage doit prendre , ou n'y ayant du moins aucun égard , ne jugeant mon travail que sous un seul aspect et lui supposant un but que je n'avais point (et dont assez d'autres écrivains s'occupent) , Fa condamné

Yïll

péremptoirement d'un style orgueilleux et lourdement arrogant, qui donne plus de prise sur lui qu'il n'en a sur son adversaire. Cette condamnation a été prononcée après que six éditions ont fourni la preuve que le public a jugé mon ouvrage bien différemment. Quelques-uns de mes amis ont voulu m'engager à répondre à ce libelliste anonyme. La meilleure réponse, à mon avis, c'est la publication actuelle de la septième édition.

Page 1