‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 109 sur 424 · LA COLONNE TRAJANE · texte numérisé non relu

LA COLONNE TRAJANE

L'art du bas -relief se développe sur les arcs de triomphe tt les colonne»

monumetitales avec une magnificence qui n'a pas été dépassée. La colonne Trajane comprend cent sujets et plus de deux mille cinq cents figures.

Les figures, au lieu d'être disposées comme au Parthéuon, sans grand relief, le plus souvent de profil , de manière à valoir par ellesmêmes, sont accumulées, superposées comme dans des peintures. Mais les détails caractéristiques de I.' fonction ou de la nationalité du personnage , les types , les costumes les aru-Ures, la disposition des groupes, la nature des sujets, font de ce monument un document | historique à peu près unique, et l'on a pu dire que la colonne Trajane oiaitpourla vie militaire dt;:, anciens Romains ce que Pompe* est pouj" leur vie civile *.

1. Il ne reste que peu de chose ^ de la colonne élevée à Antonin Pieux. La colonne Antonlne, élevée I par Marc-Auréle (ilarcus Âurelius Autoninus) se dresse encore à peu près intacte sur la place Colonna à Rome ; mais il suffît de la comparer à la colonne Trajane pour voir combien la décadence a été rapide. ^^H- '''"

.H r«loDae Tr^ane.

Les sarcophages à reliefs deviennent surtout en usage à partir des Antonins; ces reliefs représentent le plus souvent des scènes allégoriques ou mythologiques. Mais on les décore aussi de scènes de la vie usuelle, comme dans les tombeaux égyptiens et parfois les tombeaux étrusques. Tel est le sarcophage de Florence où est sculptée la vie d'un jeune Romain; celui du Louvre où l'on voit des scènes de la vie enfantine (voiture à chèvres, l'enfant et son professeur). Cette tendance réaliste, qui rappelle l'art assyrien du temps de Sennakhérib, se montre mieux encore, parle choix même du sujet, dans des œuvres plus modestes, telles que le tombeau d'un boulanger où sont représentés les travaux de sa profession.

bas-rolief du tombeau d'un boulanger.

La villa d'Hadrien. — Mais le monument peut-être le plus caractéristique du temps est la villa d'Hadrien à Tibur (Tivoli) K

C'est là que l'ou voit le mieux appliquées à l'art les reclurches d'éclectisme et de curiosité érudite dont témoignent la littérature et la philosophie de cette période. Hadrien, qui avait au plus haut degré ces deux traits de l'esprit de ses contemporains, vouiut réunir dans un même espace les constructions qui convenaient le mieux à ses goûts, avec la reproduction réduite des monuments et même des sites qui l'avaient le plus frappé dans ses nombreux voyages.

On y voyait deux bibliothèques, l'une grecque, l'autre latine, un théâtre grec, un théâtre latin, des thermes. Là, c'était le Lycée, plus loin l'Académie, ensuite le Pœcile d'Athènes avec les copies des peintures qui en couvraient les murs. Des

1. Dessins de Nibby; envois de Rome de M. Dauuiet elde M. Esquié. P. Gusman. La TiZ/o d'Hadrien.

LA VILLA HADRIANA

rilles et des régions entières y étaient représentées comme en miniature : Canope avec son canal et son temple de Sérapis, la vallée de Tempe avec un petit ruisseau qui reçut le nom de Pénée. Le monde réel n'avait pas même suffi, et un ravin avait été disposé de manière à figurer les Enfers, tels sans doute que les dépeignaient les poètes. — Ainsi la villa d'Hadrien était non seulement un remarquable ensemble de

Fig. ill. — Bas-relief de la colonne Trajane.

constructions, mais le dernier mot de l'art des jardins dans l'antiquité, mélange ingénieux de ce que nous appelons aujourd'hui le jardin classique et le jardin anglais. Hadrien annonce même les jardiniers paysagistes modernes. En cherchant les analogies naturelles qui existaient entre telle ou telle f partie de son domaine, et les sites qu'il voulait reproduire, il a suivi la nature plus qu'il ne l'a transformée; il a consulté « le génie du lieu * ».

1. Expression de Charles Blanc dans la Grammaire des ans du dessin. Les simpies particuliers mettaient le plus grand luxe et la plus grande variété dan» l'aménagement et la construction de leurs villas, comme le montrent les peintures de Pompéi, aussi bien que les debcriptions de Pline le Jeune (V, 6; IX, 36, 40) et de Varron, dont la volière a été célèbre. On peut comparer à U villa d'Hadrien les constructions cosmopolites que l'on a vues aux diverses expositions universelles (par exemple le quai et la rue des Nations en 1900) et les monuments répandus par le roi Louis de Bavière dans la ville de Munich.

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