L'ARC SUR COLONNES. — COUPOLE
dit byzantin, qu'il serait plus juste d'appeler, comme le veut M. Bayet, l'art grec du moyen âge, ou l'art néohellénique. Cet art semble avoir apparu d'abord en Asie Mineure. Il procède à la fois de l'art romain, de l'art grec et de l'art persan tel que l'avait pratiqué la puissante dynastie des Sassanides, rivale des empereurs d'Orient. Car, dans l'art comme dans la nature, les révolutions sans transition sont rares, et toute nouveauté se rattache par quelque point au passé; mais l'ensemble et la conception définitive n'en sont pas moins originaux.
Éléments de l'art byzantin : 1° l'arcade sur la colonne. — Ce qui caractérise principalement l'art byzantin, quelles que soient les tentatives isolées qui aient été faites avant lui dans le même sens, c'est la combinaison intime de la colonne avec l'arcade comme éléments principaux delà construction. Les Romains, appréciant l'utilité de l'arcade et la beauté de la colonne, n'avaient su que les juxtaposer et n'avaient fait le plus souvent de la colonne qu'un ornement encadrant l'arcade, longeant les pieds-droits et allant se joindre à une petite plate-forme surmontant cette arcade. Mais lorsqu'un nouvel art grec se forma, l'esprit logique des Hellènes répugna à cette espèce de contresens qui réduisait un élément de force et de support à n'être presque plus qu'un simple motif de décoration. Ils imaginèrent de faire porter les deux extrémités de l'arcade sur les chapiteaux de deux colonnes voisines, lui donnant ainsi le rôle que jouait l'architrave dans l'architecture grecque classique. Gela suffisait à constituer un art nouveau.
2** La coupole sur pendentifs. — On ne s'en tint pas là. Les Romains avaient connu la coupole portant sur une maçonnerie cylindrique, et le Panthéon d'Agrippa est, pour la majesté, l'élégance et l'admirable habileté technique de l'exécution, un modèle qui n'a pas été dépassé. Les Byzantins, s'inspirant ici des procédés qui remontent
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peut-être à l'ancien art assyrien, et qui n'avaient jamais été abandonnés en Orient*, mais leur donnant une importance inattendue et une physionomie nouvelle, créèrent la coupole sur pendentifs dans sa forme définitive; ce qui leur permit de couvrir avec une calotte hémisphérique fà base circulaire par conséquent) une surface polygonale et principalement , ce qui était la grande difficulté , une surface carrée. C'est de la coupole sur pendentifs qu'est sortie en grande partie l'architecture du moyen âge et même l'architecture moderne.
Tâchons de donner en quelques mots une idée du pendentif. Une coupole hémisphérique pourra s'appuyer sur les murailles de la construction carrée en quatre points; mais il y aura quatre triangles à base curviligne à remplir. Pour cela on détermine sur chaque face de la construction une arcade. Dans les angles curvilignes formés par ces arcades perpendiculaires entre elles , on construit une voûte triangulaire en encorbellement appuyée sur les deux arcades et continuée jusqu'à leur sommet; l'on rachète ainsi les quatre angles du carré. (F. fig. 128.) Les voûtes qui s'avancent en porte-à-faux au-dessus du sol portent le nom significatif de pendentifs.
3° Nouveau chapiteau. — 4° La croix grecque. — 5° Importance de la mosaïque. — A la coupole sur pendentifs, à l'arcade sur colonnes, ajoutons aussi :
l°Les nouvelles formes de chapiteaux à ornementation variée , empruntée au règne animal comme au règne végétal et présentant souvent une forme cubique ou l'apparence d'une pyramide tronquée et renversée.
2° Le plan de la croix grecque, c'est-à-dire à branches égales, adoptée pour la plupart des églises, du moins pour l'aspect général intérieur; car pour l'extérieur il arrive souvent que le plan présente un carré à peu près
1. F. p. 37, 43 et 214. Le palais de Sarvistan, est peut-être du iv« siècle avant Jésus-Christ. — Église d'Oum-es-Zeitoun, date de 282 ap. J.-C.
LA xMOSAIQUE. — JUSTINIEN 223
régulier, les rentrants de la croix étant occupés par des constructions accessoires.
3° L'emploi de la mosaïque comme système préféré d'ornementation. Les Romains en avaient fait un grand usage; ma:», en général, sauf à la fin de l'empire et dans les monuments chrétiens, elle ornait exclusivement les parquets ; la mosaïque chez eux est horizontale. Les Byzantins lui donnent un rôle plus conforme à son objet : placée verticalement, elle décore les murs, et tient la place de bas-reliefs et de peintures. L'église byzantine diffère aussi dans sa technique de la basilique latine, en ce que la voûte en maçonnerie est employée partout pour couvrir les diverses parties du monument.