‹ Histoire générale des beaux-arts, contenant plus de 300 illustrations d'après les œuvres les plus célèbresChapitre 177 sur 424 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DÉVELOPPEMENT DE l'aRT ROMAN

Les diverses écoles de l'art roman. — Prépondérance de l'architecture française, — Ecoles de Bourg-ogne (Cluny), d'Auvergne (Notre-Dame du Port, à Glermont), d'Aquitaine (Saint-Sernin de Toulouse), de Provence (Saint-Trophime d'Arles), du Poitou (Saint-Hilaire de Poitiers), du Périgord (Saint-Front de Périgueux), du Limousin (Solignac), de l'Angoumois (cathédrale d'Angoulême), de la Loire (Saint-^Martin de Tours, Saint-Benoît). — L'art roman au nord de la Loire; Normandie (Caen, Mont-Saint- Michel; . — Extension de l'influence française, Angleterre (Norwich), Scandinavie (Rœskild) , Orient (Saint-Sépulcre), Espagne (Saint-Jacques-de-Compostelle) , Belgique (Tournai). — École rhénane (Worms, Spire). — Italie : Pise, Florence, Vérone, Milan. Les baptistères, les cimetières. — Sculpture. Peinture, fresques, vitraux. — Conclusions sur l'art roman.

Les diverses écoles de l'art roman. — Prépondérance de l'architecture française ^ — L'architecture française occupe, dès la période romane, le premier rang, qu'elle conserve pendant tout le moyen âge, moins encore par la beauté et le nombre des monuments élevés que parce que c'est sur notre sol, en y joignant la rive gauche du Rhin, que l'art roman s'est principalement constitué, a marqué les phases de son développement et accompli ses progrès décisifs. C'est en France qu'ont été créés les types les plus variés; c'est en France que se sont constitués, à partir de la fin du xi^ siècle, la. plus grande partie des écoles architecturales qui devaient se continuer, en changeant,

1. V. Y Histoire de l'Architecture de Choisy,l. II et l'Histoire monumentale de la Franc* d'Anthyme Saint-Paul. Cet excellent ouvrage n'a que le tort (et on ne doit pas sans doute l'imputer à l'auteur) de ne pas indiquer les sources. — Pour l'architecture civile et les arts industriels, voir le livre suivant, ch. ui et iv.

il est vrai, d'importance relative, pendant la période ogivale. Ces écoles se reconnaissent à la différence non seulement du style de leurs monuments, mais à la nature de leurs matériaux et de leur système d'ornementation. A leur tête se placent l'école bourguignonne, l'école d'Auvergne et, en dehors de France, l'école rhénane.

École de Bourgogne. — Cluny. — L'école bourguignonae a pour centre Cluny. Par 1 influence qu'elle a exercée el par celles qu'elle a acceptées (écoles lombarde et rhénane), tout en gardant son originalité, elle résume mieux que d'autres les principaux caractères de l'art roman. Elle se distingue par la hauteur de ses voûtes, l'importance elle nombre de ses tours octogonales à nombreux étages, par sa hardiesse à s'affranchir de la tradition, en sachant aussi bien que d'autres profiter des souvenirs de l'antiquité. C'est ce que montrent Notre- Dame de Beaune, la cathédrale d'Autun, la Madeleine de Vézelay et Saint-Philibert de Tournus *.

Dans la dernière période de l'art roman on peut distinguer dans l'école bourguignonne deux tendances différentes. L'école de Cîteaux (Cistercienne), à l'appel de saint Bernard, revient à plus de sévérité, de simplicité, tandis que Cluny continue à dévelop|)cr son luxe.

École d'Auvergne. — Clermont. — L'école d'Auvergne, qui s'étend jusqu'à l'école provençale à l'est, se dislingue par la multiplicité de ses chapelles rayonnantes autour de l'abside, ses clochers octogonaux à deux étages placés sur la croisée du transept, l'emploi fréquent de demi-berceaux pour couvrir les bas côtés, les colonnes engagées servant de contrefort. Elle a su profiter des ressources que lui offrait le sol et tirer d'heureux efTets de l'emploi de pierres de diverses couleurs Le trac'.yte et le basalte, pierres dures d'un gris sombre donne un aspect particulièrement imposant à certaines églises le l'Auvergne. Clermont est le centre de cette école. Son

1. Daus cotte église, chaqim travée de la grande nef est couverte par UD berceau dont l'axe est perpendiculaire à l'axe de la nef ellc-aième, procédé de construction dont on ne connaît pas d'autre exemple, du moins pour les orandes nefs, car à Lescar et ailleurs il est employé pour les bas côté».

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