PAYSAGE IMPRESSIONNISTE
aime l'hiver et l'autoaine finissant : la Chute des feuilbes (au Luxembourg). Fleury Chenu (1833-75) s'adonne exclusivement aux effets de neige. Pelouze (18i0-91) a contribué à faire des Vaux de Cernay un site rival de Barbizon et de Mariette. Didier Pouget et son imitateur Pail rendent avec un talent remarquable les ondulations de bruyères roses du plateau central. Robinet, dans une manière fort différente de celle qui a cours aujourd'hui, porte dans ses paysages, où il aime à représenter des ruisseaux coulant sur des cailloux au milieu des rochers et des arbres, la minutie sans sécheresse de son maître Meissonier. Hanoteaux (1823-90) excelle à placer des étangs au milieu des bois, comme Tanzi, Riva et Fath. Saïn, Dufour^ Carl-Rosa, Gagliardini, ce dernier surtout avec une solidité magistrale, luttent avec l'intensité lumineuse de la région du Rhône, ^a^wm (1824-1903), L. Chabry, A. Smith, représentent l'école de Bordeaux, Appian rend avec poésie les environs de Lyon. Hareux et l'abbé Guetal s'attaquent aux aspects grandioses du Dauphiné^ Pointelin, professeur de mathématiques dans un lycée de Paris, n'en a pas moins acquis, tout en poursuivant ses devoirs professionnels, une place distinguée dans l'art par ses vues du Jura. Guillon (1809-96) peint le Morvan, Bellel les sites austères de lAuvergne; Cachoud, la Savoie, Quignon la Normandie et ses pommiers en fleur. Binet nous la montre surtout aux environs de Rouen ou dans la campagne d'Evreux; Gosselin, dans ses prairies voisines de la mer, Damoye s'attache à la région de la Loire depuis la Sologne jusqu à la Bretagne. Busson aime la nature riche et aimable du Yendomois ou du Berry et les effets de lumière après la pluie. Lansyer (1835-93) se plaît au milieu des rochers noirs de la Bretagne et dans les parcs au milieu desquels se dressent de bea«y châteaux ou de riches villas : Pierrefonds, Maintenon. E. Michel, un de nos meilleurs critiques d'art, reste fidèle, comme Richet, aux beaux arbres de b'ontaiuebleau ; Imer nous
1. Il y aurait toute une étude à faire sur les eflbrts teafés en Suisse plus encore qu'en France pour reproduire, non pas les montagnes vues de loin, mais l'aspect même des airs, des eaux et des terrains dans les hautes régions des grands froids où l'atmosphère raréfiée est plus facilement traversée par les rayons du soleil, lorsque les nuages sont absents, (jue dans l'atmosphère pluB lourde de la plaine ou de la basse vallée.
Peyke. — Hist. des B.-Arts. 44
représente aussi les nobles formes des chênes. Uerpin (1841- 80), coloriste puissant aimant les effets de nuit, Guillemet, Lépine, Lapostolet {lS2^-93) n'hésitent pas à emprunter leurs motifs aux bords de la Seine dans sa traversée de Paris. Ca^niart, qui rend avec une grande habileté la lumière se jouant capricieusement dans les nuages et le ciel rayé de pluie traversé par les rayons d'un soleil incertain, prend en général ses vues dans la ville même, comme le fait aussi Luigi Loir qui, cherchant à résoudre de véritables problèmes, reproduit les illuminations de la cité en fête. Mais ils n'ont pas la ^nesse et le cachet vraiment parisien de l'Italien de Nittis, qui a saisi mieux que personne les légèretés de notre ciel gris. Ziem doit surtout sa réputation aux vues de Venise, qu'il a comprise d'une façon différente et peut-être moins juste nu'Iwill. Iwill, un des pinceaux les plus poétiques de notre temps, excelle a emprisonner la lumière diversement colorée dans les nuées. Il l'emporte sur les autres amis de la ville des lagunes, Saint-Germier, Rosier, Wérj, Dm'ent, Bompard, etc. Courant, Auguste Flameng (1843-93), Olive, Masure, Dauphin, M^^ de la Villette, Montenard, à l'éclatante lumière, Renouf (le Pont de Brooklyn), Weber , Berthélemy , Le Sénéchal honorent notre peinture de marine. Bouquet a fait sur faïence grand feu des paysages qui peuvent lutter par l'importance et l'effet avec la peinture à l'huile *.
La liste serait encore longue des artistes de talent dont le nom aurait été plus remarqué à une autre époque : Paul Colin, Saintin, Jan-Monchablon, Japy, Monticelli, Flahaut, H. Defaux (1826-1900), Nazon (1821-1902), Nozal, i?a;7m (1840-89), Barau, Leliepvre {18^8- 97), Zuher, Ravanne (1854-1904), Rigolot, Yon (1841-97), Yarz, Moreau-Nélaton, Madeline, Waidmann, Mat' thieu, Guéry, Diéterle, M^^ Jacques-Marie, Boudot, Morlot, Cabié, Dauchez, de Bûrgraff. Un des paysages les plus simples et les plus mélancoliques que nous ayons est le Banc aban^ donné d'Hébert, décrit dans une poésie de Th. Gautier.
1. La faïence peinte sur émail cru en poussière, travail analogue à celui de la fresque, a une hardiesse que l'on ne retrouve pas dans les autres peintures céramiques. Ce genre a repris faveur à la fin du xix* siècle. Au seul Salon de 1868 d y avait une cinquantaine de ces faïences parmi lesquelles on remarquait, outre laux paysages de Bouquet, des œuvres de Jean-Paul Laurens, Ehrmann, Anker, tarrier^ Paul Bahe, J/°" Malcor, 3/"* -^t-Aubin, Léon Herpin, Quost, etc.