‹ Histoire générale des Arabes (volume 2)Chapitre 8 sur 32 · CRE SET AU UN · texte numérisé non relu

CRE SET AU UN

en jour, il avait alors soixante-trois ans. Il hâta les préparatifs d’une nouvelle expédition en Syrie, et il en confia le commandement à Oucama fils de Zeid. Il comprit bientôt que sa dernière heure-était venue ;

jusqu’au troisième jour avant sa mort, il récita la prière

publique: « Est-il quelqu'un, s’écriait-il en chaire, que

j'aie frappé injustement? Je me soumets au fouet des

représailles. S1 j'ai outragé un musulman, qu’il me fasse subir la peine du talion; si je l’ai dépouillé de son bien, qu'il reprenne ce que je lui dois. » Une femme réclama trois dractimes d'argent qui lui furent payées sur-le-champ. Mahomet, s’affaiblissant de plus en plus, Site son beau-père, Abou-Bekre, de faire la prière à sa place. Le 8 juin 639, il se rendit à la mosquée et adressa encore aux musulmans de sages conseils. Quelques heures après, il expirait entre les bras d’Ayescha.

Telles furent les principales vicissitudes de la vie de cet homme extraordinaire. L’impulsion qu’il donna par son génie aux peuples de l'Orient fut si puissante, qu’après douze siècles le mouvement dure encore. Certes,

tout n’est pas à louer dans l’œuvre immense qu’il avait

entreprise; mais quand on songe aux obstacles de tout genre qu'il devait rencontrer, aux profondes racines que les pratiques barbares de lidolâtrie avaient jetées au milieu de ses compatriotes, aux améliorations sans nombre dont le triomphe fut assuré par l’autorité de sa parole, on ne peut se défendre d’un sentiment d’admiration en présence des grands résultats qui lui sont dus.

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