HOLLANDE. — L. DE LEYDE. — A. MOOR
Bruges, qui conservaient plus que jamais leur supériorité en Europe, des modèles dignes d'eux. Parmi les suites les plus célèbres fabriquées alors, citons encore l'Histoire de Viilcain,\es Victoires duduc d'Albe, l'Histoire de Psyché. « Le peintre Couke , d'AIost, fonda avec succès une fabrique de tapisserie à Constanlinople ». (Muntz, G. des beaux-arts, oct. 1892.) Les psintres flamands à l'étranger. Campana. — Malgré les restrictions que l'on doit faire, la vitalité de l'art en Flan dre s'affirmerait par le seul fait du grand rôle que les peintre! originaires de ce pays jouent à l'étranger, en France, Italie, Allemagne, Hollande, Espagne. C'est un Flamand, Peter Kampener, Pedro Campana (1508-1580), qui fonda à vrai dire l'école de Séville. Sa Descente de croix excitait encore, à la fin du xvii^ s., une admiration profonde chez Murillo. Malgré ce qui lui reste de rudesse, elle est une des œuvres les plus importantes de l'école flamande à cette époque. Elle marque, dit Wauters, une date dans son histoire; car, tout en rappelant Van der IVeyden, elle fait déjà penser à Rubens. Spranger (1546-1627) fut le peintre officiel de Pie V puis de Rodolphe II.
La peinture en Hollande. Lucas de Leyde. Les romanistes. Les genres divers. Le portrait. A. Van Moor. — Dans les Pays-Bas du Nord la situation artistique est analogue. Nous y trouvons d'abord, parmi les contemporains de Matzys , un grand artiste national , Lucas de Leyde (1494-1533), célèbre surtout comme graveur, et que Vasari place à ce titre au-dessus même de A. Diirer. Lucas de Leyde sut, un des premiers, faire intervenir les jeux d; lumière dans les gravures. A l'âge de douze ans il avail déjà fait un tableau de Saint Hubert qui excita Tétonne*. ment des artistes. Son œuvre principale est un triptyque de Leyde [le Jugement dernier). La noblesse et la généro«i site de son caractère étaient égales à son talent.
Puis vient /ea« Schoorel (mort en 1562), qui, après avoir été à Rome conservateur du musée du Belvédère, revint dans son pays et chercha à y répandre l'imitation de Raphaël (la Mort de la Vierge à Bruges). L'école de Michel-Ange dominera ce-
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pendant avec Martin Van Heemskerck (1498-1574) et surtout Cornélis de Harlem (né en 1562). Celui-ci poussa plus loin que pei'sonne [Massacre des Innocents) l'irritant étalage des muscles boursouflés et contorsionnés sans raison.
Le véritable art hollandais allait être beaucoup plus long que l'art flamand à se dégager de cette période de transition. Tandis que Rubens règne à Anvers, les représentants les plus en vue de l'école hollandaise sont Adam Bloemart avec ses belles allégories mythologiques où l'italianisme domine (1565- 1647), et Pierre Lastman, l'élève tempéré de Cornélis de Hai lera. Il faut y joindre Gérard Honthorst (1590-1656), qui eut une grande réputation en Italie par ses effets de lumière (d'où son surnom Gherardo délia Notte) ; il a fait des scènes familières, des tableaux religieux et mythologiques très agréables [Concert, L'Enfant prodigue, la Nativité), mais ses portraits surtout ont du caractère. Il est vrai que des genres distincts, bien en rapport avec le caractère que prendra plus tard l'école, commencent à se dégager. La peinture de marine débute avec Henri Wroom (né en 1566) , la peinture d'architecture avec Vredeman de Vrees (né en 1527) et son élève Hendrick Stenwick (1550-1604), dans les tableaux desquels les figures ne sont plus que des accessoires. On sait d'ailleurs avec quelle précision les peintres germaniques et flamands rendaient les constructions qu'ils accumulaieuL dans les fonds de leurs tableaux, ou les églises gothiques dans lesquelles ils plaçaient souvent leurs sujets. Van Eyck et Van der Weyden en donnent de nombreux exemples.
En Hollande, comme en Flandre, c*est le portrait qui est l'honneur de l'école pendant toute cette période, avec Antonis Van Moor, Antonio Moro (1512-1581), qui a fait de véritables chefs-d'œuvre, comme la Fille de Charles-Quint du musée de Madrid et les deux peintures données au Louvre par le comte Duchâtel; puis, au début du siècle suivant, avec Mierevelt (1568-1641), Moorelse son élève (1571-1G38), Thomas de Keyser (1505-1679), Jean de Ravesteyn (1580-1665), artistes qui annoncent Ja grande
VITRAUX. — ARCHITECTURE. — SCULPTURE 499 époque et sont comme les précurseurs de Rembrandt ^
Peinture sur verre. — La peinture sur verre produisit aussi des œuvres de pi^emier ordre, à Sle-Gudule de Bruxelles, et, plus encore, à la Grande-Eglise de Gouda dont les 44 verrières, exécutées de 1555 à 1603 par les deux frères Craheth et leurs élèves, « sont le musée de peinture sur verre le plus complet peut-être qui soit au monde ». (F. de Lasteyrie.^l
Architecture. — Pour l'architecture, le style gothique flamboyant persiste dans la grande église de Gouda, dans la façade de l'hôtel de ville de Gand (1481-1533), œuvre de Van Waghemaher et de Romboudt Relderiiiann. Le style de la Renaissance apparaît à Anvers dans l'hôtel de ville élevé par Cornélius de Vriendt de 1561 à 1565; mais la flèche et le chœur de la cathédrale sont terminés en style gothique.
Sculpture. Tombeau de Marie de Bourgogne. — La sculpture a produit aussi dans les Pays-Bas des œuvres capitales. Le tombeau, en cuivre fondu ciselé et orné d'écussons en émail, de Marie de Bourgogne fut exécuté par P. de Baker de Bruxelles, de 1495 à 1501 (Cath. de Bruges); la décision et la finesse de ce travail fait paraître assez fade le monument voisin construit pour Charles le Téméraire ^diV Jongelinx (fl606). La cheminée du palais de justice de Bruges, exécutée en 1518 et 1529 par Guyot Beaugrant^ est décorée, au-dessus de basreliefs de marbre, par les statues en bois, de grandeur naturelle, de Charles-Quint, de Maximilien,de Marie de Bourgogne, de Ferdinand le Catholique et d'Isabelle. Rappelons aussi les travaux de Colin et de son école à Innspruck, de Conrad Mejt à Brou. Au siècle suivant, malgré des artistes tels que Duquesnoy, Van den Bogaert (Desjardins), Fajd'herhe, A. Quellyn (Hôtel de Ville d'Amsterdam), la sculpture des Pays-Bas n'est guère qu'une annexe de l'art français.
1. M. Delagrave possède deux beaux porlraits de Ravesteyn qui ont été gravés par Waltner. Donnons un souvenir à Aertzen^ dont les scènes intimes et populaires, avec leurs personnages en général de grandeur naturelle, sont pleines de franchise et de vérité (Intérieur de cuisine, à Bruxelles), à Jer. Bosch (1470-1518) artiste original qui aime les sujets fantastiques et diaboliques, au graveur Corneille Cort de Horn (1536-1.!)TS qui fonda à Rome une école importante.
^00 RENAISSANCE FRANGAISB