‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 134 sur 424 · IV. — SCULPTURE. — ARTS INDUSTRIELS. — PEINTURE · texte numérisé non relu

IV. — SCULPTURE. — ARTS INDUSTRIELS. — PEINTURE

Sculpture ; orfèvrerie. — La grande sculpture ne semble pas avoir été favorisée à l'égal des autres arts; elle fut supplantée par la mosaïque, dont on a parlé plus haut. L'art des modeleurs byzantins se retrouve, il est vrai, dans les œuvres d'orfèvrerie. Mais nous ne pouvons en juger complètement par les pièces conservées dans les trésors des églises de l'Occident; car la Pala d'Oro de Saint-Marc de Venise elle-même est bien loin des merveilles que nous rappelions à propos du palais impérial*. Dès le VI® s. les Byzantins fabriquaient les émaux cloisonnés.

Les tapisseries ; le costume. — Les riches tentures, les tapisseries, ont toujours été un des luxes de l'Orient. L'usage des étoffes précieuses et historiées a été favorisé par l'introduction dans l'empire du miirier et du ver à soie, principalement autour de Constantinople, en Ihessalie et dans la Grèce propre.

1. Dans l'église du Mont-Cassiu, les vantaux de bronze de la principale porte sont inscrustés d'inscriptions en argent. C'est la nomenclature des propriétés de l'abbaye en 1066, année où l'abbé Didier, depuis pape sous le aom de Victor III, fit exécuter cette porte à Constantinople.

L'abandon de plus en plus général des costumes simples de l'ancienne Rome donna une grande extension à ces fabrications. La toge de tel sénateur chrétien contenait jusqu'à six cents figures représentant les faits de la vie du Christ. « Lorsque des hommes ainsi vêtus, dit Astérius, évêque d'Amasie (et ce témoignage remonte au iv® siècle), paraissent dans la rue, les passants les regardent comme des murailles peintes. Leurs habits sont des tableaux que les petits enfants se montrent avec le doigt; il y a des lions, des panthères, des ours, des rochers, des bois, des chasseurs. » Les mosaïques attestent la vérité de ces descriptions. Sur la bordure de la robe de Théodora à Ravenne on voit l'adoration des Mages. Le trésor de Saint-Pierre de Rome conserve une magnifique dalmatique à figures sortie des fabriques byzantines. Mais les pièces les plus belles ne pouvaient que rarement se répandre en Occident; une loi empêchait l'exportation des œuvres des ateliers impériaux, sauf l'autorisation formelle de l'empereur.

Décadence générale après la dynastie macédonienne. — Les troubles qui suivirent la chute de la dynastie macédonienne, les destructions sauvages qui accompagnèrent la prise de Gonstantinople par les croisés en 1204, portèrent à l'art byzantin, aussi bien qu'à l'empire, des atteintes dont il ne devait pas se relever, malgré les efforts des Comnènes et des Paléologues. La convention liturgique et la routine envahissent tout : le modèle vivant n'est plus consulté. On copie des copies de copies.

La peinture byzantine conservée au mont Athos. — Cependant la peinture byzantine s'est maintenue dans les couvents du mont Athos; on y glorifie encore le fameux Michel Pansélinos de Salonique qui y travailla, peut-être au xii' siècle, et on y applique les principes de l'ouvrage de son admirateur Denys : Guide de la peinture.

La peinture byzantine est essentiellement décorative. C'est comme une mosaïque plus simplement exécutée. Les formes consacrées semblent faire partie de la liturgie, et les Grecs les ont imposées même aux artistes étrangers et modernes

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