‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 111 sur 424 · I. - PEINTURE ET MOSAÏQUE · texte numérisé non relu

I. - PEINTURE ET MOSAÏQUE

Les débuts de la peinture à Rome. Tableaux militaires. — Le

goût de la peinture remonte assez loin dans l'histoire romaine. En 493, deux Grecs décoraient à Rome le temple de Cérès, et bientôt après un patricien, Fabius, surnommé à cette occasion Pictor, ne dédaignait pas de donner le premier aux citoyens romains l'exemple de la pratique de cet art. En 320^ un tableau du Triomphe de Papirius Cursor était placé dans le temple de Vertumnus et Consus. En 262, Valérius Maximum Messaua ou Messala exposait publiquement un tableau sur la prise de Messine qui lui avait valu son surnom. Sempronius Gracchus fit de même pour sa victoire de Bénévent (215). De même encore Mancinus, monté le premier à l'assaut de Carthage, fit reproduire une vue d'ensemble de la ville avec les travaux de défense et d'attaque, sans oublier le personnage de Mancinus mis en bonne place. Il exposa ce tableau sur le forum, l'expliquant à ceux qui s'arrêtaient pour le regarder. Cela lui valut le consulat pour l'année suivante. Ces œuvret militaires étaient des sortes de panoramas topographiques, genre pratiqué encore de nos jours, comme on le voit dans la galerie des tableaux-plans de Versailles *.

1. Comparer certaines planches de Callot et de Beaulieu, ainsi que la galeri* des « Grandes Actions de M. le Prince ». à Chantilly, etc.

LA PEINTURE. — POMPEI

Collections d'œuvres d'art. — Un grand nombre d'œuvres d'art de toute sorte et particulièrement de peintures, enlevées aux pays grecs, s'accumulèrent bientôt à Rome. Vers la fin de la République, des particuliers avaient formé à grands frais des collections de tableaux : celle de Lucullus était une des plus célèbres. On plaçait les peintures dans de magnifiques galeries ou pinacothèques, qu'on avait soin d'exposer au nord, tandis qu'on exposait les bibliothèques au levant ^ Ce goût s'accrut encore sous l'Empire. Il y eut des pina cothèques impériales, dont la surveillance fut confiée à des fonctionnaires spéciaux, du moins depuis les Antonins ^. Pline l'An cien se plaint de ce que les œuvres d'art qui s'entassaient dans les maisons romaines prenaient la place non seulement des archives de famille, mais encore des images des ancêtres et des dépouilles des nations vaincues, témoignages toujours présents de leurs exploits.

La fresque. Pompéï. — Vers le temps d'Auguste, la fresque se substitua généralement à la détrempe et à l'encaustique, qui avaient été employées jusque-là presque toujours, même pour les peintures murales ^ Ce procédé expéditifputcontribuer alors, contrairement à ce que l'on vit

Fig. 112.

Fragment du Télèphe retrouvé,

peinture d'Herculanum.

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